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L'ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS

connaît pas des textes importants pour le sujet qu'il traite : par exemple, le douzième discours de Dion Chrysostome, l'Olympique, lui offrait une comparaison étendue des arts plastiques et de la poésie, comparaison d'autant plus précieuse pour nous qu'il ne nous reste que des débris des ouvrages de la critique ancienne sur la philosophie de l'Art (1).

Quelle que soit la part d'érudition hellénique qui se mêla aux travaux de l'Académie française, la commission des médailles, tirée du sein même de cette Académie, et qu'on appela d'abord « la petite Académie pour les médailles et devises de Sa Majesté », et plus tard (à partir de 1701), « l'Académie des inscriptions et belles-lettres » , exerça une bien plus active influence sur le progrès de l'hellénisme en notre pays. De bonne heure cette Académie s'attribua tous les travaux qui ont pour objet les langues anciennes, les mœurs et les monuments de l'antiquité classique. On n'a qu'à ouvrir les premiers volumes de ses Mémoires (1717 et années suivantes) pour voir avec quelle rapidité l'érudition se développa au sein de la docte Compagnie, se posa des questions, se créa des méthodes pour les résoudre (2). Il n'est guère de sujet relatif à la langue, à la religion, aux institutions et à la littérature de la Grèce,

(1) Voir Y Étude sur l'abbé Dubos, par À. Morel (Paris, 1850, in-8°), chap. vu. J'ai traduit les meilleures pages de Yolympique de Dion dans Y Essai sur l'histoire de la critique chez les Grecs, p. 269 et suiv.

(2) Voir, pour plus de détail, A. Maury, l'Ancienne Académie des inscriptions et belles-lettres (Paris, 1864, in-8').

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qui n'ait été là discuté, avec plus ou moins de pro fondeur sans doute, mais avec une finesse et une élégance d'esprit toutes françaises. Quelque puérilité se mêle à cette curiosité habituellement sérieuse. Quand Jacques Hardion raconte l'histoire du berger Daphnis (1), quand Étienne Morin recherche gravement « pourquoi les cygnes, qui chantoient autrefois si bien, chantent aujourd'hui si mal » (2), on croit entendre, à l'Académie, quelques échos des salons et des boudoirs du grand monde. Des questions de ce genre semblent avoir été posées par une belle dame de la cour à l'un des habitués de ses soirées élégantes. Mais ces gracieuses futilités tiennent peu de place dans les travaux de l'Académie, et il est juste de reconnaître que la science même gagnait quelque chose à ce commerce habituel avec les gens du monde : en cherchant à se rendre aimable, ou, tout au moins, en se mettant à la portée de tous les esprits curieux, elle quittait les allures pédantesques du seizième siècle. Quelle différence entre les lourds pamphlets latins d'un Saumaise et ces Mémoires en français, où les Vertot, les Souchay, les Boivin, les Fraguier (3), traitaient avec aisance,

(1) Mémoires de V Académie des inscriptions, t. VI, p. 459, anc. série.

(2) Mémoires de l'Académie des inscriptions, t. V, p. 207, Cf. tome III (Histoire), page 63 : « Des Privilèges de la main droite », et t. IV, p. 325 : * Question académique. Savoir pourquoi on fait des souhaits en faveur de ceux qui éternuent. »

(3) Voir, par exemple, au tome second, l'excellent mémoire de Fraguier sur la Cyropédie de Xénophon, dont M. A. Garnier a, sans le savoir, repris et soutenu la thèse dans un mémoire in-

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