Olhagaray, Histoire de Foix, Béarn et Navarre
4. Elles sont imprimées dans les Marguerites de la Marguerite.
ordinaires, ils étaient faits avec moins d'éclat par Roussel, qu’elle avait nommé évêque d’Oléron, et par un carme défroqué, nommé Solon, qui ne se recommandait guère par ses mœurs : ces prêches, il est vrai, ne proclamaient pas la Réforme de Luther ni de Calvin, maisils élevaient toujours au-dessus des dogmes de l’Église romaine la pure intelligence de l'Evangile 1.
Les ennemis de Marguerite recommencèrent leurs plaintes et leurs injures contre elle; le gardien des cordeliers d’Issoudun eut l’audace de dire en chaire qu’elle était luthérienne, et qu’elle méritait ainsi d’être enfermée dans un sac et jetée à l’eau. Ces insolentes paroles furent rapportées au roi, qui ordonna que le moine serait puni du même supplice qu’il avait jugé bon pour la reine de Navarre. Mais la populace, ameutée, empêcha le lieutenant criminel d’Issoudun, Denis du Jon, de se saisir du coupable, jusqu’à ce que, sur un nouvel ordre du roi, le moine fut tiré de son cloître et envoyé aux galères. C'était à l’intercession de Marguerite qu’il devait la vie; et le lieutenant criminel qui l’avait arrêté s’attira par là tant de haines à Issoudun qu’il se vit obligé de s’enfuir de cette ville comme suspect d’hérésie, et qu’il serait mort de misère si la généreuse Reine de Navarre ne l’eût aidé à subsister. Plus tard, ce magistrat, de retour à Issoudun, y fut massacré par le peuple, qui ne lui pardonnait pas d’avoir porté la main sur un cordelier pour la défense de la sœur du roi2.
François 1%, que les cardinaux d’Armagnac et de Grammont avaient instruit des comédies saintes, des prêches et des dispositions hérétiques de la petite cour