‹ L'Hémiplégie CérébelleuseChapitre 27 sur 29 · L..., décédé à 71 ans, examiné à · texte numérisé non relu

L..., décédé à 71 ans, examiné à

C’est un homme encore vigoureux, n'ayant eu comme maladie aiguë qu'une fièvre typhoïde. Syphilis contractée à 43 ans; deux enfants d’une première femme, pas d'enfants de la seconde. Se plaint d'une grande difficulté de la marche qui l'oblige à se servir de deux cannes.

Sa maladie a débuté à 66 ans. Il ressentait depuis plusieurs jours de la céphalée et une grande fatigue dans les jambes, lorsqu'il fut pris un malin au lever d’un vertige. Il tomba sans perdre connaissance et put se relever, mais depuis lors il ne peut plus marcher sans canne. Il lui semble que depuis quatre à cinq mois ces troubles s’aggravent. Il a noté que sa faiblesse et sa maladresse sont surtout marqués du côté gauche.

En réalité, il semble s'agir de maladresse et non pas de faiblesse, car la force recherchée au lit se montre très semblable à celle d’un homme ordinaire de son âge. Peut-être existe-t-il au niveau du membre inférieur une diminution de la force des groupes fléchisseurs sans différence d’un côté à l’autre.

Au niveau des membres supérieurs le bras gauche se montre un peu plus faible que le droit, ce qui n'a évidemment pas grande valeur.

La face est parfaitement droite au repos et dans les mouvements.

MarcCaeg. À l'ordinaire le malade marche appuyé sur deux cannes.

Sans appui, sa démarche devient lrès hésilante. Il va sans zigzague, mais à petits pas et les jambes écartées, très lentement, la jambe gauche semble plus maladroite que la droite, et frappe un peu plus fort le sol, mais il est impossible de dire qu’elle présente très nettement des mouvements démesurés.

Le tronc est un peu renversé en arrière. De temps en temps le malade titube et tend alors à tomber vers la gauche.

Si on lui commande de tourner, il titube encore davantage et semble pris de vertige. On est obligé de le tenir pour qu'il ne tombe pas, la chute se produisant en avant vers la gauche,

A l'examen on constate un hémisyndrome cérébelleux gauche à peu près isolé. e

En effet, les troubles de la réflectivité sont a peu près nuls. Réflexes rotuliens normaux. Réflexes achilléens existent, peut être diminués à droite. Réflexes du membre supérieur radial olécranien existent. Pas de clonus du pied. Pas de phénomène des raccourcisseurs. Le signe de Babinski se fait plutôt en flexion à gauche, à droite le réflexe

cutané plantaire parait aboli. Les réflexes crématériens existent. Le réflexe abdominal est difficile a provoquer, en tout cas très diminué. Il en est de même du réflexe pharyngé.

La SexsiBiiTé est intacte, aussi bien la superficielle que la profonde, sensibilité tactile, douleureuse ou thermique musculaire et stéréognostique conservés.

Du côté des yeux pas de strabisme, pas de diplopie pas d’hémianopsie. Signe d’Argyll Robertson bilatéral. Pupilles égales, pas de nystagmus. Du côté des oreilles, surdité bilatérale assez marquée. Il faut crier très fort pour se faire entendre du malade. Pas de troubles labyrinthiques aux épreuves de Baranny. Surdité par otosclérose bilatérale.

Le malade se plaint d'une incontinence d’urine dont il fait remonter l’origine à une époque antérieure à sa syphilis. (Rétrécissement à la suite d’une blennorrhagie contractée à 40 ans?)

Etat psychique satisfaisant. Quelques difficultés dans la prononciation de certaines consonnes, en particulier du bet du p, pas de parole scandée.

Le malade est mort de la facon suivante deux mois après le dernier examen.

Le 1°’ décembre à 6 h. 1/2 du soir (au dire de la surveillante), il est pris de vomissement, puis tombe dans le coma.

Le lendemain matin, le malade est dans le demi coma, la tête est tournée un peu vers la droite, l'œil droit est dans l’angle externe, l'œil gauche médian, d’où strabisme, la fente palpébrale droite est un peu plus large. La face parait affaissée à droite; la langue est déviée, la bouche oblique ovalaire à grosse extrémité gauche, le bras droit un peu cyanotique retombe quand on le lève, plus lourdement que le gauche.

Signe de Babinski à droite, pas à gauche. Réflexes rotuliens, crématérien, abdominal abolis à droite, existent à gauche.

Le surlendemain hémiplégie droite complète. Signe de Babinski, Phénomène des raccourcisseurs existent à droite. Etat général grave. Coma. Température 400.

Le 6, eschare du décubitus. Température 39°,

Mort le 9 (7° jour de l'ictus).

Observation (Babinski et Jumentré, résumée, séance | du 2 janvier 1911, p. 155).

Syndrome cérébelleux unilatéral, Soc. de Neurologie.

Un homme de 49 ans, vient consulter pour troubles de la marche et de la gêne du bras droit.

A vingt ans il contracta la syphilis. Le 17 janvier 1910, il aurait été pris brusquement au réveil, d’une attaque de paralysie du côté droit, il n'aurait pas perdu connaissance, et c'est en descendant du lit, qu'il se serait aperçu que la jambe droite ne pouvait le soutenir, il aurait eu la figure déviée.

Au moment même de l'ictus le malade aurait percu une violente douleur de courte durée dans la région occipitale gauche.

La parole aurait été gênée sans qu'il y ait eu d’aphasie, ultérieurement il eut des troubles mentaux, pour lesquels il fut enfermé à Sainte-Anne.

EXAMEN, 14 mars 1910. —- Parole un peu embarrassée mais réponses bonnes, l'intelligence paraît intacte. ,

Il vient consulter pour troubles de la motilité. (Difficulté de la marche, gêne dans le bras droit).

Capable d'exécuter tous les mouvements élémentaires des différents segments du corps, mouvements de flexion, d’extention, rotation de la tête sur le tronc. Mouvements de flexion et extension du tronc sur le bassin.

Vigueur musculaire, sensibilité normale des deux côtés.

Léger degré d’hypotonie à droite. Pas de flexion combinée de la cuisse sur le tronc, pas de mouvements syncinétiques.

Les mouvements compliqués ont tous un caractère commun : le manque de mesure; ils sont démesurés, cette dysmétrie apparaît dans les différentes épreuves.

L'occlusion des‘yeux ne modifie en rien le caractère de ses mouvements.

On constate également chez lui de l’asynergie, quand assis il porte le pied vers la main, d’abord flexion de la cuisse sur la racine du membre, puis extension de la jambe sur la cuisse.

Enfin tremblement rythmique dans la position de la pince (André Thomas), pouce en opposition avec les autres doigts, écriture tremblée, il a dù apprendre à écrire de la main gauche. Ce tremblement existe également à la jambe quand le malade est étendu sur le dos. On voit alors apparaître des mouvements rythmiques d'extension et de flexion de la jambe sur la cuisse.

Le malade peut se tenir debout, les talons joints sans osciller même les yeux fermés : le signe de Romberg fait défaut.

La démarche est particulière, la jambe reste raide comme si le genou était ankylosé, cependant toutes les articulations sont libres, il n'y a ni raideur, ni contracture. Quand la jambe se porte en avant, le-bras du même côté ne suit pas le mouvement.

Il n'y à ni antépulsion, ni rétropulsion ni latéropulsion. Quand le malade est à quatre pattes, la synergie devient encore plus évidente.

La sensibilité subjective et objective est intacte, il n’y a pas de troubles vasomoteurs.

Les réflexes tendineux sont fermes et sensiblement égaux, peutêtre un peu plus forts du côté droit que du côté gauche.

Les réflexes cutanés sont normaux.

Les réflexes plantaires se font en flexion, pas de clonus.

OErz. — Le fond est normal; nystagmus dans les positions latérales extrêmes du regard, pas de paralysie, pas de diplopie, pas de lésion de l'oreille, le vertige voltaïque est normal, leucoplasie buccale. Wassermann positif.

En résumé on constatait un hé ete cérébelleux unilatéral caractérisé par des troubles unilatéraux de la motilité, de la lenteur de certains mouvements, de la dysmétrie, un léger tremblement de nystagmus, une asynergie peu prononcée.

IIT. — Hémiplégie cérébelleuse inférieure.

Observation (J. Babinski et J. Nageotte).

Hémiasynergie, laléropulsion et myosis bulbaires avec hémianesthésie et hémiplégie croisées (In Revue neurologique, 1902, p. 358).

F. P..., 50 ans, entre le 5 octobre 4901 à la Pitié.

JL a contracté la syphilis à l’âge de 30 ans.

Il y a 8 jours, en pleine santé, il a ressenti une douleur de tête vive du côté gauche et il a été pris brusquement de vertiges, de troubles de motilité graves, ainsi que d'une grande gêne dans la déglutition. Son état ne s’est guère modifié, dit-il, depuis le début, sinon que la céphalalgie s’est atténuée et qu’il a maigri. Le malade est, en

effet, maigre, pâle, parait très faible, ce qui s'explique du reste fort bien, car il ne s’est presque pas du lout alimenté pendant cette période de 8 jours; ce qui l'en empêche, c’est que la déglutition est très difficile; lorsqu'il cherche à boire, il rend en partie le liquide par le nez et il est pris d’une quinte de toux. Il ne peut siffler ; la voix est nasillarde ; le réflexe du voile du palais est aboli. |

Il y à des troubles de sensibilité : tout le côté droit du corps jusqu’au cou présente un affaiblissement de la sensibilité au tact et à la température; l'anesthésie est surtout accusée à la jambe et à la partie inférieure de la cuisse; à la face, la sensibilité parait émoussée des deux côtés d’une manière à peu près égale; le sens musculaire est. normal à gauche et à droite; une piqûre provoque une sensation moins désagréable à droite, mais la compression des masses musculaires semble plus douloureuse de ce côté qu'à gauche.

La motilité est profondément troublée. Le malade ne peut marcher sans être soutenu; il est sans cesse entraîné à gauche et tomberait de ce côté s’il était abandonné à lui-même. Dans la marche, les membres inférieurs sont écartés l’un de l’autre, les mouvements élémentaires du membre inférieur gauche sont brusques et le pied gauche vient s'appliquer sur le sol d'une manière bruyante; les mouvements du membre inférieur droit présentent aussi ces caractères, mais d’une manière bien moins prononcée. Lorsque le malade, placé dans le décubitus dorsal, après avoir fléchi la cuisse sur le bassin et la jambe sur la cuisse, replace le membre dans sa position primitive, voici ce qu'on observe : à droite le mouvement est à peu près normal, : l'extension de la cuisse sur le bassin et de la jambe sur la cuisse sont: exécutées presque synergiquement et le talon glisse sur le sol d’arrière en avant; à gauche, le mouvement est bien différent : dans un premier temps la jambe s'étend brusquement sur la cuisse, et le talon est éloigné du sol par une distance d’un décimètre, dans un second : temps, la cuisse s'étend sur le bassin et le talon vient s'appliquer sur le sol. Quand le malade se met à genoux sur une chaise, à droite le mouvement est normal; à gauche, il s’accomplit avec brusquerie. Le: côté droit est toutefois un peu plus faible que le gauche, mais, à La vérité, la différence à cet égard entre les deux côtés est minime. Quand le malade, placé dans le décubitus, cherche à se mettre sur son séant, il execute un mouvement de rotation autour d'un axe passant par le côté gauche du corps et on constate à droile « le mouvement combiné de la cuisse et du tronc ». Les mouvements des membres supérieurs sont accomplis avec correction, mais avec un.

léger tremblement.

Le réflexe crémastérien et le réflexe abdominal existent et son

semblables des deux côtés. À gauche, le réflexe plantaire est normal; à droite, on constate le phénomène des orteils. Le réflexe du tendon rotulien droit est normal; à gauche, en outre de la contraction du triceps crural de ce côté, la percussion du tendon rotulien donne lieu à une contraction des adducteurs de la cuisse droite. Les réflexes achilléens sont normaux. Les réflexes lendineux du membre supérieur paraissent un peu plus forts à droite qu'à gauche.

Du côté de l'œil, on note un peu de nystagmus, surtout dans le sens latéral. Les pupilles se contractent à la lumière, mais elles sont inégales : la gauche, sans être très pelite, est sensiblement plus étroite que la droite.

Dès l'entrée du malade à l'hôpital on cherche à lutter contre la faiblesse qui résulte de linanitlion artificielle, en attendant de le soumettre à un traitement hydrargique qui, en raison de ses antétédents est indiqué. Mais cinq jours après, dans l'après-midi, il succombe brusquement dans une syncope.

IT

F. J..., 43 ans, entre le 29 août 1901 à la Pitié. Après s'être senti mal à l’aise pendant quelques jours, il avait été pris, le 24 août, vers huit heures du soir, de vomissements ayant duré plusieurs heures et s'étant accompagnés de vertiges. Le lendemain, quoique très souffrant, il était encore en mesure de marcher, mais le surlendemain, en voulant se lever, il s’étail aperçu qu'il était incapable de se {enir sur ses jambes. IL s'était alors recouché et, trois jours après; s'était fait transporter à l'hôpital.

L'état général parait satisfaisant et au lit le malade n’éprouve pas de gêne, si ce n’est qu'il à parfois des sensations de vertiges.

Il existe des troubles de sensibilité. A gauche, au membre inférieur, au membre supérieur, on trouve, au cou et jusqu’au rebord inférieur du maxillaire la sensibilité à la température et la sensibilité à la douleur sont notablement diminuées, la sensibilité au tact et le sens musculaire sont, au contraire, tout à fait normaux; il n’y a pas du tout d’anesthésie au côté gauche de la face. A droite, la sensibilité est normale aux membres et au tronc. mais à la face, surtout au pourtour de l'orbite, il y a de l'anesthésie à la douleur, à la température el aussi au tact, mais ce dernier mode de sensibilité est moins atteint que les autres.

La motilité est troublée. Le malade peut se lever sans le secours d’un aide, mais il est alors incommodé par des vertiges qui l'empé-

cent de rester longtemps debout. Il est en mesure de faire quelques pas sans être soutenu; les membres inférieurs sont alors écartés l'un de l’autre de trente centimètres environ; les mouvements élémentaires du membre inférieur gauche sont à peu près normaux; ceux du membre inférieur droit sont brusques; on voit et on « entend » le pied droit retomber lourdement sur le sol; de plus, le corps incline toujours à droite et le malade est entrainé de ce côté. Dans le décubitus, quand il cherche à porter le talon droit vers le siège, il commence, dans un premier temps, par fléchir brusquement la cuisse sur le bassin et soulève le pied, et, dans un deuxième temps, il abaisse Je pied et vient en frapper brusquement le sol; à gauche le mouvement s’exécute d’une façon presque normale : en même temps que la cuisse se fléchit, le pied glisse doucement sur le sol d'avant en arrière. La force musculaire est un peu moindre à gauche qu'à droite et on note à gauche le « mouvement combiné de flexion de la cuisse et du bassin ». Il y a un peu d’asymétrie faciale due à une parésie de la face à droite. Les mouvements des membres supérieurs sont normaux.

Les réflexes cutanés sont tous normaux, sauf le réflexe plantaire gauche qui se manifeste par de l'extension des orteils. Les réflexes tendineux sont forts, mais égaux.

La pupille droite est notablement plus petite que la gauche, mais le réflexe à la lumière est normal des deux cotés; la fente palpébrale est aussi plus petite à droite, il y a enfin de la rétropulsion du globe oculaire droit. On note un peu de nystagmus dans le sens latéral et dans le sens vertical.

Le voile du palais est parésié à droite, mais il n'y a pas troubles de la déglutition; le docteur Weill, qui a bien voulu examiner le malade, a constaté une paralysie de la corde vocale en position médiane.

Le malade, malgré l'absence apparente d'antécédents de spécificité, est soumis au traitement hydrargique. Son état s'améliore progressivement el déjà, un mois après son entrée à l'hôpital, l’atténuation des troubles est très sensible.

Actuellement, quand il marche, il écarte encore les jambes et n'avance qu'avec lenteur, mais les mouvements du membre inférieur droit ne se font plus avec brusquerie, la latéropulsion et les vertiges ont disparu; les troubles de sensibilité, les troubles oculo-pupillaires, le phénomène des orteils, le mouvement associé de flexion de la cuisse et du bassin, ainsi que la paralysie de la corde vocale persistent.

Madame X..., vient consulter l’un de nous le 4 avril 1902. Elle est âgée de 43 ans. Elle a été peut-être contaminée par son mari qui est syphilitique. Il y à un mois, au cours d’une grippe elle a été prise: brusquement de troubles nerveux qui ne se sont guère modifiés depuis et qui consistent en vertiges, troubles de sensibilité et troubles de motilité. À gauche, au membre supérieur, au membre inférieur, au {ronc, au cou il y a une hémianesthésie à la douleur et à la température ; la sensibilité au tact et le sens musculaire sont normaux. A droite, au contraire, c'est à la face qu'il y a une diminution de la sensibilité : le réflexe cornéen est affaibli de ce côté.

Elle peut marcher sans être soutenue, mais elle le fait avec une certaine difficulté et est entraînée à droite. Le côté gauche du corps lui paràit, dit-elle, quand elle marche, plus faible que le droit; mais elle ajoute spontanément qu’elle exécute les mouvements du côté droit avec moins d'adresse. On constate à gauche « le mouvement com-: biné de flexion de la cuisse et du tronc ».

Les réflexes tendineux sont à peu près égaux des deux côtés. Le xci-. tation de la plante du pied provoque une flexion très nette des orteils à droite, et à gauche elle n’est suivie d'aucun mouvement réflexe des orteils.

La malade a des vertiges au lit, même les yeux fermés, surtout quand elle est couchée sur le côté gauche.

La pupille et la fente palpébrale sont plus petites à droite qu’à gauche; le réflexe à la lumière est normal des deux côtés; il y a de la rétropulsion du globe oculaire droit.

Cette malade n'a été examinée par nous qu'une seule fois et l'examen du larynx n’a pu être pratiqué.

Observation (M. À. Souques).

Paralysie alterne motrice, sensitive et vaso-motrice avec hémiasynergie d'origine bulbo-protubérentielle. in Revue Neurologique, 1905, p. 541).

Louis B..., 45 ans, bien portant jusqu’au 25 septembre 1894, se: couche ce soir-là en état d’ébriété et se réveille le lendemain avec une paralysie alterne (membres du côté droit et face du côté gauche). Malgré quelques améliorations, ce malade n’en resta pas moins un infirme qui sollicita son admission à l’hospice des Incurables (Ivry). Actuellement il est dans l’état suivant :

Il présente d’abord une hémiplégie droite portant sur les membres et respectant la face. Au membre inférieur, la paralysie est incomplète : le pied en tombant en varo-équinisme ne peut être redressé volontairement (paralysie des extenseurs), le quadriceps crural est fortement atteint ; les autres muscles sont beaucoup moins touchés. Le réflexe rotulien est exagéré ; l'excitation de la plante du pied ne provoque pas l’extension des orteils, mais produit le signe de Babinski du côté opposé. Amyotrophie appréciable mesurée par 3 centimètres de différence à la cuisse et 1 centimètre à la jambe.

Au mernbre supérieur, la paralysie est aussi marquée qu’au membre inférieur : attitude de flexion, prédominance de l’impotence sur les extenseurs. La circonférence du bras et de l’avant-bras mesure 2 centimètres de moins à droite qu'à gauche.

La contracture, qui semble faire défaut au membre inférieur, est très peu marquée au membre supérieur.

La face parait indemne, la langue tirée, droite, et le voile du palais normal.

En regard de cette hémiplégie droite, il faut placer l'état du côté gauche du corps. Ici, la paralysie qui respecte les membres, porte sur le facial, le moteur oculaire externe, l’acoustique, le trijumeau.

La paralysie du nerf facial est totale (mais incomplète), frappant l’orbiculaire palpébral, le frontal, le sourcillier, le peaucier, etc. Il y a même un certain degré de spasme, qui se traduit par quelques secousses cloniques dans les muscles paralysés.

La paralysie du droit externe est caractérisée par du strabisme interne et de la diplopie homonyme.

L'ouïe est abolie du côté gauche, et l'examen otologique ne montre aucune lésion visible. De ce côté, le malade éprouve des bruits subjectifs très pénibles, incessants depuis le début de la maladie. En outre, il se plaint, d’éblouissements et de vertiges qui troublent sa marche, et qui occasionnent parfois des chutes. Pas de latéropulsion nette.

Dans le domaine du trijumeau gauche il y a une hypoanesthésie très notable pour tous les modes. La cornée est insensible et le réflexe cornéen n'existe pas.

Les muqueuses nasales et buccales sont pareillement anesthésites.

Il ne semble pas que le goût et l’odorat soient atteints en tant que sens spéciaux ; l’anesthésie des muqueuses olfactives et gustatives peut expliquer à elle seule la diminution de lodorat et du goût qu'on constate du côté gauche. Il y a, en outre, une kératite neuro-paralytique de l'œil gauche et un myosis trè accusé de ce côté. La branche motrice du trijumeau n’est pas touchée.

Le nerf spinal est intact; les cordes vocales, le trapèze, le sternomastoïdien sont normaux. La voix est nasonnée, lente, monotone; scandée comme dans la sclérose en plaques.

L'anesthésie dans le domaine du trijjumeau gauche alterne avec une hémianesthésie droite qui porte sur les membres, le tronc et le cou qui est également totale, mais incomplète, sans dissociation appréciable.

A côté de ces phénomènes alternes, moteurs et sensitifs, 1l faut signaler une hémiasynergie gauche.

Au lit, dans le décubitus dorsal, le malade garde immobiles la tête etles membres. Mais si on lui ordonne de porter son index gauche à son nez, l’avant-bras se fléchit sur le bras avec la brusquerie d'un ressort, et le mouvement de flexion se termine près du nez par trois ou quatre oscillations latérales qui rappellent tout à fait le tremblement intentionnel de la sclérose en plaques (la direction générale du mouvement étant conservée et le but atteint). Il est à remarquer que ces divers phénomènes (brusquerie de la flexion et tremblement intentionnel), ne surviennent que si le mouvement est exécuté rapidement. Si l'exécution est lente ils s’atténuent el disparaissent même complètement. De même, la cuisse étant fléchie sur le bassin et la jambe sur la cuisse au-dessus du plan du lit, si on ditau malade de mettre le membre en place, il étend très brusquement la jambe sur la cuisse, et le talon retombe ensuite fortement sur lelit, sans oscillations nettes. Ces phénomènes ne se produisent que si le mouvement est exécuté rapidement; si celui-ci est lent, ils ne se produisent plus.

Lorsque le malade est couché, les membres inférieurs relevés verticalement, la position est gardée, à gauche, longtemps sans fatigue et sans oscillation ; à droite, le membre retombe vite à cause de la paralysie.

Dans la station assise, le tremblement intentionnel et la flexion brusque de l’avant-bras surviennent, il va sans dire, dans les mêmes conditions. Au membre inférieur, la jambe étant étendue sur la cuisse et la cuisse fléchie sur le bassin, si on dit au malade de remettre le pied en place par terre, la jambe se fléchit brusquement et le pied vient ou violemment frapper le sol, ou osciller trois ou quatre fois à quelques centimètres du sol pour, dans un second temps, retomber à terre. Ici encore ces phénomènes ne se reproduisent que si le mouvement est exécuté rapidement. En dehors de ces troubles de l’asynergie musculaire. le côté gauche parait normal, et cependant le réflexe rotulien est faible, le. signe des orteils en extension; el, au membre supérieur, il y a de la diadococinésie.

Cette asynergie existe-t-élle dans les membres du côté droit ? Il est

impossible de le dire en raison de l'hémiplégie qui gêne les mouvements de ce côté.

Le malade peut se tenir debout, les jambes écartées, appuyé ou non sur une béquille. Si on lui dit de fléchir le tronc en arrière, il le fait, mais sans plier les jarrets

Dans la marche, il progresse Les jambes écartées, penchant un peu du côté droit, et talonnant à gauche. Mais le tronc reste droit et même un peu penché en avant.

Je signalerai, en terminant, l'existence de troubles vaso-moteurs respectant la tête et le cou. Ces troubles sont beaucoup plus accusés du côté droit que du côté gauche : ils sont caractérisés par des marbrures violacées, plus marquées au niveau des mains et des pieds; par une sensation subjective de froid du côté droit et par un abaissement thermique notable de ce côté.

Les réflexes crémastériens et abdominaux sont normaux. Il n'y a ni troubles cardiaques, ni troubles respiratoires, et l'état général est satisfaisant.

Observation (A. Beaudouin et H. Schaeffer).

Un cas de syndrôme bulbaire de Babinski-Nageotte (In Revue Neurologique, 1910, T. 1, p. 555.

M. Mas.., âgé de 39 ans, ne présente rien à relever dans les antécédents familliaux. Personnellement il à toujours été bien portant, sauf qu'il a eu la syphilis à 24 ans. Il est marié; sa femme a eu 2 fausses couches et 2 enfants bien portants.

La maladie actuelle remonte au 19 février dernier. Il s'était levé de bonne heure comme de coutume, et fut pris, vers 7 heures du matin, d’un violent étourdissement sans perle de connaissance. Il put rentrer chez lui tant bien que mal, mais il était dès ce moment très nettement entrainé vers la droite. I resta quelques jours au lit ressentant une lourdeur dans le côté droit de la tête. Dès qu’il essayait de se lever, il éprouvait de la latéropulsion sans élat vertigineux. C’est pour ce symptôme qu'il entre à la Salpétrière.

C'est un homme paraissant très bien portant, fort el vigoureux, même un peu obèse. La force augmentaire est partout conservée, tous les mouvements s’exécutent avec énergie.

Il y a quelques troubles de la coordination : le malade marche assez bien, mais a tendance à incliner à droite. Quand on lui commande « halte », il titube et manque de tomber; de mème s’il veut pivoter sur ses talons, surtout à gauche.

La station debout est incertaine : le malade ne peut rester sur un pied, surtout à droite. Pas de vertiges pendant la marche. Pas de flexion combinée : le malade fléchit bien les jambes quand il se penche en arrière.

La sensibilité présente du côté gauche de gros troubles : il y a de ce côté une dissociation syringomyélique très nelte.

En effet tandis que le tact est partout perçu et que les cercles de Weber sont normaux, la piqûre détermine à droite une douleur vraie, à gauche un simple chatouillement, et cela sur toute la moitié du corps, sauf à la face qui sent normalement. Il aurait existé au début une hypocsthésie de la moitié droite de la figure, ce qui aurait constitué une hémiplégie sensitive alterne. Ce symptôme fut d'ailleurs très passager.

La (hermoanesthésie est très nette sur tout le corps, sauf à la face. La sensibilité profonde est indemne.

Les réflexes tendineux et osseux sont forts partout, mais notablement plus à gauche; les réflexes cutanés sont normaux, le réflexe cutané plantaire s'exécule en flexion.

Enfin ce malade présente une inégalité pupillaire très nette : la pupille droite est en myosis. Les deux pupilles réagissent d’ailleurs bien à la lumière et à la distance. Il n’y à pas de paralysies oculaires, le fond d'œil est normal.

En résumé, ce malade présente : {1° une hémiasynergie et de la latéropulsion à droite (ces phénomènes s’amendent assez rapidement); 2° du myosis du même côté; 3° des troubles de la sensibilité superficielle à type syringomyélique du côté opposé.

Observation (MM. H. Claude et P. Lejonne).

Sur un cas d’'hémianesthésie allerne dissociée à lype syringomyélique par hémorragie bulbo-protubérantielle. In Revue neurologique, 1911, 2° semestre, p. 151.

La malade, une femme de 35 ans, ne présente rien de bien intéressant dans ses antécédents personnels ou de famille. A part une scarlatine à l’âge de 18 ans, elle a toujours été en bonne sanfé. Elle a deux enfants bien portants; entre ces deux grossesses, elle a fait une fausse couche de deux mois.

Les phénomènes pathologiques ont débuté le 48 mai dernier, veille du jour où elle attendait ses règles; elle était d'ailleurs réglée très régulièrement et ne se plaignait à ce sujet d’aucun phénomène particulier, sauf parfois d’un peu de céphalée; depuis deux ou trois jours,

la malade se plaignait du côté droit de la tête. Le 18 mai, elle alla en matinée dans un cirque avec ses enfants; elle fut très impressionnée par les exercices d’une dompteuse; elle rentra chez elle avec un violent mal de tête; elle se coucha aussitôt et fut prise de vomissements bilieux accompagnés de grands efforts, et d'un peu de diarrhée. Elle put néanmoins avaler un grog dans la soirée.

Le lendemain matin, un médecin appelé constala une légère déviation des yeux vers la droite ; la malade était incapable de se tenir sur ses jambes; il lui était impossible d'avaler quoi que ce soit.

Le 20 mai, au matin, la déviation des yeux s’élait fort accentuée, et la malade fut envoyée à l'hôpital.

EXAMEN Du 22 Mar. — La malade est très prostrée et accuse une céphalée violente; elle se plaint de ce que le jour lui fait mal.

On est tout d’abord frappé de la déviation conjuguée des yeux vers la droite. Les globes oculaires peuvent avec effort se porter légèrement vers la gauche, mais ce mouvement est incomplet, ne dépasse guère la ligne médiane el s'accompagne de secousses nystagmiques très prononcées. Il existe une légère inégalité pupillaire, la pupille droite étant plus large. Il n'y a pas de signe d’Argyll Robertson: le fond de l'œil est normal. On observe enfin une anesthésie cornéenne très marquée à droite, moins manifeste du côté gauche, avec abolition du réflexe cornéen.

Du côté de la face, il existe une légère parésie faciale droite portant à la fois sur le facial supérieur et le facial inférieur.

On constate une paralysie totale du côté droit du voile du palais avec déviation de la luette à gauche. Si on essaie de faire prendre quelque aliment à la malade, elle s’étrangle et on est obligé de la nourrir à la sonde. Le réflexe pharyngien est absolument aboli et le cathéter passe sans provoquer de nausées. Les muscles masticateurs ont conservé leur puissance; les réflexes massétérins sont forts, mais égaux des deux côtés.

Du côté des membres, il existe certainement au membre supérieur droit une diminution de la force musculaire, particulièrement nette au niveau du triceps brachial.

Au niveau des jambes, il est beaucoup plus difficile de se prononcer; un phénomène est évident, c'est que les mouvements volitionnels se font avec beaucoup plus de vigueur que les mouvements volontaires, cela à droite comme à gauche. La malade est incapable de marcher, même de rester debout, elle est aussitôt entraînée tantôt à gauche, mais plus fréquemment à droite. La diadococinésie est profondément troublée, surtout du côté droit. Il existe une hémiataxie du membre supérieur droit des plus nettes.

Du côté des réflexes, on observe une exagération évidente du réflexe radial droit; aux membres inférieurs, le réflexe rotulien gauche est, au contraire, plus vif et semble exagéré. Les réflexes achiléens sont normaux. Les phénomènes de Babinski et d’Oppenheim sont négatifs. Les réflexes cutanés abdominaux inférieurs sont abolis des deux côtés; le supérieur, normal à droite, est très diminué à gauche.

Au point de vue de la sensibilité, outre sa céphalée violente, la malade se plaint de crises douloureuses très vives débutant à l'épaule et à la pointe de l’omoplate, à droite, puis irradiant dans le cou et dans le bras et la main du même côté, ces crises sont séparées par des courtes périodes de calme pendant lesquelles persiste une sensation d’engourdissement du membre supérieur droit.

Les troubles de la sensibilité objective sont très marqués. Il existe à la douleur une anesthésie totale, occupant tout le côté gauche, membre supérieur, thorax, abdomen et membre inférieur exactement dimidiée et aussi marquée au niveau des régions proximales que des régions distales. A la face, l’anesthésie occupe le côté droit, elle est très marquée au front, plus légère sur la joue, le menton et au cuir chevelu.

Il semble y avoir une légère hyperesthésie à la douleur de tout le côté droit. A la température, l’anesthésie aussi bien pour le chaud que pour le froid se superpose exactement à l’anesthésie à la douleur. Toutefois sur l’hémiface gauche où la sensibilité à la douleur paraît normale, il existe une légère hypoesthésie, aussi bien que pour le froid que pour le chaud.

Ces phénomènes anesthésiques s’observent également sur certaines muqueuses : il y a hypoesthésie très nette à la piqüre et à la température sur les gencives du côté droit, sur la moitié droite du voile du palais, sur la cornée de l'œil droit, sur la muqueuse linguale, La moitié droite de la langue perçoit assez bien la piqüre, mais est hypoesthésique à la température.

Enfin, la sensibilité est normale au niveau de la face interne des joues.

La sensibilité tactile est absolument normale; on observe toutefois un peu d'élargissement des cercles de Weber au niveau des extrémités supérieures aussi bien à gauche qu'à droite.

Il n'existe aucun trouble de la sensibilité osseuse au diapason, ni de la baresthésie. La perception stérvéogrosique, la sensibilité articulaire sont normales,

Quant aux sensibilités spéciales, l’ouie n'est pas altérée, et la centrifugation ne montre aucun phénomène pathologique du côté du

nerf vestibulaire ; il paraît exister une légère anosmie du côté droit ; en revanche, malgré l'hypoesthésie de la moitié droite de la langue, la malade n’accuse aucun trouble du goût, et reconnaît de façon satisfaisante les diverses saveurs.

On n’observe pas de troubles vaso-moteurs, ni de troubles sudoraux. Les larmes sont secrétées moins abondamment du côté de l’œil droit.

À part unétat saburral des voies digestives, il n'existe aucun trouble viscéral, le cœur est normal, le pouls bat à 72, régulier; la tension artérielle est de 15 au sphygmomanomètre de Potain.

La ponction lombaire donne issue à un liquide clair, s'écoulant en jet, mais sans éléments anormaux.

Les jours suivants, l’état reste stationnaire; les douleurs de l'épaule et du bras sont toujours aussi violentes et la déglutition impossible- La malade a fréquemment le hoquet. Elle présente quelques irrégularités de la respiration, mais surtout des crises d'accélération cardiaque, de durée variable : parfois quelques heures, parfois plus d’une journée, pendant lesquelles son pouls bat-à 120 environ ponr redescendre ensuile à 72 ou 80.

A partir du 31 mai, la malade est moins prostrée et commence à s'asseoir sur son lit; les douleurs au niveau de l'épaule et du bras droit sont beaucoup moins vives.

On peut se rendre compte qu’il existe bien un certain degré de parésie du membre supérieur droit; avec le dynamomètre, on obtient pour le triceps 25 du côté gauche contre 15 du côlé droit.

Au membre inférieur, le dynanomètre donne 50 pour le triceps sural aussi bien à gauche qu'à droite, mais pour le quadriceps 25 à droite contre seulement 20 à gauche.

Il n'existe nulle part d’atrophie musculaire appréciable.

L'état de la sensibilité objective n’a guère varié; toutefois la sommation des piqüres amène à la longue une sensation très désagréable, de même la piqùre et surtout le pincement, dans les régions anesthésiques, amènent parfois des sensalions pénibles, mais ne sont pas identifiée.

La réaction de Wassermann se montre légèrement positive sur le liquide céphalo-rachidien.

Le 2 juin, on institue un traitement mercuriel, par des injections de sels solubles (2 centigrammes de Benzoate de Hg (ous les 2 jours).

Dans le courant du mois de juin, l’état de la malade s'améliore progressivement : la paralysie des mouvements de latéralité des yeux vers la droite diminue, la déglutition des solides et même des liquides devient possible, les troubles de l'équilibre s’atténuent et la malade commence à pouvoir marcher seule, en revanche les phénomènes anesthésiques ne se modifient que très lentement.

EraT ACTUEL (début de juillet 1911). — L'état général dela malade est très satisfaisant.

Bien que la malade puisse s'alimenter convenablement et ne s’étrangle que très rarement, la parésie de la moitié droite du voile du palais et du pharynx est encore accusée.et le réflexe pharyngien est -toujours aboli.

Du côté des yeux, la malade a toujours tendance à les porter vers la droite, mais à l'heure actuelle la malade peut les porter complètement vers la gauche; mais elle ne peut garder longtemps cette position, l'œil droit revient assez rapidement vers la ligne médiane, au bout d’un temps un peu plus long l'œil gauche quitte également spontanément sa position externe. La convergence se fait incomplètement avec l'œil droit. Ces diverses manœuvres s'accompagnent d'un nystagmus horizontal prononcé. On observe encore parfois de l'inégalité pupillaire, la pupille droite présentant un peu de mydriase.

Tandis qu'à gauche la sensibilité de la conjonctive et de la cornée sont normales, du côté droit existe une anesthésie absolue à la température et à la douleur senties comme contact; le tact lui-même est perçu mais ne provoque pas de sensation de chatouillement ni de réflexe de défense. La sécrétion des larmes est à peu près totalement abolie du coté droit.

La paralysie faciale droite est maintenant très légère; la malade a néanmoins plus de difficultés à remuer ce côté, le front se ride un peu moins, la commissure labiale est un peu plus abaissée.

L’anesthésie de la moitié droite de la face persiste sans changement, pour la température ou la douleur, le tact étant normal ; toutefois sur la joue, la malade parait sentir un peu la température. Elle s'accompagne toujours d'anesthésie des muqueuses du côté droit, de la langue, des gencives, des joues, du voile du palais, du pharynx, dumez, de la conjonctive. Cette anesthésie affecte le même type, c'est-à-dire que le taet est parfaitement conservé, Notons toutefois qu'à la face interne de la joue l’anesthésie est très légère; que sur la langue l'anesthésie à la piqûre est bien moins marquée que celle de la température; enfin qu'au niveau du pharynx et de l’amygdale la sensibilité au contact parait diminuée du côté droit, et même légèrement du côté gauche.

Les sensibilités spéciales : ouïe, goût, odoral, sont actuellement normales.

Il n'existe plus de grandes crises de tachycardie, toutefois le pouls de la malade, normalement à 80, bat parfois à 90, 96.

Du côté du tronc et des membres, les principaux phénomènes qui persistent sont des troubles de la sensibilité. Les douleurs vives de

la nuque et du bras droit ont complètement disparu; en revanche, la malade se plaint depuis une buitaine de jours d’un douleur sourde, d’un endolorissement du bras gauche.

L'hémianesthésie à type syringomyélique de tout le côté gauche ne s’est guère modifiée. Toutefois les violentes piqûres ou encore la sommation, ou une température élevée sont, non pas reconnues, mais perçues comme une sensation {rès désagréable. Les injections profondes du côté gauche (injections de sérum, de benzoate de mer-. cure), ne sont pas douloureuses sur le moment, mais donnent lieu au bout de plusieurs heures ou même de plusieurs jours à des sensations pénibles que la malade ne peut préciser. On n’observe toujours aucune modification du côté des sensibilités profondes, ni à droite, ni à gauche.

Les troubles moteurs se sont notablement améliorés : la malade peut maintenant marcher seule, sa démarche est encore mal assurée et elle se sent toujours entraînée vers la droite; elle arrive même à rapprocher les deux pieds. Il n’y à pas de signe de Romberg. Sur un pied, elle se lient à peu près à gauche, tandis que sur le pied droit, elle à tendance à verser rapidement à droite.

L'ataxie droite est à l'heure actuelle tout à fait légère aussi bien du côté du membre supérieur, que du membre inférieur droits; l'équilibre volitionnel statique ne présente aucune modification appréciable ; il n’y a plus guère d’asynergie : la malade fait correctement le mouvement de s’agenouiller sur une chaise, ou celui de se relever étant couchée sur le dos les bras croisés.

La diadococinésie n’est plus guère troublée, le mouvement de marionettes se fait toujours un peu moins bien à droite.

Quant à la force musculaire elle est à peu près revenue tant au niveau du membre droit que de la jambe gauche.

Le quadriceps du côté droit est encore encore plus puissant que celui du côté gauche.

Les réflexes tendineux tendent à s’égaliser, le radial est toujours un peu plus fort à droite.

On n’a jamais observé aucun trouble mental, le psychisme est parfaitement intact.

Observation (M. E. Long).

Laléropulsion. — Hémiasynergie. — Lésion d'un pédoncule cérébelleux inférieur el d'un hémisphère cérébelleux (In Revue neurologique, 1913, 2° semestre, p. 640 à 643).

Mat... Henri, journalier, âgé de 79 ans, entré le 148 octobre 1906 à l'hôpital cantonal de Genève, dans le service de M. le Professeur Bard.

On ne trouve dans ses antécédents, aucun indice d’un trouble cérébral ou médullaire extérieur.

La maladie actuelle date du 3 octobre précédent : dans la soirée il se plaignit d'une vive douleur à la tempe droite, et, bientôt après, il fut dans l'impossibilité de se tenir debout. Bien qu’il n'ait à aucun moment perdu connaissance, on dut le déshabiller, le mettre au lit, où il retrouva, en grande partie, l'usage de ses membres inférieurs.

Son état ne paraissait pas grave à son entourage, mais à cause d’une rétention d'urine dont le début eut lieu également le 3 octobre, il fut envoyé dans un service de chirurgie. L'examen praliqué alors montra l'existence d’une hypertrophie de la prostate et l'observation note qu'il existait des troubles considérables de l'équilibre; le malade tombait à droite quand il cherchait à s'asseoir, et la station debout était impossible.

Le 18 octobre, il passe dans le service de médecine. A cette époque, 15 jours après le début de la maladie, on observait les phénomènes suivants:

Moruré. — Au lit, tous les mouvements sont possibles et la force musculaire est égale et normale des deux côtés du corps. Le membre supérieur droit tremble un peu lorsqu'il est étendu et, lorsque la main droite saisit un objet pour le porter à la bouche, le tremblement s’accentue avec de grandes oscillations. Les mouvements alternatifs rapides (diadococinésie) se font avec quelques à-coups.

Pour lever les jambes au-dessus du plan du lit, la force musculaire est normale, mais la jambe droite est levée plus haut que la gauche.

A l’état de repos, la têle est presque constamment déviée à droite. sans déviation latérale des yeux.

Les troubles de léquilibre &pparaissent aussitôt que le malade veut s'asseoir sur son lit : il est alors assez violemment projeté sur le côté droit, el le tronc subit en même temps une rotation à droite. L'attitude assise est, de ce fait, impossible, La station debout l’est également, même avec le soutien de deux aides : la latéropulsion vers la droite intervient aussitôt el s'oppose à la mise en équilibre.

RÉFLEXES. — Les réflexes tendineux sont un peu vifs, les rotuliens surtout.

Pas de trépidation spinale au pied,

Réflexes cutanés plantaires abolis. Réflexes crémastériens nor- Maux.

APPAREIL VISUEL. — La motilité des globes oculaires et les réactions pupillaires sont normales. Pas de uystagmus. Pas d’hémianopsie.

APPAREIL AUDITIF. — Surdité bilatérale ancienne par lésion de l'oreille moyenne. A gauche, l’ablation d’un bouchon de cérumen volumineux n’est suivie d'aucune amélioration des troubles de l’équilibre.

EVOLUTION DE LA MALADIE. — Pendant les mois qui suivent, les troubles de l'équilibre s’atténuent progressivement, et les rechutes qui surviennent paraissent coïncider avec des périodes d'infection urinaire. Ainsi, en novembre 1906, alors que le malade faisait ses premiers pas, soutenu par un aide, il se produisit une poussée fébrile avec présence de pus dans les urines, et le malade fut à nouveau incapable de se lever avec chute immédiate. De même, en janvier 1907, tandis qu'il marchait seul avec une inclinaison du tronc vers la droite, une récidive des accidents urinaires arrêta l’amélioration, et le malade dut se remettre au lit, la tête constamment penchée à droite, la jambe droite fléchie, la gauche étendue.

À partir de mars 1907, l'amélioration fut manifeste : il marcha seul, sans autre phénomène anormal qu'un peu de raideur dans les jambes; l’occlusion des yeux amène bien la déviation et l’inclinaison à droite, mais en ouvrant les yeux, le malade rectifie aussitôt sa direction et sa station.

Le réflexe rotulien est plus fort à droite. Pas de signes de Babinski, pas de trépidation spinale.

En octobre 1907, le malade fait à l'hôpital un nouveau séjour de courte durée, pour faiblesse, vertiges et troubles respiratoires. Une observation détaillée prise par Mlle Cotin, interne du service, donne les indications suivantes sur l’état de la motilité :

Au lit, le malade ne présente qu'une déviation de la tête. On ne trouve aucune diminution de la force musculaire, ni à gauche, ni à droite. Un léger tremblement apparaît dans l'exécution des mouvements du membre supérieur, mais il ne fait pas dévier la main de la direction voulue. Le membre inférieur droit se tient habituellement un peu fléchi sur le lit, sans contracture permanente. Re

Pas d’incoordiration des membres inférieurs; pas de troublgsdes attitudes segmentaires. LR

Assis ou debout, le malade ne devie pas la tête et n’incline pas le corps à droite. Actuellement, il marche bien, sans difficulté; mais avec l’occlusion des yeux, il présente au bout de quelques secondes une déviation vers la droite, et après une marche prolongée, il sent encore une attraction vers la droite.

Dans la marche, la jambe droite est un peu fléchie et raide.

Le réflexe rotulien est plus fort à droite; les réflexes achilléens sont normaux. Le réflexe cutané plantaire est diminué à droite. Pas de clonus du pied.

Pas de troubles de la sensibilité cutanée et de la sensibilité profonde. Réactions pupillaires normales. Surdité bilatérale. Miction difficile par hypertrophie de la prostate.

A celte époque, il ne reste donc comme résidu des troubles antérieurs de l'équilibre qu’une tendance à la déviation vers la droite les yeux fermés, ou après une fatigue. Le malade se lève aisément et marche seul dans la salle.

Trois ans après, il tombe dans la rue, s’affaiblit rapidement et devient gàteux et dément.

On le transporte à l’hôpital le 20 août et il meurt d’une pneumonie le 6 septembre 1940.

A L'AUTOPSIE, pratiquée à l’Institut pathologique (Professeur Askanazy), on trouva, pour ce qui concerne le système nerveux, une induration des artères de la base du cerveau et des foyers de ramollissement multiples dans les deux hémisphères.

Le cervelet qui nous est remit avec l’isthme de l’encéphale, pour l'examen histologique, porte sur la face inférieure de l'hémisphère droit une dépression résultant de la résorption d’un foyer de nécrose ischémique, et formant une cavité à bords circulaires ayant la capacité d’une petite noisette. Elle occupe la moitié postérieure du lobe digastrique et entame un peu le lobule grêle. L'hémisphère cérébelleux droit a subi une diminution de volume dans le sens vertical et dans le sens transversal; l’angle ponto-cérébelleux se trouve notablement élargi de ce côté.

EXAMEN HISTOLOGIQUE sur coupes sériées du cervelet, du bulbe, de la protubérance annulaire et des pédoncules cérébraux. Cet examen montre deux foyers de ramollissement, l’un, déjà relevé macroscopiquement, à la face inférieure du cervelet, l'autre occupant la moitié droite du bulbe.

1° Lésion cérébelleuse. — Sur les coupes horizontales, passant par la face inférieure du cervelet, on trouve un évidement partiel de l'hémisphère droit formé par la résorption d’un foyer de nécrose dont les limites sont nettes, comme taillées à l’emporte-pièce; il

occupe une notable partie du lobule digastrique et entame une lame voisine du lobule grêle.

Cette lésion s'enfonce dans la profondeur en diminuant de superficie; elle se termine en pointe sur le bord interne de la substance blanche centrale, près du sillon péribullaire. |

D’après son trajet el sa situation, ce foyer représente le territoire d’une petite artère cérébelleuse antérieure et inférieure, émanée de la vertébrale droite. Il n’atteint pas la zone moyenne du cervelet et prend fin au-dessous du noyau dentelé. Outre la perte de substance corticale, il à produit une diminution de volume des lamelles voisines et de la substance blanche centrale: La vérification en est faite par la comparaison de l'hémisphère lésé avec l'hémisphère normal ; mais la méthode de Weigert-Pal ne montre pas dans la substance blanche de tache scléreuse révélant le trajet des fibres de projection dégénérées ; mélangées à des fibres saines, elles se sont résorbées sans laisser de traces.

L'inégalité de volume des hémisphères cérébelleux prend fin sur les coupes passant au centre des noyaux dentelés; dans l'étage supérieur du cervelet, elle n’est plus visible. On ne trouve pas non plus, et le fait est incompréhensible, une asymétrie des pédoncules cérébelleux moyens et supérieurs.

20 Lésion bulbaire. — Elle est constituée aussi par un foyer de ramollissement en grande partie résorbé et transformé en kyste.

En suivant la série des coupes du bulbe de haut en bas, on le voit débuter dans la région olivaire moyenne, assez exactement au niveau de la coupe figurée dans l’Anatomie des centres nerveux, de M. et Mme Déjerine (Tome Il, p. 674). Il occupe la partie externe du corps restiforme, en dehors des noyaux des cordons postérieurs, coupant les fibres du faisceau cérébelleux direct; il s'étend en avant dans l’espace par la substance grise de Rolando et la racine du trijumeau; sur une partie de son trajet, il entame la substance réticulée grise dans sa zone externe, sans atteindre la substance réticulée blanche ni la zone interolivaire.

Cette lésion bulbaire se termine en bas sur les coupes passant par l'extrémité inférieure de l'olive. (Anatomie de Déjerine, Tome JT, p- 679, fig. 445). Elle se trouve à la périphérie de la substance réticulée, sur la tubercule de Rolando et sur la racine descendante du trijumeau; elle coupe le faisceau cérébelleux direct à l’origine du corps restiforme et intéresse le faisceau de Gowers.

En plus de ce foyer principal, on trouve quelques points nécrotiques isolés, visibles avec un faible grossissement, en particulier dans les lamelles inférieures de l’olive bullaire droite, mais cette for-

mation grise n’est intéressée que dans sa partie inférieure: son feutrage intérieur est moins riche en fibres myélinisées, et les colorants cellulaires (cochenille, hématoxyline), montrent un déficit des grosses cellules olivaires.

Quant à l’olive du côté opposé, malgré la section d’une partie des fibres arciformes internes, cérébello-olivaires, elles ne présentent pas au microscope de modifications appréciables.

Les dégénérescences secondaires consécutives à cette lésion du bulbe sont : dans le sens descendant, un éclaircissement partiel et de court trajet de la substance réticulée grise et une dégénérescence de la racine descendante du trijumeau; dans le sens ascendant, la dégénérescence d'une partie du corps restiforme, visible seulement jusqu'à sa pénétration dans le cervelet.

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