ÉTUDE CLINIQUE
Succédant habituellement, pour ne pas dire presque toujours à un traumatisme, l’hémarthrose est une affection caractérisée par un épanchement de sang dans une articulation.
Bien que pouvant se retrouver dans toutes les articulations, le genou en est habituellement le siège.
Les causes traumatiques qui déterminent cet épanchement sont variables : tantôt c’est un faux pas, un coup de pied de cheval, un choc quelconque sur le genou, un froissement ; d’autres fois, c’est une chute, une contusion par instrument contondant ou piquant. D'autres fois enfin, un mouvement forcé de la jointure, une entorse du genou, un écrasement ou : l'introduction de corps étrangers dans l’article ont déterminé cette lésion. |
Quant au mécanisme de cet épanchement, il est très discuté. Il est bien difficile, pour ne pas dire impossible, de l’expliquer par une hémorragie de la séreuse normale qui contient très peu de vaisseaux. È
Tandis que Panas admet une inflammation (pachysynovite) antérieure au traumatisme, Tillaux et Verneuil pensent que, dans les mouvements de torsion du genou, il se produit une
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rupture de la membrane fibreuse périarticulaire qui permet aux vaisseaux de l’extérieur déchirés de se déverser dans l’intérieur de l’article. Pour Segond, « cette hémorragie intraarticulaire est due, soit à la communication des aréoles spongieuses du fémur ou du tibia avec l’intérieur de la cavité articulaire, soit à la rupture des rameaux de l’articulaire moyenne et des petits vaisseaux que renferme le ligament adipeux. »
« Ces conditions se trouvent réalisées, lorsque les ligaments croisés arrachent leur point d'insertion ou se déchirent, lorsqu'il y a rupture du ligament adipeux et lorsque la fissure osseuse se produit en arrière et au-dessus du jambier antérieur. Cette dernière lésion ne s’observe que dans les entorses par rotation forcée en dedans. Les deux autres se produisent indifféremment dans presque tous les mouvements forcés de la jointure. »
Quelle que soit la pathogénie de cet épanchement, son principal caractère est d’apparaître brusquement ou tout au plus quelques heures après l'accident ou le traumatisme. Le malade accuse immédiatement une très vive douleur, qui persiste et s’atténue suivant les cas et les sujets. Le malade éprouve, d'après Segond, une vive douleur articulaire, accompagnée suivant les cas d’une sensation de craquement. Cette douleur est due à la déchirure ou au tiraillement des ligaments. Peu après l'accident, les parties distendues se relâchent, la douleur s’apaise et le malade peut en général se relever et se servir de son membre. Mais ce calme est de courte durée. Au bout de peu de temps, les douleurs articulaires réapparaissent sourdes, profondes, contusives, et tout mouvement du membre détermine le plus souvent des souffrances atroces.
Quand la douleur est continue, elle est imputable au violent degré de distension de la capsule articulaire par le sang épanché.
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L'examen du malade révèle, en outre, un gonfiement énorme de la région, le genou prend une forme globuleuse, et les méplats normaux sont le plus souvent effacés ou même remplacés par des saillies très apparentes.
A côté de ces trois symptômes primordiaux (douleur, apparition brusque de l’épanchement, tuméfaction), il convient de signaler les ecchymoses qui sont dues, quand elles existent, à la contusion directe ou à la rupture de la synoviale, s’ouvrant une large communication avec le tissu cellulaire environnant, mais non à une transsudation du sang à travers la séreuse.
Un signe qui permet de noter la présence de liquide dans l'articulation est le choc rotulien, facile à comprendre par la disposition anatomique. Quand ce signe fait défaut, c’est que, la tension étant trop forte, la rotule ne peut être amenée au contact des condyles.
Aussi, dans ce cas, faut-il s'abstenir de manœuvres trop brusques et violentes. D'ailleurs les moindres attouchements accroissent l’intensité de la douleur.
Quant à la crépitation amidonnée provoquée par la palpation du cul-de-sac rotulien, à laquelle Cloquet attachait une grande importance, elle est loin d’être démontrée, et beaucoup d'auteurs la nient.
L'état général du malade est variable suivant la gravité et la violence du traumatisme, mais il est généralement bon.
Ainsi donc, douleur, tuméfaction, distension brusque de l'articulation, épanchement rapide du sang, tels sont les grands signes de l’hémarthrose.