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D.— Les bettes ou poirées. — Les poirées qui figuraient il}y a 100 ans sur le catalogue d’Andrieux, étaient la POIRÉE ORDINAIRE (Beta Cicla viridis) et LA POIRÉE BLONDE A CARDE (Beta Cicla alba); la poirée ordinaire n'avait pas le pétiole — Ia carde en terme horticole — très large ni très épais, aussi n'est-elle plus répandue de nos jours que dans la région de la Drôme, où elle est cultivée pour ses feuilles consommées à la façon des épinards (1). Elle est vendue sur le marché en petites bottes, sous le nom de « saucisson d'herbe ». La poirée ordinaire à carde, et les variétés plus récentes à très grosse carde, lui ont été substituées dans les jardins. Ce sont des races horticoles plus productives. Il subsiste cependant dans la région lyonnaise, où les poirées sont très appréciées, une race dite « poirée commune de Lyon » à petite carde très blanche, à feuillage vert blond, avec un feuillage d'environ 8ocm de hauteur. Nous ne voyons pas de différence entre cette variété et la poirée blonde (commune).
Fig. 86, — Poirée (Bette) blonde commune.
La POIRÉE BLANCHE COMMUNE des catalogues Vilmorin-Andrieux devient, en 1874, la POIRÉE BLONDE où VERTE COMMUNE (fig. 86). Il a pu se produire une hybridation fortuite qui aurait donné lieu à l’apparition de formes nouvelles. Ces bettes ont ensuite été divisées en : VERTE COMMUNE DE PARIS et BLONDE COMMUNE DE LYON. Il semble bien cependant que le type POIRÉE BLONDE (COMMUNE) soit parvenu sans modification notable, de 1771 à nos jours, tel qu'il a toujours figuré au catalogue Vilmorin; cette variété aurait donné, peut être, origine à la POIRÉE BLONDE A CARDE BLANCHE (fig. 87) (ancienne poirée à carde de Lyon) dont certaines lignées sont remarquables par l'épaisseur de la carde.
() On sait que les Japonais mangent également les feuilles de certaines variétés de betterave (voir p. 56).
DE VILMORIN Hi]
La POIRÉE A CARDE BLANCHE, indiquée par Vilmorin-Andrieux comme répandue dans les pays du nord, est une forme ancienne; nous la voyons, dès 1821, au catalogue Vilmorin.
Enfin la VERTE A CARDE BLANCHE a existé dans nos cultures depuis 1892. Les anciennes races avaient une carde moins large que la blonde à carde blanche, mais des sélections récentes lui ont donné une carde très développée, très blanche, contrastant avec le feuillage très vert. Elle tend à devenir la race la plus estimée à l'heure actuelle.
Fig. 85. — Poirée blonde à carde blanche. Fig, 88. — Poirée à carde blanche frisée.
Les noms de ces diverses variétés, qui souvent sont de simples «marques» de tel ou tel obtenteur, prêtent à confusion, d'autant plus que les races lyonnaises ne portent pas toujours les mêmes noms que les races parisiennes. En outre, ce sont des appellations horticoles qui n’ont aucun caractère scientifique ni souvent une précision suffisante. À cela, il faut ajouter la possibilité d’hybridations fortuites qui compromettent l'intégrité de la race culturale.
L’hybridation est intervenue, d’après le «Bon Jardinier » de 1856, pour apporter à la bette le caractère de la feuille frisée signalé ensuite au supplément du catalogue Vilmorin en 1858, caractère fixé dans la POIRÉE VERTE A CARDE FRISÉE et dans la POIRÉE A CARDE BLANCHE FRISÉE (/ig.88). (« Plantes Potagères », 1904), dont les feuilles sont très blondes.
Une poirée « REMONTANTE » frisée a été lancée par une maison allemande vers 1910; dans nos cultures elle est montée à graine la deuxième année sans donner de cardes,.
Les poirées de couleur ont, très généralement, été considérées comme des plantes ornementales. Les catalogues Vilmorin, à partir de 1821, indiquent des poirées à cardes rouges ou jaunes. De 1856 à 1882, Vilmorin-
fi Andrieux a vendu des poirées à CARDE ROUGE et à CARDE JAUNE DU BRÉSIL (fig. 89).
Il est difficile de savoir jusqu'à quel point ces plantes ne faisaient pas double emploi avec les poirées DU CHILt JAUNES et ROUGES (fig. 90).
Pour nous résumer, au sujet des variétés de poirées alimentaires courantes, les deux grandes divisions sont les poirées à feuille verte d’une part; de l’autre les poirées à feuille blonde.
M. Ph. Rivoire nous écrit de Lyon : « La Poirée à carde est consommée dans de très grandes proportions dans la région lyonnaise, et a fait l’objet, de la part des jardiniers maraîchers, d'améliorations successives, particulièrement au
Fig. 89. — Poirée à carde du Brésil.
point de vue de la largeur des côtes.
« La race à feuilles frisées est peu estimée à Lyon et la race maraîchère est à feuilles à peine cloquées, aussi bien pour la verte que pour la blonde.
Fig. 90. — Poirée à carde du Chili.
« Les progrès réalisés ont été importants, aussi bien dans les Poirées à feuilles vertes, que dans celles à feuilles blondes. »