‹ L'hérédité et les grands problèmes de la biologie généraleChapitre 106 sur 300 · HÉRÉDITÉ COLLATÉRALE · texte numérisé non relu

HÉRÉDITÉ COLLATÉRALE

ressemblance entre V enfant et ses parents : tout est possible, depuis une différence si grande quil n’y ait aucun trait commun entre eux et lui , jusqu'à une presque identité entre lui et V un quelconque d'entre eux , en passant par tous les intermédiaires de mélange des caractères et de combinaison des ressemblances.

b) Hérédité collatérale ou ressemblance avec les parents collatéraux

Les faits cle ressemblance entre cousins, ou d' oncles ou tantes ave leurs neveux ou nièces, sont connus cle tous, et tout le monde est d’accord que les trait s communs ne peuvent venir que par hérédité directe d’un ancêtre commun. Mais il ne suffit pas d’une ressemblance entre collatéraux pour qu’il y ait hérédité collatérale, bien que plusieurs auteurs définissent la chose ainsi. S'il y a un ancêtre commun qui ait eu les traits que l’on trouve communs entre les collatéraux, c’est une double hérédité directe et rien de plus. Pour qu'il y ait vraiment hérédité collatérale, il faut que les traits communs ne se retrouvent pas dans un ancêtre commun, comme si le collatéral le plus âgé était le seul parent dont le collatéral cadet pût tenir sa ressemblance. Gomme le bon sens indique que cela ne se peut pas, il semble qu il y ait là une difficulté insoluble. La connaissance des caractères latents rend la chose toute simple à comprendre. L’hérédité collatérale n’est rien de plus que la transmission à, deux collatéraux, par leur ancêtre commun, des caractères (pii sont restés latents chez celui-ci. La transmission des caractères latents ayant été démontrée plus haut, l’hérédité collatérale n’a plus besoin ni d’exemples ni d’explications1.

1 Lucas (50) en cite un cas typicpie.

Un homme bien conformé a des collatéraux affectés de bec-de-lièvre. 11 se marie deux fois et a, de sa première femme, onze enfants à lèvre fendue et de la seconde deux affectés, l'un et l’autre, de cette difformité. La chose est encore plus fréquente et plus aisée à comprendre pour les maladies, car il y a là toujours une cause occasionnelle qui laisse le caractère latent, si elle n'intervient pas pour faire passer la tendance latente à l'état de fait confirmé.

Lnfin, Darwin (73) trouve et montre par des exemples que la règle suivante

souffre peu d’exceptions : les variations qui apparaissent pour la première fois, chez un individu de l’un ou de l’autre sexe, à une époque tardive de la vie, tendent à ne se développer que chez le produit du mêmesexe; tandis que celles qui se produisent pendant l’enfance, chez un individu de l’un ou de l’autre sexe, tendent à se développer chez les produits des deux sexes. D’où ce corollaire: quand un caractère apparaît de bonne heure chez le jeune, il est commun aux deux sexes; et, réciproquement, tout caractère spécial à un sexe apparaît tard. Ainsi les cornes des rennes appartenant aux deux

LES FAITS

c) Réversion et atavisme.

On a désigné sous le nom d’atavisme trois choses fort différentes (*) .

1° La transmission, dans une famille, de caractères individuels qui, après avoir fait défaut pendant quelques générations, réapparaissent subitement ;

2° La réapparition plus ou moins régulière, dans une race, de caractères qui appartiennent normalement à une race voisine, dont la première provient par des croisements pertinemment constatés;

3° L apparition exceptionnelle de caractères tératologiques pour la race où ils se montrent, mais qui sont normaux dans des races que l’on suppose être les ancêtres de celle-ci.

Nous les distinguerons sous les noms d 'atavisme de famille , atavisme de race , atavisme tératologique . Autant les deux premiers sont certains, autant le dernier est sujet à contestation.

a. A tavisme de famille. — La ressemblance d’un enfant avec un grandpère ou un aïeul, sans ressemblance avec les parents intermédiaires, est un fait assez fréquent. Nul ne le conteste et ce serait perdre son temps que lui consacrer de longs développements. 11 s’explique d’ailleurs sans difficulté, comme l’hérédité collatérale, par les caractères latents. Les caractères communs à l’aïeul et à l’enfant sont restés latents chez les parents intermédiaires L

g. Atavisme de race. — Cette forme a été étudiée avec beaucoup de

sexes, apparaissent à quelques semaines, tandis que celles des cerfs qui appartiennent aux mâles seuls ne se montrent qu’à un an.

1 De Quatrefages (64) cite le cas, officiellement constaté, d’un métis issu d'un blanc et d'une négresse et qui, étant entièrement noir, eut d'une négresse une fille entièrement blanche comme son père.

On cite parfois comme exemple d'atavisme la transmission de certains traits pendant de longues générations, comme le nez des Bourbon par exemple. On sup-

pose que c’est le nez de quelque ancêtre qui réparait ainsi dans une longue suite de descendants. C’est mal comprendre les choses. Ces cas appartiennent à l'hérédité directe et doivent être cités seulement comme exemples de force héréditaire ou de prédominance d’un des parents. Pour qu’il y ait vraiment atavisme, il faut que la transmission ait été interrompue pendant au moins une génération .

On trouvera dans les auteurs de nombreux exemples de maladies et d’hémitéries ayant sauté plusieurs générations.

(*) Sur ce qu'il convient d’entendre par atavisme, voir Kohlbruggé (97 : III, 461).

Page 1