UN IONS CONSANGUINES
ians toute famille, et que la même tare a beaucoup de chances de se •encontre!* dans deux époux proches parents, il s’ensuit que, pris en doc, les mariages consanguins doivent avoir des inconvénients, que empère l’infusion d’un sang étranger; mais il n’est pas démontré que :es inconvénients dérivent du fait de la consanguinité. Si deux cousins crofuleux se marient entre eux, la chose ne sera peut-être pas plus fu~ îeste que s’ils se marient à des étrangers aussi scrofuleux qu’eux-mêmes; :t elle le sera moins que si leurs époux étrangers étaient plus scro- “uleux que n’est l’époux consanguin. On serait même autorisé à afirmer cela sans les réserves indiquées par un peut-être et autres expressions dubitatives, si l’observation des avantages du croisement ne portait à penser qu’une certaine différence enlre les plasmas germinatifs îst avantageuse, indépendamment de leurs qualités individuelles. Nous liions voir, en effet, en étudiant l'hérédité dans ce mode de reproluction, qu’un faible degré de métissage relève ordinairement la vi-
nent elle peut devenir nuisible en laissant f accumuler les variations fâcheuses que e mélange des plasmas germinatifs cor- *ige les unes par les autres.
De nombreux exemples montrent que, orsque les parents sont exempts de ares, les unions les plus rapprochées sont dus avantageuses que nuisibles. Sanson 93) en cite des exemples démonstraifs. Un des plus beaux troupeaux de la •ace Durham a pour origine l’union d’un aureau avec sa mère ou ses sœurs et avec > ou 6 générations de ses tilles et petitesi lies. Dans les petits troupeaux d’Auvergne et de Bretagne un seul taureau féconde es femelles du troupeau, qui sont toutes >es sœurs, ses filles ou ses tantes : la race le dégénère en rien cependant. — Le D1 Bourgeois a publié une étude approfonlie de sa propre famille, issue en 1729 l’un mariage consanguin. Après 130 ans l’existence, sur 91 unions, elle en compait 68 consanguines dont 16 à consanguinité accumulée. Dans les 23 unions ion consanguines, la mortalité des en- ‘ants au-dessous de 7 ans était de 15 %, iansles consanguines de 12 °/o seulement, [.es seuls vices observés sur 416 membres
étaient 2 épilepsies dont 1 accidentelle, 1 imbécillité, 1 aliénation mentale accidentelle, 2 phtisies, 1 scrofule, venant du parent non consanguin. Aucune de ces tares n’appartenait à 6 mariages quadruplement consanguins. — D’après Voisin, la commune de Batz, où la consanguinité est la règle, se distingue par la vigueur et la beauté de ses habitants, et les tares imputées à la consanguinité y sont inconnues. — Enfin, chez les animaux, je ne sache pas que l'auto-fécondation, presque obligatoire chez le Tænia solium et dans les colonies de fourmis citées par Emery(93), ait en rien nui à la race. Si l’auto fécondation conduisait sûrement à la stérilité, n'en serait-il pas de même pour la génération asexuelle et la parthénogénèse? Or on sait que beaucoup de champignons se reproduisent exclusivement par spores, que l'on propage par boutures les pommes de terre et un grand nombre de plantes, sans que leur vigueur fléchisse, et que quelques plantes {Char a nitida ) et animaux (certains ostracodes) se reproduisent, faute de mâles, par une parthénogénèse stricte, sans paraître en souffrir.
LES FAITS
gueur et presque toujours la fécondité des couples. On peut donc 'Conclure que : la consanguinité additionne les tendances généralement similaires des conjoints; en elle-même elle ne parait avoir ni inconvénients ni avantages ; tout dépend de l'état individuel de ceux gui la pratiquent.
c. Hérédité dan* le croisement.
L’étude des croisements est d’une grande importance dans la recherche des lois de l’hérédité. Les parents étant de race différente, la part de chacun dans la transmission des caractères apparaît avec une extrême netteté. Les caractères de race prennent ici la place qu’occupent les caractères individuels dans les produits de race pure et, comme ils sont aussi fixes que les premiers sont variables, il n’y a jamais d’incertitude sur leur provenance. Lorsque de l’union d’une blonde et d’un brun on voit naître un enfant blond, on ne sait pas, à tout prendre, si cette nuance provient de la mère ou de quelque ancêtre blond du père. Cette difficulté ne se présente jamais dans les croisements. Si un blanc épouse une négresse, il n’y a aucun doute que les caractères négroïdes du petit viennent de la mère et d’elle seule, et comme ces caractères sont très spéciaux, il sera bien plus facile de les suivre dans les générations consécutives que les caractères individuels d’un ancêtre de même race.
Il y a des degrés dans le croisement comme dans la consanguinité. Nous en distinguerons deux principaux : les métis dont les parents sont de même espèce et ne diffèrent que par la variété , s’ils sont sauvages, ou par la race (s. str .), s’ils sont domestiques, et les kg b ri de s dont\es parents sont d'espèces différentes. Il existe, en outre, une variété à peine croisée de métis : ce sont ceux qui résultent de l’union de deux formes différentes d’une même espèce polymorphe. Certaines plantes nous fourniront quelques indications intéressantes à ce sujet.
Nous allons avoir à étudier les hybrides et les métis sous divers points de vue. 1° Quelles sont les conditions nécessaires pour que le croisement soit possible? 2° Quels sont les caractères que les produits de croisement doivent au fait même du croisement, sous les rapports de la vigueur, de la fécondité, des tendances tératologiques et ataviques? 3° Quels sont leurs caractères par rapport aux races parentes? Nous aurons enfin à examiner l’influence du porte-greffe sur le greffon et cette ca-