OD. OC
F1G. 16. — Obs. 9 : à partir du 29 juin 1913, scotome absolu et constant.
15 décembre 1913. — Le scotome est constant. La perception lumineuse n'est pas reparue au niveau du scotome. Même état normal
du champ périphérique et du champ pour les couleurs.
En résumé : Balle située au-dessus de la sphère visuelle. Pas de troubles hémianopsiques, sauf un léger rétrécissement du champ périphérique correspondant. Extraction de la balle. Destruction partielle du segment dorsal de l’écorce visuelle. Hémianopsie complète transitoire. Scotome cons-
tant dans ses limites et absolu, dans le quadrant inférieur.
Cette observation aurait une bien plus grande valeur si elle était accompagnée d’un examen anatomique. Mais elle a néanmoins une valeur incontestable. On peut dire qu'il s’agit d’une véritable expérience clinique. Elle donne un résultat beaucoup plus démonstratif que toutes les recher-
ches expérimentales, faites dans le même ordre d'idées,
nn chez le singe ou le chien, car chez l’animal il nous paraît
impossible de préciser les caractères, les limites et l’exis-
tence même d’un scotome hémianopsique.
à ' Cette observation confirme pleinement la théorie de la projection, et infirme une fois de plus la théorie de
Monakow : la « restitution » ne s’est pas faite.
Hémianopsies en quadrant et lésions de l'écorce occipitale
Dans le groupe que nous allons étudier maintenant, les observations de lésions limitées à l'écorce sont peu nombreuses. C’est là un fait regrettable, vu l'importance qu'au-
raient de tels documents.
Obs. 31 (Lavisra). — Abcès du cervelet. Anopsie en quadrant en haut. Quelles que soient la nature et l’étendue de la lésion au niveau du lobe occipital, il est évident que ce cas confirme la théorie de Ia projection des quadrants.
Obs. 32 (Hun). — Hémianopsie en quadrant inférieur. Ramollissement limité à la partie inférieure du cuneus.
Obs. 33 (Doyne). — Ceite observation manque de précision en ce qui concerne la localisation. Néanmoins, il est intéressant de noter que des « lésions symétriques » (ramollissement) des deux lobes occipitaux ont produit une double hémianopsie en quadrant.
Obs. 34 (Wicsran) et 35 (Reinnarp). — Elles ne nous paraissent pas utilisables, bien qu'Henschen semble y trouver des arguments convaincants pour la projection. Dans le champ visuel de Wilbrand le quadrant inférieur n’est pas
plus indemne que le supérieur, et dans l’observation de
PTS RTE Reinhard la lésion du lobule fusiforme s'accompagne de nombreuses autres lésions.
Obs. 36 (HENSCHEN, cas Amark). — Ramollissement du lobule lingual et du lobule fusiforme : hémiachromatopsie en quadrant supérieur. |
Obs. 37 (Henscew, cas Jan Janson). — Hémianopsie en quadrant supérieur due à un ramollissement du lobule lingual. Il existait en outre, fait particulièrement intéressant, dans le quadrant inférieur, un petit scotome constant, bien circonscrit, en rapport avec un petit ramollissement circonscrit de la lèvre supérieure de la scissure calcarine. « Cette lésion, nettement corticale, n'’intéressait que 1 à 2 millimètres de la substance blanche sous-jacente ».
Ce cas est à rapprocher du cas Éggers (HENSCHEN, Path. des Gehirns, vol. IV, cas 15) où Wilbrand avait découvert un scotome horizontal en forme de bande. Conformément à sa théorie, Henschen avait diagnostiqué une lésion du fond de la calcarine. A l’autopsie, il trouva, en effet, à ce niveau, une lésion très discrète « n'atteignant même pas
toute l’épaisseur de l’écorce ».
Obs. 38 (Lenz). — Hémianopsie incomplète droite, surtout marquée dans le quadrant inférieur. La large encoche anopsique que l’on voit dans le quadrant inférieur est en rapport avec une tumeur du cuneus ayant atteint tout particulièrement la lèvre supérieure de la scissure calcarine. Le fond de la scissure calcarine et sa lèvre inférieure n'étaient touchés qu'un peu en avant, d’où moindre étendue du déficit correspondant sur le méridien horizontal et dans le
quadrant supérieur.