INTRODUCTION
L'étude de la Betterave, dans les champs d'expériences et les laboratoires de la Maison Vilmorin, nous avait été confiée 1l y a une quinzaine d'années. Pour les betteraves à sucre, nos expériences personnelles ont commencé en 1008, par une collaboration avec notre cousin Philippe de Vilmorin, M. Levallois, chimiste et M. Hallouin, notre chef du service des cultures. Nous avons entrepris en 1910 des travaux parallèles pour les betteraves fourragères. Ces expériences se sont continuées jusqu'à la date actuelle, avec le concours successivement de M. Mottet, de M. Meunissier génétiste, directeur de notre service scientifique, et de M. Cazaubon, chimiste.
En repassant les travaux de nos devanciers nous remarquons qu'au xIXe siècle, et au début du siècle présent, de nombreux sélechionneurs ont progressivement amélioré la plante en vue de sa plus grande utilité pour l'homme et pour l'économie rurale. Peu de chercheurs se sont préoccupés de l'origine de la betterave cultivée. Ce problème n'a été étudié que tout récemment par Proskowetz et surtout Munerati.
Pour élucider cette question fondamentale, nous avons consulté un certain nombre d'ouvrages de botanique, d'agronomie et d’horticulture, compulsé les principaux herbiers de France et d'Angleterre, enfin nous avons récolté des betteraves sauvages et nous les avons cultivées. Nous consacrerons un premier chapitre aux plantes qui sont l'origine des variétés cultivées : les betteraves sauvages.
DE VILMORIN
On peut trouver des formes de transition entre certaines variétés de betteraves cultivées et les belleraves sauvages. L'observation de ces formes a donné lieu à des ouvrages que nous analyserons. Au contraire, pour les beltes (Poirées) et un certain nombre de betteraves cultivées, les formes de transihion ne sont pas connues et différents problèmes restent à résoudre. L'étude des formes hybrides et de ces divers problèmes fera l'objet du second chapitre.
Nous décrirons, dans le troisième chapitre, les betteraves et bettes les plus répandues en France et à l'étranger et nous les grouperons, autant que possible, par affinités héréditaires.
Nous montrerons dans un quatrième chapitre comment l'on a envisagé, dans la période moderne et contemporaine, la question de l'hérédité chez la betterave et celle de sa sélection. Nous donnerons enfin les résultats de nos travaux et les conclusions auxquelles nous sommes arrivés.