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LES HELLÉNISTES ÉDITEURS

d'écrivains grecs et latins, et d'une Méthode pour commencer les humanités grecques et latines (1) ; P. Gassendi, dont les travaux sur la philosophie témoignent d'une gra;;de connaissance des documents originaux; Ismaël Bouiliau et Fermât, à la fois hellénistes et mathématiciens. Ces travaux d'érudition se continuent jusqu'à la fin du siècle par les publications de M. et de Mrae Dacier, par celles de Thévenot, éditeur des Malhematiciveieres {1693), et de beaucoup d'autres qu'il serait trop long d'énumérër.

Il faudrait aussi pour être juste, mentionner bien des éditions, souvent très-laborieuses, qui sortirent des presses de nos imprimeurs provinciaux, comme YOrigène de Daniel Huet, imprimé à Rouen en 1668, en deux volumes iu-folio ; il faudrait mentionner quelques publications isolées, mais considérables, comme celle des Fragments des historiens grecs, par Henri de Valois (2). Déjà ou n'en était plus à publier Seulement les ouvrages ou les livres parvenus complets jusqu'à nous ; on glanait dans un champ où la moisson commençait à s'épuiser. Des extraits, des pages isolées de Polybe, de Diodore ou de Denys d'Halicarnasse semblaient valoir lu peine qu'on les

(1) Publiée dans le tome II des Mémoires de littérature par Salleugre (La Hayo, 1717), réimprimée en 1731, avec des remarques par Gaullyer. C'est l'exposition de la méthode qu'il avait suivie pour l'éducation d'un flls qui lui fut enlevé à l'âge de quatorze ans.

(2) Paris, 1634, in-4°, d'après un manuscrit provenant de la bibliothèque du célèbre Peiresc.

remît nu jour et qu'on les rapprochât des textes déjà publiés.

Les particuliers et les ministres de nos rois, à l'exemple de leurs maîtres, s'étaient pris d'une vive émulation pour la recherche des manuscrits. À lui seul, le savant Peiresc , qu'on a justement nommé « le pourvoyeur de la république des lettres », avait formé une riche collection de manuscrits grecs, d'inscriptions et de médailles. Son active correspondance répandait et entretenait, non-seulement en France, mais à l'étranger, le goût de ces nobles études. Ses papiers sont une mine qui, encore aujourd'hui, semble inépuisable aux philologues (I). Après lui, Mazarin et Colbert enrichissaient le fonds grec de notre Bibliothèque royale, dont on peut apprécier l'importance au commencement du dix-huitième siècle par le bel ouvrage de Montfaucon (2), et qui devait s'enrichir encore dans la suite par mainte acquisition précieuse.

Mon confrère M. L. Delisle a raconté naguère (3),

(1) Voir le Catalogue des mss. de Peiresc, par Pierre Dupuis, à la suite de la vie de Peiresc par P. Gassendi, 3" édition (Hagav Comitum, 1655* in-4°), p. 289 et suiv. Ce riche fonds est maintenant partagé entre les bibliothèques d'Aix, de Carpentras et de Paris. Voir Lambei t, Catalogue des mss. de la bibliothèque de Carpentras (Carpentras, 1863, 3 vol. in-8w), t. H, p. 23,ett. III, p. 92, et les Actes du Congres scientifique d'Aix (en 1866), t. If, p. 484-486.

(2) Palœographia grxca (Paris, 1708, in-folio).

(3) Le Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque impériale (Paris, 1868, in-4°), t. I, p. 274 et suiv. Cet important travail m'a fourni trop tard d'utiles renseignements sur le sujet traité dans ma septième leçon.

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