‹ L'hérédité chez la betterave cultivéeChapitre 10 sur 46 · LES FEUILLES ET PÉTIOLES · texte numérisé non relu

LES FEUILLES ET PÉTIOLES

Les feuilles et pétioles sont, dans les bettes ou poirées, la partie intéressante pour la consommation. Il existe une très grande différence entre les variétés sauvages à pétioles fins, et les poirées (ou cardes) à pétioles très épais. Certaines variétés de poirée ont des pétioles de 20cm de large sur 30°" de long et 3m d'épaisseur. Il y a aussi des races à cardes plus longues, mais moins larges.

Ce caractère de pétioles très épais est fixé dans les races horticoles et se montre très stable.

Un hybride de poirée et de betterave fourragère (la fourragère étant la plante femelle, et la poirée la plante mâle), nous a donné, dans la descendance, en seconde génération :

Pétioles larges : 49 plantes; Pétioles étroits : 4 plantes.

La forme des feuilles de betterave a donné lieu à des études très suivies. M. Haljmar-Nilsson à Svalôf, nous a montré des herbiers considérables de feuilles de betteraves étudiées de génération en génération. Il a aussi employé le document photographique du vérascope Richard pour suivre les différences de feuillage de ses diverses lignées.

Munerati a publié de belles photographies sur les différents types de feuilles de betterave à sucre: il a observé parfois, sur une seule betterave, les formes de feuilles les plus différentes (1). Le climat italien, plus irrégu-

(:) I est à remarquer que le feuillage n’est pas le même au début de la végétation, an printemps, au milieu de l'été, et à l'automne. Les premières et deuxièmes séries de feuilles qui se développent sont généralement plus amples que celles qui se montrent au mois d'août par exemple. L'on comprend donc qu'il y ait, dans des variétés commerciales de betteraves, de grandes différences de feuillage suivant le degré de développement des

lier que le nôtre, ne lui permet pas, pour la betterave à sucre, de conclure à la corrélation de l'abondance du feuillage avec la richesse en sucre de la racine; cependant il reconnaît, comme la plupart des expérimentateurs, qu'en général, à feuillage abondant, correspond poids de racine et richesse en sucre. Les races présentent, d’ailleurs, des différences considérables à ce point de vue; chez certaines betteraves fourragères le feuillage est relativement peu développé comparativement à la racine; chez la poirée c’est le contraire.

Nos études sur le feuillage nous ont montré la fixation rapide des caractères de feuillage des plantes mises sous isoloir. Nous avions remarqué, dès 1900, dans les betteraves à sucre allemandes issues de bonne graine commerciale, les plus grandes diversités de feuillage. Cela contrastait à cette époque d’une façon curieuse avec les races de notre sélection, qui se présentaient toujours avec une grande homogénéité à ce point de vue. Les conceptions sur l’obtention d’une race commerciale ayant changé, les feuillages de nos races se sont diversifiés. :

Dans la betterave Brock’s Giant, qui est à racine rouge, le feuillage et les pétioles sont entièrement verts. C’est un caractère très stable. Dans d’autres races analogues, le feuillage et les pétioles n'ont pas été fixés par la sélection et se présentent verts ou plus ou moins colorés dans le même champ. Chez d’autres plantes, le Blé et le Maïs, Kolkounoff (83) a établi que les différentes lignées se différencient par la grandeur de leurs cellules, caractère qui se transmet héréditairement ; il en a déduit que le même fait doit pouvoir être observé pour les betteraves; et, dans ce but, il a étudié la descendance de quatre plantes dont deux à petites cellules et deux à grandes cellules. Le résultat montra que la grandeur des cellules se transmettait héréditairement et que les betteraves à petites cellules étaient, généralement, plus riches en sucre.

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