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calité des pupilles chez ce blessé soigné pour fracture récente du crâne est si net, si schématique, que je décide d'intervenir aussitôt, et d'essayer de lever l'agent de compression. SR tar ù « J'interviens donc quarante-cinq heures après l'accident. Incision arciforme à pédicule inférieur, dans le segment antérieur de la loge temporale, m’étant laissé guider par la tuméfaction, l’ecchymose locale.
« Le lambeau cutanéo-musculaire est rabattu, l'os dénudé. Avant de trépaner, je fais deux constatations : «19 La descente oblique d’arrière en avant d’un trait de fracture qui vient de la voûte et va vers la base ;
« 20 Le gonflement et l’ecchymose temporo-pariétaux sont faciles à expliquer.
« Du sang filtre à travers la brèche crânienne entre les bords de la fracture et vient dans la loge temporale. Je trépane à la fraise de Doyen d’abord, à la pince-gouge ensuite. Je fais une ouverture d’un diamètre d’une pièce de cinq francs.
« Aussitôt fait hernie un gros hématome ; je l’enlève à la curette ; j'en débarrasse la dure-mère ; 1l a le volume d’une demi-pomme. Les caillots en sont noirs, denses, adhérents à la méninge. La curette va en chercher loin sous l’os. Le décollement dure-mérien existe sur une étendue double de celle de ma trépanation. Lorsque je crois avoir tout enlevé, je fais un lavage au sérum chaud, et je vois alors :
«1° Que la dure-mère est sans déchirure, sans coloration anormale ;
«20 Qu'elle subit partout les battements du pouls cérébral ;
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« 30 Qu'il s'écoule du sang rouge de la partie inférieure de la plaie osseuse, sans qu'un vaisseau soit aisément discernable. Faute de pouvoir lier l’artériole qui saigne, je tamponne avec deux petites mèches qui sortiront aux deux extrémités de mon incision. Suture du lambeau
« cutanéo-musculaire.
« Les assistants chargés de surveiller la pupille gauche affirment que, dès ce moment, elle est moins dilatée
qu'au début de l'opération.
« La nuit fut agitée, mais dès onze heures du soir, l’enfant sort du coma et demande à boire. Le lendemain matin, il raconte l'accident avec quelques précision. Toute inégalité pupillaire a disparu. La motilité des muscles est normale.
« Les suites opératoires furent très favorables. J’enlevai les mèches d'hémostase le troisième et le quatrième jour, et les fils de suture le huitième jour. L'enfant partit guéri le vingtième jour. Avant son départ, j'avais fait examiner son fond d'œil et ses fonctions auditives ; on
ne signala aucune anomalie. »
Nous avons recherché s’il existait des observations d'hé-
matome extra-dural chez l'enfant, mais nous n'avons pu en réunir qu'un si petit nombre que nous avons vérifié
ainsi la rareté de cette lésion.
Nous allons donner le résumé de cinq observations re-
cueillies dans des auteurs français, et l'indication très sommaire d'observations signalées par un auteur allemand :
WVIESMANN.
OBsERvVATION I, prise dans la thèse de Gérard MARCHAND
(Epanchement extra dure-mérien occipital consécutif à une
déchirure du sinus latéral droit) (M. PETiIT, interne des H6pitaux, Société anatomique, 1865).
«Enfant de dix ans. Chute du deuxième étage, dans une cour pavée. Perte de connaissance ; délire, puis assoupissement ; respiration courte, profonde ; pupilles contractées ; chute de la paupière supérieure.
-« Poche sanguine du volume d’un œuf derrière l'oreille.
Mort en trois jours.
« Autopsie. —— Épanchement de sang assez abondant dans le tissu cellulaire sous-aponévrotique dans toute la région postérieure de la tête. Le périoste du pariétal droit est décollé dans une étendue de cinq centimètres carrés. Même lésion dans la portion écailleuse du pariétal droit. Sous ce périoste décollé, existe un caïllot sanguin qui recouvre une fracture telle que l’écartement des fragments laisse en ce point un espace comblé par un caillot qui se continue avec un autre caillot collé à la face interne du crâne. A0 «Entre la dure-mère et les os occipital et pariétal droits, est un caillot large de quatre à cinq centimètres carrés et épais de quatre millimètres.
«En ce point, il y a enfoncement et dépression des circonvolutions cérébrales. Au niveau des circonvolutions sphénoïdales gauches, nous constatons un épanchement de sang dans le tissu sous-arachnoïdien. Le caïllot est large de huit centimètres carrés. Plusieurs fêlures du
ANS LME
crâne existent, la fêlure postérieure plus considérable va parallèlement au sinus latéral droit qui est ouvert et déchiré en ce point. C’est à ce niveau qu'existent les caillots dont il est question plus haut.
« Dans cette observation, il y a coexistence d’un hématome extra-dural et d’une hémorragie sous-arachnoïdienne. »
/ OBsERVATION II (dans le Trailé de Chirurgie cérébrale
de Broca et MAUBRAC). — Épanchement sanguin traumatique. Trépanation. Mort. (A. Broca.)
(Observation recueillie par M. Masson, interne des
Hôpitaux).
« PLouGa..…., Henri, neuf ans. Le 31 mai, a été relevé, à midi, au bas de l'escalier où il a fait une chute d’une hauteur qui n'a pu être précisée. Quelques inStants après, fut examiné par un médecin qui le trouva sans connaissance, ddns la résolution. On ne constata, à.:ce moment, que des excoriations du cuir chevelu sur l’occiput et sur le pariétal gauche. Pouls assez lent et régulier. « Le soir, à huit heures, les pupilles étaient égales, moyennement dilatées ; les yeux, mobiles, se portaient de préférence vers la gauche. Aucun symptôme de para- Iysie des membres, ni de la face. Pouls bon, régulier. Respiration caime.
« Une tuméfaction assez prononcée était apparue à la région temporale gauche.
«Le matin, 127 juin, la tuméfaction est très accrue. Les membres droits, ainsi que le côté droit de l'enfant sont