‹ L'Hémianopsie en QuadrantChapitre 32 sur 41 · POUR · texte numérisé non relu

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était nettement détruite. Enfin, après l'examen qu'Henschen fit des préparations de Dunlop, « dans les deux lobes il partait des radiations de Gratiolet, des siries blanches, par conséquent atrophiques, se dirigeant vers la scissure calcarine, l’une du côté dorsal, l’autre du côté ventral de la corne occipitale. La scissure calcarine avait donc dans toute son étendue une communication mauvaise et incomplète avec l'œil ».

Henschen rapporte une observation personnelle d’hémiachromatopsie coïncidant avec une lésion de la face inférieure du lobule fusiforme, mais il fait remarquer que, là encore, la scissure calcarine était atteinte, « un peu atrophiée ».

En un mot, dans les observations d’hémiachromatopsie, les lésions du lobule fusiforme étaient accompagnées de lésions de la calcarine. D'autre part, Henschen donne trois observations de lésions du lobule fusiforme, laissant intacte la scissure calcarine et ne donnant pas de troubles de la

vision colorée.

Enfin, si le lobule fusiforme était le centre de la vision colorée, le malade qui fait l’objet de notre observation personnelle (obs. 9) (scotome absolu dans le quadrant inférieur par lésion de Ïa partie supérieure de la sphère visuelle) aurait dû voir les couleurs au niveau de son scotome. En effet, comme le montre notre observation, confirmée par la théorie de la projection, que nous croyons maintenant suffisamment établie, le lobule lingual était indemne et, a fortiori, le lobule fusiforme plus éloigné encore de la lésion n'avait évidemment subi aucune atteinte. L’abolition de la perception lumineuse au niveau du scotome, chez ce même malade,

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la coïncidence exacte du déficit de la vision des couleurs avec le déficit de la vision des formes dans les observations d’hémianopsies corticales et sous-corticales en secteur plaident en faveur d’un territoire cortical unique pour la vision des formes, des couleurs et de la lumière, et aussi d’une même projection pour ces trois modes de sensation visuelle.

Dans un rapport au 38° Congrès de la Société d’'Heidelberg (1912), Lenz rapporte un cas particulièrement intéressant à l'appui d’une telle conception. En effet, dans ce cas, il y avait des lésions calcariniennes inférieures bilatérales. Celles-ci étaient plus marquées à droite qu'à gauche, le scotome était absolu dans le quadrant supérieur gauche, tandis qu'il y avait seulement de l’achromatopsie dans le quadrant supérieur droit. La moitié supérieure de la sphère visuelle était dans la substance blanche et surtout à gauche relativement peu lésée, il y avait, dans le quadrant inférieur gauche, une absence complète de la vision colorée, tandis que, dans le quadrant inférieur droit, cette absence du sens chromatique était beaucoup moins marquée.

Il semble donc bien établi que sur le même territoire cortical viennent se projeter, de la même manière, la vision des formes et la vision chromatique. Y a-t-il, au niveau de cette écorce cérébrale, des éléments spécialement en rapport avec la vision colorée ?

Green (1901) pense qu'il existe dans l’écorce des cellules spéciales pour les couleurs, la vision des formes où de la lumière étant réservée à d’autres éléments. C’est une simple hypothèse émise à la suite de l'examen d’un malade achro-

matopsique avant une acuité visuelle générale bonne.

Cette hypothèse a été confirmée, par les recherches de Lenz. Dans le cas II (Hémiachromatopsie) de son rapport de 1912, à Heidelberg, il s’agit d’un foyer de la face externe du lobe occipital ayant atteint les radiations optiques. Malgré le voisinage de la lésion et la durée du trouble visuel (un an), la structure du territoire calcarin paraissait normale, mais une « étude microscopique et microphotographique de nombreux points de l'écorce, comparativement à celle de huit cerveaux normaux », donna à Lenz la certitude d’une atrophie de l'écorce, surtout en ce qui concerne la couche pyramidale supérieure, où il put mettre en évidence une raréfaction et un état plus claïr des éléments cellulaires spécifiques. En 1913, Lenz (Heidelberg) confirme ces constatations anatomo-cliniques en montrant que chez des lapins, ayant vécu treize mois, à partir de leur naissance dans une lumière bleue, il y avait une raréfaction très accusée des cellules ganglionnaires de la lamina pyramidalis.

Lenz dit que ce sont justement ces éléments en rapport avec la fonction chromatique, qui sont atteints les premiers. Et, d'autre part, la disparition de ces éléments expliquerait

les cas d’hémiachromatopsie constante.

En résumé : La projection de la vision des formes, des couleurs et de la lumière se superpose exactement au niveau de l’écorce cérébrale.

L’hémiachromatopsie en quadrant et les voies optiques

Les cas d’hémiachromatopsie en rapport avec des lésions des voies optiques sont plus nombreux que ceux en rapport

avec des lésions corticales. Et ici, tous les auteurs sont

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