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FO ON

X{(m) — O et malades

On comprend ainsi que la maladie réapparaisse, dans ce cas, dans la moitié des descendants mâles.

2° Si une fille, ayant eu un père malade, c’est-àdire porteuse de l'anomalie, X(S) — X(m), épouse un homme malade X(m) — O, ce que peut facilement réaliser une union consanguine, on constate que la moitié des filles et des garçons sont malades, l’autre moitié étant formée d'individus sains. En voici l’explication :

FA (®) X{S) — X(m) X X(m) — O (T)

X(S) X(m) = X(S) — X(m) Q saines, porteuses de m F: X(m) X X{m) = X(m) — X(m) ® malades

X (97.7 OUMETENST 2 0 GO sains

X(m) O =, X(m) — O C malades

3° Si une des filles malades, nées d’une semblable union, épouse un homme sain, tous ses fils seront malades et toutes ses filles saines, mais porteuses de la maladie. Le schéma suivant rend compte de ce résultat :

F: X(m) x X{S) = X(S) — X{m) © saines, porteuses de m X{(m) X O = X(m) — O C malades

X(m) — X(S) ® saines, porteusés de m

4° Si enfin une fille malade X(m) — X(m) épouse un homme malade X(m) — O, tous leurs enfants seront malades sans distinction de sexe

F1 X(m) X X(m) = X{(m) — X(m) ® malades X(m) X O = X(m) — O C malades

On voit, par cet exemple, quelle lumineuse explication la Génétique peut donner de ces cas complexes, qui ont si longtemps dérouté la sagacité des médecins.

Devant les progrès de la science de l'hérédité, beaucoup d'hommes, ayant voué leur activité à l'amélioration de la race humaine, ont jeté les bases d'une science nouvelle, l’'Eugénique, qui se propose, entre autres choses, d'éliminer, par un contrôle judicieux des unions, certaines de ces maladies héréditaires qui sont un fléau de l'humanité. Quelques-uns ont proposé une législation prohibitive ; d’autres croient suffisant d'éclairer le public sur le danger de certaines unions. Il semble que l’on puisse d’une façon générale s’en tenir aux indications suivantes. Les individus, porteurs de maladies dominantes, étant assurés de transmettre leur maladie à au moins une partie de leurs descendants, l’abstention serait pour eux la seule règle de conduite. Les individus, ayant eu des ancêtres porteurs de maladies récessives, doivent savoir qu’une union consanguine a des chances d'être néfaste pour quelques-uns de leurs descendants.

On a quelquefois objecté que certaines maladies ou malformations héréditaires étaient des conséquen-

ces éloignées d'infections, telles que la tuberculose, la syphilis ou d’intoxications comme l'alcoolisme. Ces constatations ne sauraient avoir la valeur d'une objection à l'existence d'une hérédité mendélienne de ces maladies. L'alcool, les poisons syphilitique ou tuberculeux sont sans doute la cause directe ou indirecte de l'apparition de la maladie dans une lignée jusqu'alors saine, c’est-à-dire de la transformation d'un facteur en un allélomorphe conditionnant l’état pathologique. Les poisons incriminés, s'ils ont été la cause de cette variation, n’ont plus rien à faire avec sa transmission héréditaire. Une fois le changement factoriel établi, celui-ci est hérité, comme nous l'avons vu, suivant les lois mendéliennes.

On parle souvent chez l’homme d'hérédité de tendance, de constitution. Par exemple, la diathèse arthritique, correspondant à un certain trouble du métabolisme, pourrait se traduire, tantôt par de la migraine, tantôt par la goutte, tantôt par des troubles vasculaires. Nous ne savons encore rien de précis sur la nature et le mécanisme de ce type d'hérédité. Rien ne permet actuellement de le rattacher à l’ensemble des phénomènes d'hérédité factorielle.

Ces considérations sur l'hérédité pathologique m'amènent à dire quelques mots des relations de l'hérédité avec !a question si complexe du cancer. On sait que les statistiques humaines n'ont encore rien

permis d'établir de certain sur la question de savoir si le cancer est une maladie infectieuse ou une tare

héréditaire (1). Il faut d’ailleurs remarquer que, dans cette dernière éventualité, l'apparition d’une tumeur maligne pourrait être liée à la réunion, dans un même patrimoine héréditaire, d'un certain nombre de facteurs récessifs. Dans ce cas, il ne devrait presque jamais y avoir hérédité directe, c'est-à-dire réapparition chez les descendants de première génération, à moins que les deux parents ne soient cancéreux.

Il n'a été fait que bien peu d'expériences pour rechercher si les cancers des animaux de laboratoire, tels que ceux de la souris, du rat, sont héréditaires. Des souris, provenant de mères cancéreuses, ont été élevées pendant 2 ou 3 ans par BorREz ct, bien qu'ayant pullulé abondamment, n'ont pas permis de constater l'apparition de cancers spontanés. Les résultats de BASHFORD ne sont pas concluants, mais ces essais, n'ayant pas été faits suivant les méthodes précises de la Génétique, mériteraiïent d'être repris. Des recherches de TYssEer semblent avoir montré que certaines races de souris ont une plus grande aptitude à présenter du cancer, mais les observations portent sur un nombre trop restreint d'animaux.

Les recherches de LaTHrop et L. LoEB (1919) et de L. Loeg (2, 1921) leur ont permis d'observer des lignées de souris qui présentent des pourcentages très différents de cancer de la mamelle. Le pourcentage de sensibilité de chaque lignée ou famille est caractéristique pour chacune d'entre elles. L'âge d'appari-

(1) Voir cependant l'interprétation des résultats statistiques donnée par Micne (1928).

tion des tumeurs se transmet aussi par hérédité, Les auteurs pensent que l'hérédité cancéreuse dépend de facteurs multiples pouvant présenter de nombreux états allélomorphes,

Les recherches les plus étendues sur l’apparition spontanée du cancer chez la souris sont celles de M. SLyE /1) et de ses collaborateurs (1916, 17, 26), Les résultats, basés sur un matériel de 34.000 souris environ, sont les suivants. fl existe des lignées qui ont régulièrement produit 100 p. 100 d'individus cancéreux ; d’autres présentent un pourcentage de cancers inférieur mais caractéristique pour chaque famille ::60:p. 1400, 30 p.100, 5: p:100;-etc:-#enfin, d'autres lignées n'ont jamais présenté de cancers. De plus, certaines lignées ont presque exclusivement des cancers du peumon ou des cancers de la mamelle ou des tumeurs de l'ovaire ou du foie. Le rôle de l’hérédité ne paraît pas douteux ; elle précise en particulier la localisation des néoplasmes. On retrouve dans les diverses races humaines des susceptibilités différentielles de même ordre (PrrrARD, 1926), ainsi que des localisations privilégiées (2).

Des recherches sur un animal très éloigné de l'homme, surla drosophile, ont apporté aussi la preuve de l'existence de tumeurs malignes ou bénignes héréditaires. BripGes signala, en 1916, l'apparition, dans une race de celte mouche, d’une mutation amenant la mort de la moitié des mâles. Cette

(r) Journal ,0f "Cancer Research, 21/1916 r0 rene 1926 et Jour. of. med. Research, XXX et XXXII, 1915.

(2) Mémoires du globe, LXV, Genève, 1926. Voir aussi WuxrMan (Journ. of. Cancer Research, IV, 1919).

mutation est liée à un facteur « léthal 7 » situé dans le chromosome X. Ce facteur détermine la mort de la moitié des mâles, ceux qui ont le facteur léthäl récessif, dans leur chromosome X. Il y a des femelles porteuses hétérozygotes X (N) — X (1). Croisées avec des mâles normaux, X {N) — O (les seuls qui peuvent se reproduire) elles donnent la descendance suivante :

P (@} X(N) — X{) x X{N) — O () : XEN) X(N) — © normales F X(N) O = normaux : X{() X X(N) — © normales, porteuses de L X (1) O — léthals (meurent)

Dans cette descendance, on constate que la moitié des larves mâles meurent avant la pupaison et présentent des tumeurs mélaniques, d'abord translucides, puis brunes, et enfin noires. Le nombre de ces tumeurs, étudiées par M.-B. STARK (2, 1919) est variable (de 1 à 16) ; lorsqu'elles sont nombreuses, la plupart proviennent de métastases, Elles se déve. loppent généralement aux dépens des disques imaginaux, C'est-à-dire des cellules qui, pendant la métamorphose, doivent former les organes de la mouche adulte. Ce sont des formations épithéliales, à grandes cellules polyédriques, entourées à la périphérie de lames de pigment (fig. 47). Diverses expériences semblent indiquer que la mort est due à un phénomène d'intoxication par ces néoplasmes,

On peut inoculer la tumeur par injection de cellules en suspension dans le liquide de LOCKE, soit à des larves, soit à des mouches adultes. La tumeur

se développe au point d'inoculation, en conservant ses caractères On observe des anomalies caryocinétiques comme dans les cancers de Mammifères. Les

So

. ot

. 47. — Coupe à iravers un cancer héréditaire de la drosophile (d’après M.-B. STARK).

essais de culture en condition aérobie et anaérobie

n'ont donné aucun résultat. D'ailleurs, la tumeur se

produit même dars les élevages aseptiques. IN n'ya

aucun doute que cette apparition est exclusivement conditionnée par un certain facteur génétique (M.- B. STARK, 3, 1919).

Dans la même lignée, a apparu une tumeur très semblable comme structure, mais qui est bénigne. De plus, elle survient aussi bien chez les femelles que chez les mâles et se trouve conditionnée par un gène, situé dans le 3° chromosome (M.-B. Srark, 4, 1919). Les larves, opérées de leur tumeur, se transforment en mouches saines, mais qui n'én transmettent pas moins leur particularité pathologique à leurs descendants.

Ces faits extrêmement intéressants montrent indiscutablement qu'il existe des tumeurs, plus ou moins comparables à des cancers, ne relevant comme origine que de particularités génotypiques.

Quelques auteurs ont étudié une autre face du problème : l'aptitude de certaines races à tolérer la greffe de tumeur cancéreuse. Il y a, à ce sujet, des races réfractaires et des races réceptives. On entretient, dans les laboratoires, un certain nombre de cancers de la souris (tumeur B de l'Institut Pasteur, tumeur Ehrlich Il, tumeur Jensen, tumeur japonaise, etc.) que l’on conserve par greffes successives d'individus en individus. Ces greffes se développent sur place, peuvent s’accroître au point de tuer le porte-greffe, mais le cancer ne se propage pas au tissu de l'hôte (1). C’est donc toujours la tumeur de l'individu initial qui prolifère indéfiniment.

(1) Sauf peut-être le cas de transformation sarcomateuse

du stroma fourni par le porte-greffe à une greffe de carcinome.

Pour faire une expérience correcte, il faudrait pouvoir comparer la réceptivité de telle ou telle race, non seulement à la greffe de la tumeur, mais encore à la greffe de tissus sains provenant du même animal. Or, les animaux cancéreux qui ont fourni la tumeur étant depuis longtemps disparus, celte recherche est toujours impossible. Il convient de noter que les variations de réceptivité des différentes races à la greffe de tumeur ne sauraient décider entre la théorie parasitaire et la théorie héréditaire du cancer. CUÉNOT (3, 1908 ; 6, 7, 1910), puis CUÉNOT et MERCIER (1909) ont eu entre les mains deux lignées inégalement réfractaires à la greffe de la tumeur B (carcinome). Une lignée fortement réceptive donne 80 à 100 p. 100 d’inoculations positives ; une autre lignée faiblement réceptive ne donne que 0 à 20 p. 109 de succès. La réceptivité paraît indépendante du sexe et de la couleur de la peau. La prupriété réfractaire est une propriété de la lignée, non des individus. Ainsi, dans la lignée réfractaire, les individus qui ont cependant permis à la greffe de se développer, lèguent à leurs descendants le degré caractéristique d'immunité de la lignée. Inversement, les individus réfractaires lèguent à leurs descendants le même degré de réceptivité. Les carac- . tères réceptivité et immunité ne forment pas cependant un couple mendélien.

TyzZER (1, 2, 1909) a aussi rencontré des lignées réfractaires et des lignées réceptives. Telle lignée . (Providence), qui est réceplive pour la tumeur Ehrich IT dans 30 p. 100 des cas, se montre entièrement réfractaire à la tumeur Jensen. LiTTLe C. (1920) a

constaté qu'un sarcome, apparu dans des élevages de souris japonaises valseuses, peut être greffé avec 100 p. 100 de succès à cette même lignée qui est éminemment réceptive. D'autres lignées sont hautement réfractaires : la tumeur ne prend que dans 11 p. 100 de cas ; encore croît-elle lentement et finitelle généralement par disparaître. Les hybrides entre les deux races sont aussi sensibles que leurs parents réceptifs : la sensibilité se comporte ainsi comme un caractère en partie dominant. Ces hybrides, croisés avec le parent réfractaire, donnent des descendants chez lesquels on n'observe plus que 17 pour 100 de réussites.

Les expériences de Rorro (1920) ont montré des faits analogues chez les rats. Leur intérêt résulte de ce qu’elles semblent indiquer un lien entre la réceptivité à la greffe de tumeurs et l'apparition spontanée de celles-ci. Une race de rats blancs, ayant fourni 28 tumeurs spontanées sur 10.000 individus, est presque universellement réceptive pour la greffe de ces tumeürs. Une autre lignée de rats blancs, n'ayant jamais présenté de tumeurs spontanées, n'est réceptive que dans 5 p. 100 des cas. Mais ces différences ne tiennent-elles pas à la différence de lignées ? C'est là que la greffe de tissus sains aurait constitué le contrôle nécessaire. La greffe ne réussit jamais chez les rats sauvages. Dans les individus d’origine hybride, la greffe réussit presque à coup sûr chez les blancs, dans 65 p. 100 des cas chez les tachetés, jamais chez les noirs. Il faut rapprocher de ces faits les résultats de LEO Lor (1898) qui à montré que la greffe d’épiderme d'animal albinos sur

animal coloré est résorbée, tandis que la greffe d'épiderme d'animal coloré sur albinos réussit et persiste

* En résumé, ces expériences sur la réceptivité n'aboutissent à aucune conclusion précise parce qu'on n'a jamais étudié parallèlement la réceptivité d'une lignée par rapport à une tumeur maligne et à une greffe de tissus sains ayant la même origine.

* CES

Pour envisager dans son ensemble le problème de l'hérédité et de la genèse des cancers, il faut se souvenir que tout caractère phénotypique peut résulter, soit de l'action des conditions internes (gènes), soit de celles des agents externes, soit enfin de l’intervention simultanée des deux sortes de facteurs.

La production de cancers sous l'influence d'actions irritatives externes n’est plus douteuse : on connaît le cancer des. épiciers, le cancer des ramoneurs, les cancers bilharziens de la vessie ou du rectum, liés à la présence de Trématodes parasites, etc. On sait aujourd'hui produire le carcinome de l'estomac, dans certaines races de rats, par l'ingestion de larves du Nématode Spiroptera neoplastica (1) (FIBIGER, 1923). On provoque aisément des épithéliomas de la peau chez la souris au moyen de badigeonnages au goudron. Il y a donc toute une série d’influences irritatives auxquelles certaines espèces répondent par la cancérisation des tissus.

- (1) J. Fisicer : Congrès du Cancer, 1923.

D'autre part, les recherches de SLYE sur les souris mettent hors de doute l'apparition de cancers spontanés — au moins en apparence — dans la genèse desquels ce sont les facteurs génétiques qui jouent le rôle essentiel. Dans chaque lignée on observe un pourcentage, une localisation, un âge d'apparition des néoplasmes qui sont caractéristiques, qui traduisent, par conséquent, des potentialités héréditaires dissemblables. Nous ne savons pas si Ces cancers sont réellement spontanés. Il est plus probable que la mutation somatique qui les caractérise est déclenchée par l’une ou l'autre de ces irritations banales auxquelles la plupart des tissus sont constamment exposés. Toutefois, comme ces causes d'irritation sont les mêmes pour tous les élevages normaux, on es forcé de reconnaître que certaines lignées y répondent par la cancérisation tandis que d’autres restent indemnes : le rôle de la constitution héréditaire n'est donc pas douteux.

Enfin, les résultats obtenus chez la drosophile apportent la preuve de l'existence de néoplasmes malins ayant une origine purement génétique.

Il semble, en définitive, que nous puissions attribuer à la cancérisation trois origines qui ne sont nullement exclusives l’une de l’autre et distinguer :

1° Des cancers héréditaires survenant en dehors de toute cause irritative ;

2° Des cancers déclenchés par des actions extérieures banales, à condition que les organismes aient la constitution génétique adéquate (cas paraissant le plus fréquent) ; le patrimoine héréditaire peut alors

régler le pourcentage, la localisation et l’âge d’apparition des tumeurs ;

3° Des cancers relevant uniquement de causes irritatives particulièrement puissantes (rayons X, goudron, certains parasites), susceptibles d'agir sur des constitutions assez différentes. Encore le comportemént dissemblable des espèces et parfois des races met-il en évidence l'importance du terrain, c’est-àdire de la constitution génétique.

De toutes facons, la formule du patrimoine héréditaire représente une des conditions nécessaires à la production de tumeurs malignes. Toutefois, le problème du Cancer ne peut être abordé avec fruit que si l'on a toujours présente à l'esprit la dualité d'action

des facteurs externes et internes dans la réalisation

de n'importe quelle particularité morphologique, physiologique où pathologique.

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