‹ L'héréditéChapitre 11 sur 61 · N + N DA N LÀ · texte numérisé non relu

N + N DA N LÀ

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Fig. 3. — Schéma montrant une distribution théorique des génotypes à l'intérieur d’une population (d’après Lane). Au-dessous, inefficacité de la sélection pratiquée dans deux

génotypes extrèmes.

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reste plus qu'à employer la même méthode pour obtenir, des formes à grains de plus en plus gros ou de plus en plus petits jusqu'à une certaine taille limite. Pour cela, choisissons à nouveau dans la descendance des gros grains, formés de graines comprises entre 40 et 90 centigrammes, les grains les plus lourds, ceux qui appartiennent à la classe 86-90 et, d'autre part, les plus petits, compris entre 36 et 40, et semons-les. Or, contrairement à ce que l'expérience précédente permettait, semble-t-il, de prévoir, les descendants de ces grains présentent exactement la même courbe de variabilité que les parents et dans les deux cas. On peut vérifier que, quel que soit le poids des grains pris comme parents, qu'ils appartiennent aux catégories les plus légères, les plus lourdes ou de valeur moyenne, le résultat reste toujours le même et qu'il en est ainsi pendant autant de générations que l'on voudra. La sélection est désormais parfaitement inefficace (fig. 3).

On peut ainsi, dans une population, isoler par sélection une série de lignées, maintenues pures par autofécondation ; une fois séparées du reste de la population, elles se montrent indéfiniment stables et n'offrent plus aucune prise à la sélection. Ces lignées pures, stables, sont ce que l’on appelle encore les génotypes ou espèces élémentaires. Certaines espèces linnéennes renferment en réalité des centaines de ces espèces élémentaires constantes que l'on peut isoler, et c'est parce qu’une espèce linnéenne comprend ainsi un grand nombre de ces types élémentaires, qu'elle donne une impression de variabilité de grande amplitude et continue.

Cependant, ce qui est stable, dans une lignée pure, ce n'est pas un type absolument rigide, exactement reproduit dans tous les descendants, c’est une certaine courbe de variabilité caractéristique. Dans l'exemple des haricots cité plus haut, l’une de ces lignées forme des grains dont le poids oscille entre 40 et 90 centigrammes avec 66-70 comme poids le plus fréquemment réalisé. Une autre de ces lignées a des grains dont les poids sont compris entre 25 et 65 centigrammes. Il y a dans une population beaucoup d’autres lignées intermédiaires que l'on peut également séparer.

La variabilité que présente une même espèce élémentaire, et qui se traduit par une courbe constante, tient certainement à ce que les divers grains ne se forment jamais dans des conditions identiques. La grosseur des grains dépend de facteurs multiples, tels que les conditions d’éclairement de chaque pied, le nombre et la dimension des feuilles, le nombre des gousses, celui des grains dans chaque gousse. Suivant les façons multiples dont ces facteurs sont combinés, un grain recevra beaucoup de nourriture, un autre moins, avec tous les intermédiaires possibles. Il est évident que les conditions les plus favo-

rables et les conditions les plus défavorables ne.

seront que rarement réalisées. Pour la plupart des grains, au contraire, seront établies des conditions moyennes qui détermineront le poids moyen qui représente généralement celui de la classe la plus fréquente. Nous saisissons ainsi sur le vif l'action des conditions extérieures dans la réalisation du type apparent de chaque individu, de ce que l’on

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