‹ L'Hémoly­sothérapie Intra-dermique dans le Traitement de certaines DermatosesChapitre 28 sur 35 · PRURITS · texte numérisé non relu

PRURITS

Observation XLIV (Personnelle)

Mme Min... 45 ans, souffre depuis vingt mois environ d’un prurit rebelle localisé au niveau de la face dorsale des mais, qui s’accompagne de nombreuses lésions à ce niveau, qui se sont eczématisées.

Divers traitements externes et internes dont plusieurs injections d'Ixium, plusieurs séries d’autohémothérapie, ont amené une sédation plus ou moins longue dans l’état de la malade, mais le prurit va s’exagérer à nouveau à partir du mois de février 1930, date à laquelle disparaissent les règles de la malade.

Au mois de juin, une nouvelle poussée de prurit apparaissant, on soumet la malade au traitement intradermique, qui amène une sédation de prurit dès les premières piqûres. Traitement concomittant : externe — cold-cream; interne — extrait ovarien : 1 gr. pendant dix jours par mois; traitement suivi depuis février.

Nouvelle poussée au mois de novembre, on reprend

ALT tu

le traitement intra-dermique (10 injections 3/10 c. c.). Traitement concomittant : interne — ovarine; externe -— cold-cream.

La première injection est faite le 7 novembre.

Dès la troisième injection : le prurit s’amende.

À la cinquième injection : les lésions des mains s’améliorent.

A la huitième injection : elles sont presque guéries.

À la dixième injection : la malade se considérant guérie, veut interrompre son traitement, malgré avis con-

traire.

Observation XLV

Mme Arn.…., 57 ans, couturière, est soignée depuis neuf mois pour des lésions de dermite eczématiforme de la face dorsale des mains, des avant-bras et des coudes. Au niveau des coudes, il existe de gros placards suintants, irrités et très prurigineux, non infectés. Pas de troubles endocriniens, pas d’antécédents à signaler. Deux séries d’autohémothérapie sont restées sans résultat. Lo malade est mise au traitement imtra-dermique (15 injections 3/10 c. c.). Traitement concomittant : interne — 0; externe — pâte à l’eau.

À la cinquième injection : le prurit dmnue.

À la septième injection : il se produit une amélioration considérable des lésions, le suintement est minime.

A la quinzième injection : 1l ne persiste qu’un petit placard au niveau de chaque coude, peu prurigineux,

mais légèrement sumtant.

LE "BANC Observation XLV1I

Mme Arrig.…, 34 ans, souffre depuis l’âge de quatorze ans, d’un prurit intense de nature imprécisée, au niveau de la face interne des cuisses, ayant entraîné de larges placards lichénifiés, sans réactions inflammatoires importantes. Actuellement le prurit est intolérable et empêche tout sommeil. Le traitement par la « hautefréquence » la soulageait, mais le prurit réapparaissait dès la cessation des séances. Une série d’auto-hémothérapie n’amenant pas d'amélioration, on soumet la malade au traitement intra-dermique (8 injections 3/10 c. c. 1/10 c. c.) (2 octobre 1929). Traitement concomittant : interne — 0; externe — (.

Dès la troisième injection : le prurit est très diminué, le sommeil est possible sans adjonction d’hypnotiques. Mais à partir de cette injection, chaque piqûre intradermique provoque une grosse réaction locale, constituée par l'apparition d’un placard d’une dizaine de centimètres de largeur, mfiltré, rouge, tendu, douloureux qui disparaît spontanément en deux ou trois jours. Il n’existe pas de phénomènes généraux concomittants, néanmoins, l'importance de cette réaction locale est telle que la malade se refuse à s’exposer à sa répétition. (La dose in- Jectée avait été naturellement abaissée de 3/10 c. c: à 1/10 c. c., la réaction était identique).

Observation XLV1II AS NA

M. Mart.…., 60 ans, garcon de bureau, vient consulter au mois de juillet 1929, pour un prurit général de nature indéterminée, existant depuis un an.

La « haute-fréquence » ne l’ayant pas amélioré, il revient trois mois plus tard, avec de grosses lésions de lichénification de la face interne des cuisses, de l’œdème, un érythème compliqué de lésions de grattage, au niveau du périnée. Un suintement continu et un prurit intense ont contraint le malade à abandonner sa profesion. On commence le traitement intra-dermique le 16 septembre (28 injections 3/10). Traitement concomittant : interne — 0; externe — (0.

Dès la troisième injection : le prurit a bien diminué.

À la cinquième injection : il disparaît presque totalement.

La sixième injection s'accompagne cependant d’une légère poussée prurigineuse.

A la neuvième injection : le prurit disparaît et ne se manifestera plus.

À la douzième injection : l’aspect des lésions est bien changé; la lichénification persiste, ma’s l’œdème et l’état inflammatoire ont cédé.

À la dix-neuvième injection : petite réaction locale au siège de l'injection qui disparaît le lendemain.

A la vingt-huitième injection : il n'existe plus ni prurit, ni lésions cutanées.

tn

Seul, demeure un petit placard infiltré et pigmenté, mais non prurigineux, en avant de l’anus, de la taille d’une pièce d’un franc.

La série est terminée le 16 octobre, le malade est

revu un mois plus tard, la guérison persistait entière.

Observation XLV/II1

Mile Gira.…, 24 ans, femme de chambre, présente depuis un an des lésions eczématiformes de la face dorsale des mains et de la face interne des genoux. Elle présente en outre des troubles de la menstruation (dysménorrhée) et quelques troubles digestifs (pesanteur gastrique après les repas). Divers traitements externes et internes ayant échoué, on met la malade au traitement intra-dermique (19 injections 3/10). Traitement concomittant : interne — 0: externe — cold-cream.

La première injection est faite le 23 février 1929.

À la quatrième injection : le prurit est diminué.

À la neuvième injection : les lésions s’améliorent.

A la quatorzième injection : le prurit disparaît totalement.

À la dix-neuvième injection : les lésions ont perdu tout caractère érythémateux. Il ne subsiste qu’un aspect cicatriciel de la peau qui est épaissie et kératinisée.

Revue en septembre, cinq mois plus tard, la malade n'avait pas eu de poussée nouvelle,

Observation XLIX \ (D° W. et personnelle)

Mme For.…, 42 ans, ménagère, entre dans le service le 14 octohre-1929, pour prurit généralisé de nature indéterminée. Ce prurit a entraîné des lésions cutanées, irritées, au niveau des membres supérieurs, des fesses, de l’abdomen. Traitée par des injections intra-veineuses d'’hyposulfite de sodium, de bromure de Na ensuite, sans résultats, la malade est soumise aux injections intradermiques (18 injections 3/10 c. c.).

= Dès les premières piqûres, la malade accuse un soulagement important, mais passager. Il n’y a véritable amélioration que par applications de goudroline pure, associée à la prise quotidienne de 0 gr. 09 de gardénal. La malade revient le 18 juin 1930 pour des lésions eczématiformes, au niveau des mains, de la face interne des cuisses, du visage, accompagnées d’un prurit intense.

Aucun trouble endocrinien. Règles normales et non douloureuses. Ni albuminurie, ni glycosurie. Urée sang 9 gr. 36. On fait une nouvelle série d’hémolysothérapie (22 injections 3/10 c. c.). Traitement concomittant : interne — gardénal 0 gr. 09; externe — pâte à l’eau.

À la septième injection : le prurit est très amélioré.

À la douzième injection : l’état des lésions est satisfaisant.

À la vingt-deuxième injection : 1l n'existe pour ainsi dire plus de prurit. La malade sort le 10 juillet.

Pendant trois mois, la guérison persiste entière,

ES rm

quand, le 28 octobre, une nouvelle poussée de prurit se manifeste à l’occasion d’un ennui (départ de son fils au régiment). Ce prurit s'accompagne des mêmes lésions discrètes avec mêmes localisations, à la face dorsale des mains, à la face interne des cuisses. Le visage est respecté. Nouvelle série intra-dermique (15 injections 3/10 c. c.) commencée le 31 octobre 1930.

A la quatrième injection : la malade peut dormir, le prurit a cédé, les placards eczémateux pâlissent.

A la treizième injection : il n’y a plus de prurit, les lésions cutanées ont disparu.

La malade sort le 14 novembre, guérie.

Observation L

Mme Bret..., 78 ans, est atteinte d’un prurit généralisé avec lichénification. La malade souffrait auparavant d’un eczéma, survenu il y a quatre ans, localisé aux bras et aux avant-bras, qui, soigné par l’application de diverses pommades, s’améliorait, mais ne disparaissait qu’incomplètement. |

Depuis quatre mois progressivement cet eczéma s’est amendé pour finalement disparaître, tandis que peu à peu naissait le prurit dont se plaint actuellement la malade. Ce prurit quotidien et généralisé d'emblée, se manifestait tout d’abord à heure fixe, en général vers quatre heures de l’après-midi, et durait environ une heure; petit à petit, il s'est fait plus fréquent, pour devenir presque continu actuellement.

Page 1