‹ L'Hémianopsie en QuadrantChapitre 10 sur 41 · ND AE · texte numérisé non relu

ND AE

ment corticale et limitée à la calcarine dont les deux lèvres étaient nécrosées. Le ramollissement s’étendait en avant jusqu'à 5 centim. 7 de la pointe occipitale, intéressant donc la scissure de l’hippocampe, et respectait les sept millimètres les plus postérieurs de la scissure calcarine (pointe occipitale). Les tissus sous-corticaux n'étaient atteints qu'à une profondeur de 1 à 2 millimètres, et la portion moyenne des radiations présentait une dégénérescence secondaire. Le tapetum et le faisceau longitudinal étaient intacts. Mais, pour Monakow et Wehrli, tout ramollissement cortical atteint plus profondément la substance blanche, et la dégénérescence des radiations était primitive et non secondaire.

Dans le cas Hilden, il s'agissait d’un ramollissement exclusivement limité à l’écorce calcarine sur une longueur de 2 à 3 centim. 5. Monakow et Webhrli considèrent également ce cas comme une impossibilité anatomique : en raison de la vascularisation commune, la substance sous-corticale devait présenter des altérations que les méthodes de coloration fine auraient mises en évidence. Henschen, dans un article récent (1911), répond à ces critiques en insistant sur l’indépendance relative de l'écorce et de la substance

blanche au point de vue vasculaire.

On peut admettre que ces deux cas n’établissent pas d’une façon absolue la limitation exacte du territoire visuel aux lèvres de la calcarine, comme le voudrait Henschen. Les limites d'Henschen sont peut-être trop étroites. Mais, quoi qu'en disent von Monakow et Webhrli, ces deux cas ont une valeur incontestable pour établir que la scissure calcarine est bien le centre de la sphère visuelle, et que les limites de

ce territoire ne doivent pas s’en écarter beaucoup.

On peut étendre le centre cortical de la vision en haut jusqu'à la partie inférieure du cuneus, et en bas jusqu’au lobule lingual ; mais, quoi qu'il en soit, rapprochant ces faits des précédents, la partie supérieure du cuneus et le lobule fusiforme doivent être exclus.

On peut, en arrière, étendre le territoire visuel jusqu’à la pointe occipitale, qui avait été exclue par Henschen, d’après le cas Henschen-Nordenson. Nous verrons que, d’après certains auteurs, on peut y localiser la projection de la vision maculaire (chap. VID. (Cette extension du centre visuel en arrière du territoire établi par l’observation d’Henschen- Nordenson n’enlève pas grand’chose à la valeur du cas dans ce cas, la vision maculaire était conservée ; et que l’on admette ou non la double innervation maculaire, il convient de rappeler que Henschen, localisant la macula à la partie antérieure de la calcarine, pouvait interpréter son cas comme il l’a fait).

L'anatomie permet-elle de préciser les limites du centre visuel ?

La précocité phylogénique et ontogénique de la scissure calcarine lui à fait attribuer la qualification de scissure au lieu de celle de sillon.

La nutrition est assurée par l’artère qui chemine dans sa profondeur et émet d'innombrables rameaux destinés à l'écorce. |

Elle a une importance spéciale par son étendue et par sa profondeur, les deux lèvres étalées mesurant 18 centimètres carrés, alors que la rétine n’a que 7950 millimètres carrés

(Henschen).

Re

Le ruban de Vicq d’Azyr présente son maximum de développement dans le fond et sur les lèvres de la scissure calearine, où il est visible à l'œil nu, mais il se retrouve jusque sur la connexité du lobe occipital, et en avant, jusque dans le lobe temporal pour certains auteurs. Il ne peut donc pas

servir à limiter la sphère visuelle.

Les huit couches décrites par Meynert distinguent l’écorce occipitale du reste de l’écorce cérébrale. Mais, au milieu de l’écorce occipitale, la scissure calcarine présente une stratification particulière, comme le dit Wehrli lui-même. Elle présente, en effet, une texture spéciale d’après les recherches d’Henschen, de Ramon y Cajal, de Probst, de Tsuchida et de nombreux autres observateurs.

Brodmann, dans des travaux récents et importants sur l’écorce cérébrale, partage la surface hémisphérique en deux territoires primordiaux : l’archi-pallium et le néo-pallium. Le néo-pallium (dont fait partie l’aire visuelle) possède six couches fondamentales chez tous les mammifères. Dans certaines parties de cette écorce, il survient des modifications dans le nombre des couches définitives. La quatrième couche ou couche des grains externes s’hypertrophie, se divise dans l’aire visuelle, qui se trouve ainsi posséder huit couches ou davantage. Brodmann isole ainsi un type calcarin, différent de l’écorce voisine. Chez les cercopithèques, l’aire visuelle est assez étendue et occupe une large surface de la face externe. Chez l’homme, cette zone à structure particulière répond à un territoire bien défini : « c’est un triangle à base au niveau du pôle occipital et à pointe effilée en avant, occupant sur la face interne l’écorce de la scissure calcarine, un peu du cuneus et du lobule lingual et venant se terminer

à l’union de la scissure calcarine avec la perpendiculaire interne (fig. 1). »

Les faits anatomo-cliniques nous paraissaient tout à

F1G. 1. — L’aire visuelle, d’après Brodmann.

l’heure insuffisants pour conclure. Ces constatations anatomiques seules n'auraient pas davantage de valeur. Mais leur coïncidence nous permet d'accepter la limilation de la

sphère visuelle au territoire de Brodmann.

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