LES ESPÈCES BOTANIQUES; NOS NOTES PERSONNELLES
L'Index Kewensis (74) énumère 19 noms d’espèces linnéennes de betteraves et 30 autres comme synonymes. Voici les 19 espèces indiquées par l’Index avec leurs synonymes :
wo ty 9 y Eu WU I D WU WW WOW HE W w m W
atriplicifolia Rouy.
Bourgaei Coss.
eampanulata Coss.
carnulosa Gren.
chilensis Hort.
diffusa Coss. (syn. : procumbens Lange).
hybrida Andrz.
intermedia Bunge.
lomatogona Fisch. (syn. : longespicata Moq.).
macrorhiza Stev.
nana Boiss.
patellaris Moq.
patula Soland.
procumbens Chr. Sm. (syn. : hastata Desf., sylvestris Hort.). rubra Delile.
rubra Noronha.
trigyna Waldst. (syn. : Cicia Georgi, Cycla Pall.).
vulgaris Linn. (syn. : alba DC., altissima Hort., bengalensis Roxb.,
Cicla Linn., crispa Tratt., decumbens Mœnch, esculenta Salisb., foliosa Ehrenb., hortensis Mill., tncarnata Hort., lutea Hort., macrocarpa Guss., marina Crantz., maritima Linn., Noëana Bunge, ortentalis Roth. purpurea Hort., Rapa Dum., rapacea Hegetschw., rosea Hort., sakiva Bernh., séricta C. Koch, sulcata Gasp., triflora Salisb.).
B. Webbiana Moq. (syn. : pumila Link).
Parmi les espèces indiquées par l’Zndex, le Beta carnulosa Gren. (in Gren. et Godr. F1. Fr., III, 16, Gallia) paraît un synonyme de Beta erecta, lui-même variété du Beta vulgaris, L.
Le Beta campanulata Coss. est considéré par M. Maire, qui l’a étudié, comme une variété du B. patellaris Moq.
po
Nous ne les conserverons donc pas dans notre liste des espèces.
Nous n’y pouvons garder non plus le Beta chlensis Hort. et le Beta rubra Noronha : le Beta chilensis Hort. est une simple variété horticole (1). Nous ne connaissons pas exactement l’origine botanique de cette forme appelée en horticulture « Bette ou Poirée du Chili ». Nous la citons donc ici seulement pour indiquer le problème de l’origine des bettes. Elle doit sans doute, être rapportée au Beta vulgaris L. Ce Beta chilensis Hort. possède une intense coloration jaune orangé peu commune.
Le nom de Beta rubra Noronha, figure comme un simple nom, «nomen nudum », c'est-à-dire sans description botanique, dans la Relatio planlarum javensium interjactione usque in Bandon recognitarum a EF. Noronha : (Verhandelingen van het Bataviasch Genootschap der Kunsten en Wetenschapen by Pieter van Geemen, 1790), ouvrage et édition qui n'existent à notre connaissance, que dans les bibliothèques hollandaises. On ne peut donc tenir compte d’un simple nom botanique sans description d'espèce.
D'autre part, M. Van der Stok, directeur des services agricoles à Java, nous a écrit qu'il n'existait pas de Beta rubra Noronha aux Indes néerlandaises. Il ajoute : «le Dr J. JT. Smith, directeur de l’herbier, affirme que toutes les variétés du Beta rubra cultivées dans les colonies hollandaises par les horticulteurs indigènes sont importées d'Europe. La plante dégénère aux Indes et on l’importe périodiquement d'Europe. Il n'existe, dans les colonies hollandaises, aucune autre espèce du genre BETA cultivée par les indigènes (?). »
On ne peut donc retenir que 15 groupes linnéens dont voici l'énumération :
Beta trigyna Waldst.
Beta lomatogona Fisch. (B. longespicata Moq.). Beta vulgaris L. (3. maritima L.).
Beta nana Boiss.
Beta patellaris Moq., et sa variété (B. campanulata Coss.). Beta procumbens Chr. Sm.
Beta diffusa Coss.
Beta Webbiana Moq.
Beta patula Soland.
Beta macrorhiza Stev.
Beta intermedia Punge.
Beta Bourgaei Coss.
FPRORHOMHEOUx
(*) Gardeners Chronicle, t. I, 1870, p. 440.
() Nous considérons, pour notre part, que ce que le Dr J.-J. Smith appelle Bela rubra est du Bela vulgaris L., variété horticole rubra (betterave cultivée rouge; betterave à salade).
J. DE VILMORIN
Fig. . — Beta maritima en fructification, cultivé à Verrières (Voy. page 12).]
Fig. 3. — Beta maritima (Kôt de la Gabinière) cultivé à Verrières (Voy. page 12)
J. DE VILMORIN
Fig. 4. Beta maritima (polders de Bouin) (herbier Vilmorin) (Voy. page 19).
M. Beta hybrida Andrz.
N. Beta rubra Delile.
O. Beta atriplicifolia Rouv.
D'autre part, nous indiquerons une forme qui nous a frappé comme distincte dans l’herbier du Muséum de Paris, le Beta fohosa Hskn. Cette plante a un facies très particulier avec ses feuilles rondes, épaisses, alternes, ses fleurs axillaires. Le professeur Bornmüller, directeur de l'herbier Haussknecht, nous confirme que c’est un simple nom sans description botanique. La plante n’a pas été retrouvée en Orient depuis Haussknecht (PI. VII, fig. 13).
Il nous paraît donc actuellement impossible d'élever cette forme, et encore moins d’autres formes vues dans différents herbiers, à l’état d'espèces linnéennes. Il serait nécessaire, pour cela, d’avoir examiné les plantes dans leur habitat naturel, ou de les avoir cultivées en champ d'expérience; il faudrait, de plus, de nombreux échantillons d’herbier.
Nous dirons la même chose d’une forme très velue observée par M. Ducellier aux environs de Casablanca.
Quant à l'habitat des espèces énumérées ci-dessus par l’?ndex Kewensis, il est : MARITIME pour les 7 espèces suivantes :
Beta vulgaris Linn., Beta patellaris Moq., Beta procumbens Chr. Sm., Beta Webbiana Moq., Beta patula Soland., Beta Bourgaei Coss., Beta diffusa Coss.
CONTINENTAL et EUROPÉEN pour les 4 espèces suivantes :
Beta trigyna Waldst, Beta nana Poiss., Beta hybrida Andrz., Beta atriplicifolia Rouy.
CONTINENTAL et EXTRA EUROPÉEN pour les 4 espèces suivantes :
Beta lomatogona Fisch., Beta macrorhiza Stev., Beta intermedia Bunge, Beta rubra Delile.
Ces mêmes espèces sont considérées comme :
Annuelle : Beta proeumbens Chr. Sm.;
Annuelle ou bisannuelle : Beta patellaris Moq.;
Annuelle, bisannuelle ou vivace : B. vulgaris L.;
Bisannuelles : Beta patula Soland., Beta Bourgaei Coss.;
Bisannuelle ou vivace : Beta diffusa Coss.;
Vivaces : Beta trigyna Waldst., lomatogona Fisch., nana Boiss., macrorhiza Stev., intermedia Bunge, atriplicifolia Rouy;
Vivace et suffrutescente : Beta Webbiana Moq.
Nous manquons de renseignements sur deux espèces : Beta hybrida Andrz., B. rubra Delile.
Il nous est très difficile de faire la critique rigoureuse des espèces que
Te nous retenons; il faudrait, pour cela, entreprendre à nouveau toute la monographie du genre. Nous exposerons seulement ce qui suit :
Un examen des plantes en herbier permet de faire certaines observations intéressantes pouvant aider à distinguer assez facilement les unes des autres la plupart des espèces botaniques de BETA. Voici les espèces chez lesquelles nous avons remarqué des caractères très apparents.
A. Beta trigyna Waldst. — C’est une plante très développée, la plus grande du genre et tout à fait distincte dans l’ensemble.
Au jardin botanique de Montpellier elle est devenue subspontanée et vivace (fig. 5). Elle y est très vigoureuse et se reproduit abondamment. Près de Weimar, à Possenbach (Belvédère), elle s’est aussi naturalisée depuis 25 ans, d’après les renseignements qui nous ont été donnés par M. Bornmüller. (Voy. Glomérules, PI. VI, fig. 1.)
Dans l’herbier de Kew, on trouve des échantillons de B. trigyna Waldst. originaires d’Anatolie, de l'Arménie turque et de Simferopol (Crimée). Dans l’herbier Lenormand à Caen, il y a un bel exemplaire venant de Bucarest.
Proskowetz (140 et suiv.), au sujet du B. trigyna Waldst., se montre sceptique quant à la qualification d'espèce. Il le considère comme une variété cultivée retournée à l’état sauvage. Il pense que c’est par suite de l'influence du climat que ce BETA est devenu vivace. Nous ne pouvons nous ranger à son avis; les B. trigyna Waldst., que nous avons vus ou cultivés, et l'échantillon de l’herbier Ph. de Vilmorin, indiquent une plante très différente du B. vulgaris L. Nous en donnons les caractéristiques page 12.
Fron (50) a observé que, chez les BETA, l’assise génératrice libéroligneuse de la tige, qui fonctionne d’abord dans l'intérieur des faisceaux libéro-ligneux primaires, conserve son activité pendant un temps très court ainsi que chez les OBIONE et les SALICORNIA. Par contre, chez certains SPINACIA et chez le Beta trigyna Waldst., cette même assise génératrice fonctionne très longtemps, aussi bien dans l’intérieur des faisceaux que dans leur intervalle. Ce n’est que très tardivement, lorsque chez ces plantes la végétation est très avancée, que l’on voit, en certains points correspondant aux faisceaux primaires, l’assise génératrice cesser de fonctionner; des cloisonnements établis dans le péricycle, au dos du hber, viennent alors réunir les deux bords restés libres de l’assise normale.
Ce fait est d'autant plus curieux que, chez ces mêmes plantes, la racine s'accroît par des formations péricycliques qui se produisent d’une manière très”précoce, comme dans la racine du B.trigyna Waldst., par exemple. Il existe donc, à ce point de vue, chez ces espèces, une différence très nette entre la racine et la tige.
re
B. Beta lomatogona Fisch. (B. longespicata Moq.). — Plante très spéciale par ses épillets à fleurs nombreuses, serrées, ayant l'aspect, dans certains échantillons, des épis d’un Polygonum persicaria; feuilles radicales et caulinaires très longuement pétiolées. Elle présente aussi une certaine ressemblance d'aspect avec le B. trigyna Waldst. Boissier (15) l’a remarqué et il ajoute qu'il n’en diffère que parce que ses fleurs sont monogynes et non trigynes.
Proskowetz (140 et suiv.) remarque combien les feuilles radicales du B. lomatogona Fisch. ressemblent à celles du B. maritima L. Il fait une
analyse détaillée des conditions climatériques dans lesquelles ont été récoltés les échantillons de Meyer cités par Hohenacker (74).
C. B. vuigaris L. et B. maritima L. — De même que de nombreux auteurs nous ne trouvons pas de différence entre le Beta vulgaris L. et le Beta maritima XL. Tout ce que nous avons vu, tant sous une dénomination que sous une autre, pourrait être réuni. (Voy. PI. VI, #g. 2 et 2 bus.)
L’aire de dispersion de la plante est grande : nous avons vu, à Paris et à Montpellier, des échantillons d’herbier provenant des côtes de France et d’autres pays méditerranéens. À Kew nous avons vu des échantillons récoltés dans le Schleswig, puis à Malacca, sous le nom de waritima L.; d’autres provenaient du Mexique, de l'Uruguay; dans l’herbier d'Édimbourg se trouvent des spécimens provenant de Chine. Tous ces échantillons ont été récoltés dans des localités maritimes; cependant à Kew, nous avons vu un exemplaire provenant des environs du Caire, exemplaire très réduit, se rapprochant du Beta nana Boiss.; et, dans l’herbier de Montpellier, un exemplaire provenant de la Sierra del Cuarto, à 1500 d'altitude. (Voy. PI. VI, fig. 3.)
A Montpellier, nous avons vu un Beta maritima L., très filiforme, récolté au Lido (Venise).
Une variété bengalensis Roxb. paraît bien distincte : elle est beaucoup plus grêle dans toutes ses parties que les échantillons de B. vulgaris L. et cela dans tous les herbiers où nous avons pu l’examiner. Proskowetz la cite en plusieurs’ endroits et l’a même cultivée.
Au sujet de la variété Cicla L., nous avons remarqué dans les échantillons d’herbier, à Édimbourg et à Paris, comme Moquin (107) l'indique, des fleurs solitaires ou doubles plus espacées que dans aritima L. ou vulgaris L. Nous avons observé plusieurs exemplaires caractéristiques de Beta cicla L., qui portaient, en outre, une bractée foliacée de 5mm à rem à la base de chaque inflorescence. Ce dernier caractère n’est pas absolument distinctif, le Beta vulgaris L., dont l’inflorescence est d’ailleurs polymorphe, présente aussi, quelquefois, des bractées plus ou moins développées (f{g. 9, page 21).
re
D. B. nana Boiss. — Plante naine dans toutes ses parties, toujours la même dans tous les herbiers. Bien caractéristique.
E. B. patellaris, Moq. — Bien particulier par ses feuilles deltoïdes ou en triangle peu allongé, aiguës, plutôt épaisses; glomérules ronds, petits, ayant l'aspect d’une graine de Spinacia. Un exemplaire a été cultivé à Thurelles (région parisienne) par Cosson. (Voy. PL I, IT, et IIT et PI. VIT, fig. 8.)
B. campanulata Coss. — Cette espèce n’est pas décrite. Nous avons été frappé de l'aspect particulier des fruits de la plante qui se trouve dans l’herbier Cosson sous le nom de Beta campanulata (nom donné par Cosson) et qui présentent une petite collerette ligneuse campanulée, très curieuse et caractéristique.
A Kew et à Édimbourg, sur des exemplaires de Beta procumbens Chr. Sm., on trouve des fruits à sépales nettement durs et scléreux, genre « campanulata », au milieu d’autres ressemblant au dessin que nous avons fait à Montpellier d’après l’exemplaire « E. Bourgeau, plante canarienses, n° 1238 ». (Voy. PI. VIT, fig. ro et 12.)
M. Maire, d'Alger, avec lequel nous avons correspondu à ce sujet, nous écrit : «J'ai trouvé à Agadir le Beta campanulata Coss., ou du moins ce que je crois l'être, car je ne l’ai pas encore comparé avec le type.
« Cette plante, dont j'ai quelques fruits mürs, que je tâcherai de semer, me paraît être extrémement voisine du B. patellaris Moq., très commun là-bas. Je ne l’ai pas distinguée sur place; ce n’est qu'en examinant les fruits des spécimens que j'avais récoltés comme B. patellaris, que j'ai trouvé des individus à fruits conformes à votre dessin, d’ailleurs autrement tout à fait semblables au B. patellaris. Il me semble qu'il n’y a là qu'une variété à limbe étalé et non replié ».
Nous adhérons tout à fait à la manière de voir de M. Maire qui tend à ne faire du B. campanulata Coss. qu'une simple variété du B. patellaris Moq. On trouve en effet cette forme de BETA dans un certain nombre d'herbiers sous des noms divers, patellaris ou procumbens. Par exemple : Beta patellaris Moq., Montpellier, Herbier Herman Knoche (Flora Canary Islands, excursion 40, 1915, n° 681. Fuerteventura, la Matilla) : fruit identique au B. campanulata Coss., feuilles plus grandes à la base des rameaux.
Nous avons recu, du jardin botanique de Madrid, des graines sous le nom de B. procumbens Chr. Sm., identiques aux fruits du B. campanulata Coss. Nous les avons semées en mai 1923.
F. Beta procumbens Chr. Sm. —— Feuilles lancéolées, très souvent
hastées, présentant un pétiole de 1°" à 1°m,5, assez larges (5mm à 8mm),
3em à 4m de long; plante très feuillue à la base comme le remarque Chr. Smith, hampes serrées, glomérules ronds paraissant à une loge, ressemblant à ceux du B. patellaris Moq., mais avec des traces de sépales. (Voy. PL IV.)
G. Beta diffusa Coss. — Cette plante assez caractéristique présente un port diffus. Ses rameaux sont faibles, minces et allongés. Ses feuilles deltoïdes ou cordées et alternes sont peu épaisses à l'inverse du B. patellaris Moq. Ses fleurs sont axillaires et réduites.
Nous avons tenu à énumérer ces trois espèces B. patellaris Moq., B. proeumbens Chr. Sm. et B. diffusa Coss. à la suite. À part la variété campanulata Coss., très distincte par son fruit bombé et entouré d'un périgone nettement campanulé, représenté planche VIT, figure 10, ces trois espèces ont des fruits se ressemblant beaucoup. L’herbier du Muséum de Paris réunit le B. patellaris Moq. et le B. diffusa Coss. Spach a pris la responsabilité de cette identification. Gay les a réunies dans un exsiccata : « plantæ canarienses 1523 ». Les planches que nous donnons montrent trois B. patellaris Moq. : l’une (planche n° I) (Mardochée, 1875) présente une très jeune plante; la planche III, une plante à feuilles plus petites, plus épaisses; la planche II, une forme intermédiaire entre les deux premières. Le B. proeumbens Chr. Sm. (planche n° IV) est nettement distinct des B. patellaris Moq. et diffusa Coss.
H. Beta Webbiana Moq. — Cette plante se rapproche, au point de vue aspect de feuillage, du B. proeumbens Chr. Sm. Elle en a la feuille hastée mais plus étroite. Les glomérules sont ronds avec des petites traces de sépales autour du centre qui est en ombilic saillant. La face inférieure des glomérules du B. Webbiana Moq. est pentagonale (planche VIT, n° 9). Il y a de beaux échantillons d’herbier à Montpellier, Kew et Edimbourg.
I. Beta patula Soland. — Très caractérisé par ses feuilles nombreuses, linéaires (fig. 8), les moyennes mesurant 2m à 3em de longueur sur 2Mm à sum de largeur; celles du sommet des tiges plus courtes, celles de la base plus longues; les glomérules sont situés à l’aisselle des feuilles qui sont alternes; le facies de cette plante est sans doute unique dans le genre BETA. Fruit gros, plus gros encore que dans B. Bourgaei Coss.
J. Beta macrorhiza Stev. — Très distinct, en fleurs, par son périgone lacinié.
K. Beta intermedia Bunge. — C’est une grande plante à fleurs longue-
ment pétiolées, à fleurs 1-3 gynes, sessiles, sur un axe allongé. Il y en a de beaux échantillons à Kew.
L. Beta Bourgaei Coss. — Gros glomérules, feuilles petites. Typique
— {ik —
par ses fruits à disque relevé nettement en cupule autour des styles; quelques échantillons sont à fruits petits. (Voy. PI. VII, fig. 11 et 11 bis.)
Le Beta macrocarpa Guss (glomérules, fig. 1, page 16) est, selon de nombreux auteurs, identique au B. Bourgaei Coss. (et non synonyme du Beta vulgaris L., comme l'indique l'Index Kewensis). L'herbier général du Muséum de Paris réunit les deux plantes; de même l’herbier Cosson. Dans celui-ci quelques plantes portent à la fois le nom de vulgaris L. et de macrocarpa Guss. (Bourgaei Coss). L'un d’eux (x) porte cette mention :
B. vulgaris Moq., var. macrocarpa : « Subvarietas ad Betam Bourgaei vergens ». Heldreich identifie le Beta macrocarpa Guss. avec le B. Bourgaei Coss. et le déclare totalement différent du Beta maritima L. De même que tous ces auteurs, nous trouvons que le Beta macrocarpa Guss. est synonyme de Beta Bourgaei Coss. dont il a tout l'aspect.
M. Beta atriplicifolia Rouy (152). — Espèce tout à fait particulière par sa tige triquètre, profondément canaliculée. Fleurs alternes, petites, à rameaux allongés.
M. P. Monteil (106) a donné un certain nombre de caractères histologiques intéressants qui permettent de distinguer les Beta vulgaris L., martitima 1, lomatogona Fisch. et procumbens Chr. Sm.
Au point de vue histologique, Monteil établit des différences entre le Beta vulgaris L. et le Beta maritima L. Dans le premier (betterave cultivée), il trouve la cuticule de l’épiderme assez mince; plus épaisse au contraire dans le Beta maritima L. (betterave sauvage). Les faisceaux libéro-ligneux sont épars dans la nervure médiane du Beta vulgaris L.; groupés au contraire dans celle du Beta maritima L. Dans ce dernier ils ont chacun leur endoderme particulier. Les faisceaux du B. maritima L. ont un liber plus développé que dans le Beta vulgaris L., mais le collenchyme péricyclique protecteur se réduit.
Le Beta lomatogona Fisch. se rapproche beaucoup du B. maritima L., mais s’en distingue par son mésophylle à une seule rangée de cellules palissadiques.
Chez le Beta procumbens Chr. Sm., contrairement aux espèces précédentes, la nervure médiane ne comprend qu'un seul faisceau libéroligneux.
Plusieurs auteurs, dont Proskowetz (140 et suiv.), se sont occupés des betteraves sauvages. Cet auteur étudie les trois espèces indigènes aux Canaries : patellaris Moq., procumbens Chr. Sm. et Webbiana Moq.; ces deux dernières particulières à ces îles. Il émet l'opinion suivante : « les betteraves sont venues aux Canaries par l'Afrique ou les côtes médi-
(:) BaLansA, Planles d'Algérie, 1853.
Ali
terranéennes; les formes nouvelles observées aux Canaries sont le produit d’une évolution due au climat ».
Cette explication ne correspond peut-être pas à la réalité. A notre avis, il a pu ne pas y avoir évolution due au climat; mais, parmi des formes probablement hybrides parvenues aux Canaries, le climat a pu favoriser le développement de certains types qui se sont fixés; les autres formes ont disparu.
Proskowetz a cité, parmi les plantes trouvées par lui à l’état sauvage, à Locrana près d’Abbazia, toute une colonie de betteraves (Beta maritima L.) dont certaines étaient rouge intense. Il décrit même en détail un exemplaire de 1,50 de haut, coloré de rouge, et à côtes développées. Il nous semble bien possible que cet exemplaire, qui tranchait comme vigueur et aspect avec ses voisins, ait été un simple hybride.
Munerati dans plusieurs ouvrages, et spécialement dans « Osservazioni sulla Beta maritima L. », s'est occupé aussi en détail de la betterave sauvage. Nous analyserons ses très importants travaux au Chapitre IV.