‹ L'hérédité dans les maladies du système nerveuxChapitre 9 sur 109 · FILLE FILLE FILS · texte numérisé non relu

FILLE FILLE FILS

voleur.

voleur, voleur.

voleuse, voleuse, voleur.

bien.

FILS

voleur.

L’hérédité de la tendance au vol est devenue aujour-

(1) Fait de Gama Machado, rapporté par Ribot (/oc. cit., p. 97).

(2) Maudsley, cité par Ribot (Inc. cit., p. 98).

d’hui de connaissance vulgaire, l’exemple précédent, emprunté à Despine (1), est on ne peut plus démonstratif, et il serait facile d’en rapporter d’autres tout aussi probants. Comme nous le verrons plus loin, à propos de la folie, certaines formes d’aliénation mentale, la folie morale entr’autres, présentent de grandes analogies avec d’autres états psychiques, que l’on rencontre en général chez les criminels. Les antisociaux de Maudsley sont, comme le fait remarquer cet auteur, souvent voués à la folie, et on peut dire que la plus grande partie des criminels sont moralement imbéciles. Beaucoup sont sujets à des explosions de violences, à dos terreurs nocturnes, à des perversions de l’idéation, à des conceptions délirantes. Un certain nombre sont ou deviennent épileptiques, d’autres aliénés. Les troubles mentaux s’observent du reste assez souvent chez les prisonniers, mais la proportion n’en est cependant pas très considérable [Coindet (2), Lelut (3), Guys (4), Thompson (5)]. Il est certain qu’il existe toute une catégorie de criminels, appartenant, nous le verrons plus loin, à la classe des dégénérés au moral comme au physique et qui, comme le fait remarquer Thompson, présentent un type spécial « reconnaissable même au centre des prisons (6) », mais tous sont loin d’offrir de semblables caractères et, aujourd’hui, il est bien diffi-

(1) Despine, Psychologie Naturelle , t. II, p. 410.

(2) Coindet. Observations sur l’Hygiène des condamnés détenus dans la prison pénitentiaire de Genève. (Annal. d’Hyg. 1838, t. XIX, p. 273. Coindet a trouvé 13 cas sur 329 détenus 4, 5 0/0.)

(3) Lélut, De l’Influence de l' Emprisonnement cellulaire (Ann. méd. psych., t. III, p. 392. (Lelut a constaté 0,8 0/0 d'aliénés dans le dépôt des condamnés. L’enquête de 1844, portant sur tous les prisonniers de France a donné 2 0/0 à peu près, 339 aliénés sur 18.845 prisonniers).

(4) Guy, liésults of censure of the population of Convicts prisons of England, taken in 1862 and 1873 (38 sur 1.000 femmes, 3 0/0; 30 sur 1.000 hommes, 3 0/0.)

(5) Thompson, Journal ot Mental Science, 1870 : 1,71 0/0.

(6) Loc. cit.

L’HÉRÉDITÉ DANS LES MALADIES

cilo de faire rentrer tous les criminels dans la catégorie des malades atteints d’affection mentale. C’est cependant là une tendance à laquelle nous sommes logiquement amenés, si l’on admet que l’état psychologique morbide commence, lorsque le moi tombe au-dessous d’une certaine moyenne, et ne peut plus réagir contre les différentes incitations qui viennent l’assaillir. Or, le moi est la résultante de deux facteurs, de l’état héréditaire du sujet d’une part, de l’éducation d’autre part, mais surtout du premier. C’est en verLu de l’hérédité, que tel ou tel individu naît avec telles ou telles aptitudes ; le milieu peut jouer un grand rôle dans le développement ultérieur de ces dernières, mais il ne peut agir que sur un terrain préparé d’avance, car l’influence héréditaire reprend tôt ou tard le dessus. On a cherché sans grand résultat à tracer les limites entre le crime et la folie : « Entre le crime et l’insanité, il existe une zone neutre : sur un des bords on n’observe qu’un peu de folie et beaucoup de perversité ; à la limite opposée, la perversité est moindre et la folie domine » (Maudsley) (1). Cette zone neutre est d’une délimitation plus facile à établir en théorie qu’en pratique, il est vrai qu’elle constitue un dernier refuge, contre l’automatisme cérébral et le fatalisme qui est inscrit à la base de cette doctrine. Liberté, volonté, responsabilité ne se présentent plus aujourd’hui avec leurs caractères d’autrefois. Peu importe au fond, que l’homme ne soit pas libre dans le sens propre du mot, les conséquences sociales de cette nouvelle acception n’en seront point changées, car la société a le devoir de se préserver bien plus qu’elle n’a le droit de punir (2). Comme l’a très juste-

(1) Maudsley, Le Crime et la Folie (4° édition, p. 32), Paris, 1880.

(2) La théorie de Yatavisme du crime a été soutenue par plusieurs auteurs entre autres par Jacoüy ( Considérations sur les Monomanies impulsives

ment fait remarquer Féré, « le vice, le crime et la folie ne sont séparés que par des préjugés sociaux; ils sont réunis par leur caractère de fatalité. Si on répugne à accepter cette parenté intime, ce n’est pas faute de preuves scientifiques, mais à cause des conséquences pratiques qui se présentent immédiatement à l’esprit » (1).

La transmission héréditaire des psychoses, est une vérité aujourd’hui universellement acceptée, et l’hérédité exerce son action sur toutes les formes de vésanie, que l'on peut rencontrer dans les affections mentales. Aussi en prononçant le mot : aliénation mentale, implique-t-on par cela même l’idée d’une affection essentiellement héréditaire. Cette hérédité des psychoses peut être directe ou indirecte, similaire ou dissemblable, mais elle est à la base de toute affection mentale, et l’on peut dire aujourd’hui que la folie, quelles que soient ses formes, est une affection toujours héréditaire. C’est là une conclusion à laquelle on est forcément amené, si l’on tient compte, chez les ascendants ou les collatéraux, de l’existence non seulement de la folie, mais encore des névroses, du tempérament né-

Bcrne, 1868). Pour cet auteur, le crime n’est point le réveil des instincts, ni le résultat de la dégénérescence mentale, mais bien au contraire, « un cas de recul dans la marche du progrès ethnique, un pas en arrière, un retour à l’état de sauvagerie et d’idiotie morale, d’indifférence et d’insensibilité stupide de nos ancêtres des époques préhistoriques, état mental dont nous voyons, jusqu'à un certain point, l’analogue chez beaucoup de peuplades sauvages ». (Jacoby, Études sur la Sélection, etc., le Talent, p. 492- Paris, 1881). On peut faire à cette théorie, les mêmes objections qu’à la théorie atavique de la microcéphalie. L’association si fréquente du crime avec les névroses et les vésanies, plaide, comme l’indique Féré, contre cette idée ( loc . cit., p. 19), de même que l'association, de malformations diverses chez le microcéphale, plaide contre l’atavisme de la microcéphalie. Les naturalistes, et en cela iis sont logiques, ne considèrent que les arrêts de développement, se produisant à telle ou telle période de la vie embryonnaire, mais ils ne tiennent pas assez compte des altérations pathologiques qui peuvent se produire chez le foetus, sous l’influence de différentes causes morbides.

(1) Féré loc. cit. p. 16

vropathique (neurasthénie), des bizarreries ou des excentricités du caractère, des vices, du crime et même parfois du génie, car, ainsi que l’a montré Moreau (de Tours) (1), il n'est pas très rare de rencontrer des cas d’imbécillité, d’idiotie, ou d’aliénation mentale, dans la famille d’hommes doués d’une grande supériorité intellectuelle (2).

(1) Moreau (de Tours), La Psychologie morbide dans ses rapports avec la Philosophie de l'histoire, Paris, V. Masson, 1859.

(2) C’est pour n’avoir pas tenu compte de ces différentes particularités, que les auteurs fournissent des statistiques aussi peu concordantes :

Burrows, 12 0/0; Esquirol, 25 0/0 chez les pauvres, 5G 0/0 chez les riches; Parchappe, 12 0/0; Guislain, 25 0/0; Griesinger, qui ne considère comme héréditaires, que les cas dans lesquels un des générateurs était fou au moment de la procréation, donne 5 ou 6 0/0; Tigges, 40 0/0; Legrand du Saulle, 40 à 42 0/0; Tuke et Bucknill, 25 0/0; Howc, 84,52 0 0; Moreau, 90 0/0.

Une des statistiques les plus étendues que nous possédions, car elle porte sur 22.778 personnes soignées en 1877, dans les asiles d’aliénés de la Prusse, donne les résultats suivants : Ces 22.778 aliénés se décomposent comme suit, au point de vue de l’hérédité :

Hérédité méconnue ou douteuse 3.339 14,66 0/0

Hérédité non indiquée 8.763 38,47 0/0

Sur les 10.676 restants (46,87 0/0).

Hérédité avouée 6.369 27,96 0/0

Hérédité niée 4.307 18,91 0/0

Dans les 6.396 cas (27,96 0/0), l’hérédité se décompose de la façon suivante :

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FRÈRES ET SŒURS des

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