‹ L'Hémarthrose Traumatique Du Genou Et De Son Traitement Par L'ArthrotomieChapitre 6 sur 14 · ECO · texte numérisé non relu

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sanguin. Celui-ci peut se coaguler dans l’article, comme on a pu le voir dans l’arthrotomie pratiquée à l'hôpital Saint-Éloi Suburbain par M. le professeur agrégé de Rouville. Ces caillots ne se résorbant qu’à la longue, l'articulation n’est pas rapidement et complètement vidée. Le trocart ne donne qu'une faible issue au liquide ; l'écoulement plus lent est parfois in complet. Avec l’arthrotomie rien de tout cela. On obtient les mêmes résultats qu'avec la ponction et on débarrasse plus vite et plus complètement l’article de son épanche ment.

De plus, la guérison est plus rapide avec l’arthrotomie. C'est ce que nous pensons démontrer en comparant les observations d’arthrotomie que M. de Rouville a bien voulu nous permettre de mentionner avec celles où la ponction à donné les meilleurs résultats.

Comparaison d'observation de ponction avec observation d'arthrotomie. 1° Thèse de Ducuyper, Paris, 1894. Résumée.

V. F. trente-trois ans, entre à la Charité le 10 juillet 1892. Ce jour-là, chute d’une hauteur de 4 mètres, le genou gauche est très tuméfié; on porte le diagnostic d'hémarthrose.

Le’11. — Ponction, immobilisation, pansement ouaté.

Donc le malade ponctionné le lendemain même est sorti onze jours après la ponction ; encore avec un peu d’épanchement.

L'observation IV nous montre un cas analogue où le malade, arthrotomisé trois jours après l'accident, est sorti complètement guéri dix jours après.

2° Chute directe sur Le genou.

Dans les cas de chute directe sur le genou, Ducuyper présente une malade :

Blanche H..., dix-sept ans, domestique, entrée à l'hôpi-

CARE TR tal Laënnec le 5 juin 1894 pour une hémarthrose du genou * droit. AU, Le 6. — Ponction. Compression ouatée enlevée le 17. Le 30. — Sortie, vingt-quatre jours après.

Répondant à cela, l'observation d’arthrotomie V nous donne une guérison complète en treize jours.

3° Chute sur le trottoir.

Rolland, dans sa thèse, nous relate la guérison de son malade en douze jours, mais avec une légère atrophie.

Dans l'observation I la guérison complète .n’arrive qu’au quinzième jour. Sans atrophie.

4° Coup de pied de cheval.

Ducuyper obtient la guérison par ponction au bout de vingt- ‘quatre jours.

Par l’arthrotomie la guérison est complète au bout de six jours, observation II.

Il résulte de cette comparaison qu’avec l’arthrotomie, non seulement on a obtenu les mêmes résultats qu'avec la ponction, mais qu’en général la guérison a été plus rapide, même quand le sang ne s'était pas coagulé dans l'articulation.

La question serait tranchée entre ces deux interventions sanglantes et la ponction obtiendrait le plus grand nombre de suffrages, s’il était démontré que la coagulation du sang ne se produit pas dans l’intérieur de l’article ou que, s’étant produite, une première ponction la fait disparaître promptement. Dans les observations de M. de Rouville, notamment dans la IX (arthrotomie pratiquée à Montpellier), il y a eu des caillots, et certainement la ponction n'aurait pas donné des résultats aussi prompts que sa rivale. Aujourd’hui d’ailleurs il résulte de toutes les expériences faites par les difiérents auteurs (Poncet, de Lyon ; Riedel, Nélaton, Brasse) que le sang se coagule dans les synoviales articulaires.

CMD LEE

Avec l’antisepsie, l'ouverture large de l'articulation du genou n'offre pas plus dangers que la ponction. Il est plus facile au contraire de désinfecter complètement un bistouri qu'un trocart. Ne vaut-il pas mieux opérer à ciel-ouvert que dans l'ombre ? |

« Enfin, dernier avantage, et non le moins sérieux de l’incision sur la ponction, c’est la possibilité d’explorer avec le doigt toute la surface interne de l’articulation, de se rendre compte des lésions de la synoviale, dans les cas si nombreux d'hydarthroses dites idiopathiques, et qui ne sont que la manifestation objective d'un état pathologique de la séreuse ou des extrémités osseuses, resté inconnu: la taille articulaire pourra n'être que le premier temps d’une opération plus complexe. » (Gervais de Rouville et Donnet, Archives générales de médecine, avril 1894.)

C’est pour toutes ces considérations que nous préférons l'arthrotomie à la ponction comme traitement des hémarthroses traumatiques du genou. |

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