‹ L'Hémoculture dans l'Appendicite: Contribution à l'Étude de la Pathogénie de cette AffectionChapitre 13 sur 37 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Constatations anatomo pathologiques

Les premières recherches sur lesquelles nous dirons quelques mots sont les recherches anatomo pathologiques faites sur l’appendice. On chercha par ce moyen à saisir quelles étaient les lésions qui se développaient au niveau de cet organe, au cours de l’appendicite. Etait-ce la muqueuse, la .sous-muqueuse, la musculeuse ou le péritoine qui étaient le plus fréquemment lésées ? Dans quelle couche de l'organe la lésion première débutait-elle P

Telles furent les questions soulevées.

Au point de vue microscopique, la première chose qui frappa les observateurs fut l'abondance de tissu lympathique. C’est cette abondance qui permit tout récemment à un auteur étranger d'émettre dés vues très originales sur la pathogénie histologique, peut-on dire, de l’appendicite. Nous tenons à les résumer ici :

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Partant de ce fait que l’appendicite frappe de préférence les jeunes sujets, et cela à une époque de la vie où l’appareil lymphatique du vermium atteint le maximum de son développement, Miloslavich, dans le Wien. klin. Wochenschrift de Mars 1912, s’est demandé s’il ne convenait pas précisément de rattacher la pathogénie des phlegmasies appendiculaires à ces circonstances. À l’Institut anatomo pathologique de Vienne, cet auteur s’est appliqué à rechercher l’état de l’appendice chez ces sujets atteints de diathèse lymphatique. Il a trouvé que chez eux l’appendice mesurait en moyenne 10 centimètres et que d'autre part, il s’abouchait fréquemment en entonnoir dans le cœcum. L'examen histologique de ces pièces, montrait chez ces individus, présentant des signes de lymphatisme, une hyperplasie intense du - tissu lymphatique. En portant son attention sur les cadavres des sujets morts d’appendicite, il a constaté aussi que dans le jeune âge cette affection coexistait- fréquemment avec une diathèse Iymphatique accentuée. 4

Aussi se croit-il autorisé par ces faits à parler d’appendicites Iymphatiques. Il se peut enfin, ajoute-t-il, que les cas familiaux d’appendicite dans lesquels on a voulu voir une preuve de l’épidémitité de cette affection, tiennent tout simplement à la présence d’un status lymphaticus avec structure appendiculaire propre à cet état.

Si intéressantes que soient les vues de l’auteur que nous venons de citer, nous croyons ses conclusions exagérées et d’autres recherches anatomo patholo-

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giques nous font mieux comprendre l'importance de l'infection touchant cet appareil Iymphatique qui, si développé qu'il soit, ne suffit pas à lui seul à constituer une appendicite. À ce point de vue nous ne pouvons que répéter ce qu'a si bien décrit M. Simonin : « Ganglion tubulé, plongé dans du tissu cellulaire, irrigué par des vaisseaux sanguins, …., l’appendice est fatalement condamné à être le siège de congestions fréquentes, d’inflammations aiguës ou chroniques, tantôt plastiques et selérosantes, tantôt ulcéreuses, suppuratives ou nécrosantes, suivant les fluctuations de la lutte des fermentations lymphatiques et de leur substratum contre les germes et leurs toxines.

L'appendice est en tous points comparable à une glande lymphatique. Il en remplit les fonctions et peut en partager tous les modes de réaction devant l'infection. Comme le ganglion enflammé voit son athmosphère celluleuse s’irriter, se garnir d’exsudats variés, s’abcéder ou s’épaissir à la suite d’inflammations répétées, n'ayant pas abouti à la suppuration ; de même le ganglion appendiculaire peut être atteint d’adénite ou de périadénite avec ou sans participation de la séreuse à ces inflammations. »

On peut objecter, dit Bardon, que les autres formations lymphatiques (amygdales, plaques de Payer, etc...) doivent être atteintes au même titre que l’appendice. En effet, on observe au cours des infections générales, à leur niveau, des réactions qui peuvent aboutir à l’amygdalite ou à la perforation intestinale. Mais la constitution même de l’appendice, sa

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situation topographique, ses malformations, l'étroitesse de son canal le prédisposent singulièrement à l'infection et suffisent, comme nous l'avons déjà dit plus haut, à expliquer la haute fréquence de l’appendicite consécutive à une infection sanguine.

En résumé, si l'anatomie pathologique est insuffisante pour trancher le débat, si par l’étude microscopique, aussi complète, aussi fine que l’on voudra, des appendices, jamais on n’arrivera à dire à coup sûr telle inflammation à une origine sanguine, telle autre a une origine intestinale, il n’en reste pas moins ce fait bien démontré par Letulle et Weinberg, à savoir que la lésion primitive (aussi bien dans les appendicites aiguës que dans les appendicites chroniques) porte toujours sur les follicules Iymphatiques et n’envahit que secondairement les éléments glandulaires. Cette constatation a une très réelle importance car elle invite à penser que les microbes qui sont venus enflammer ce lissu lymphatique sans avoir au préalable lésé la muqueuse et les éléments glandulaires qui la constituent, n’ont pas passé par cette voie. Leur virulence, en effet, suffisante pour amener la violente inflammation qu’ils provoquent au niveau des tissus Iymphatiques sous-jacents doit faire rejeter l’idée qu'il en serait ici comme au niveau de la paroi intestinale que certains germes pathogènes pourraient traverser, comme l’ont démoniré plusieurs expérimentateurs, sans y provoquer de lésions. I] faut donc chercher une autre voie d'apport, la seule qui puisse amener le germe directement aux follicules clos de l’appendice, c’est le courant sanguin.

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