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VARIATION DES PARTIES SIMILAIRES

A la variation analogue se rattache aussi le fait très curieux de certaines anomalies apparaissant, de loin en loin, identiques dans une même espèce, sans qu’un atavisme quelconque puisse l’expliquer. Ainsi, les bœufs sans cornes, les chiens ou les chats sans queue, les cochons à sabot plein déjà mentionnés par Aristote, se montrent de temps en temps, se maintiennent pendant quelques générations, puis disparaissent. Les bœufs /lotos (Voir p. 318, note) sont apparus indépendamment dans l’Afrique méridionale et en Normandie. Darwin (80) assure que les chiens bassets actuels ne sont nullement les descendants de ceux qui sont figurés sur les monuments égyptiens et qu’ils doivent leur origine à une variation qui s’est plusieurs fois spontanément reproduite. Ce sont là des faits très intéressants; ils montrent l'existence d’un nouvel état d’équilibre organique voisin de l’état normal. L’organisme verse de temps à autre de son côté, cela dure quelques générations, puis il reverse vers l’état normal où un équilibre plus stable lui permet de rester beaucoup plus longtemps (*).

Donc , il existe une variation parallèle ou analogue qui produit des modifications semblables , soit sur des f ormes voisines , soit dans une même forme à divers moments de sa phylogénèse (**).

f. Variation de nonihi'e cl «ï«» jiosilion (les |»iiir(ie§ similaires.

Les variations de nombre des parties similaires sont extrêmement fréquentes. Presque tous les organes y sont sujets : doigts, dents, mamelles, testicules, reins, côtes, vertèbres, pattes d’insectes, pinces de crustacés, bras d’astéries, etc., se rencontrent parfois en nombre supérieur à la

(*) Brewster (97 : III, 483) observe un parallélisme entre la variation des individus d’une espèce et celle des espèces dans le genre (voir la critique de Coutagne). Agassiz et Woodw o rt ii (90 : II, 175) constatent que les variations de la méduse Eucope reproduisent les caractères spécifique d’autres méduses. Un cas de variation parallèle est mentionné par Milne- Edwakds et Bouvier (97 : III, 488).

(“) Il convient d’établir une catégorie spéciale pour la variation orientée correspondant à Yorthogénèse d’Eimer (voir p. 00). Nombre de naturalistes, admettent en effet, qu'il existe une tendance interne à la variation dans un sens déterminé et évitent ainsi la difficulté de trouver dans la variation les éléments d’un progrès continu, mais ils rencontrent celle du caractère adaptatif de la variation, car on ne peut admettre que la variation soit dirigée en vue de conditions que l’espèce ne rencontrera que plus tard. Pour la théorie des variations définies, CoPE (96: II, 752) qui distingue sous le nom de physiogénèse l’action du milieu et sous celui de cinétogénèse l’effort d’adaptation. Contre cette théorie, Wallace (96: II, 776). U ne autre catégorie non moins importante doit être faite pour la variation germinale ou variation du plasma germinatif imaginée par Weismann (94 : I, 464, 482).

LES FAITS

normale. Des réductions de nombre de ces memes organes se rencontrent également.

Les variations de position ne sont pas moins communes, mais, comme le principe des connexions est presque toujours respecté, comme on ne voit jamais un doigt s’implanter sur le thorax ou un œil s’ouvrir sur le tronc, elles sont moins frappantes. Cependant, sans compter la longue liste des ectopies viscérales, on peut citer les dents, les cornes à implantation vicieuse, ou des cas exceptionnels comme celui d’un Prionus , cité par Bateson, ayant une paire de pattes insérées à la place où auraient du être les élytres.

Bateson (9Ç) appelle méristiqaes les variations qui portent sur le nombre ou l'arrangement des parties similaires. Il fait remarquer que l’augmentation de nombre provient de la division des rudiments normaux. Il distingue sous Je nom d ' homœosis, cette sorte particulière de variation qui donne à un membre d’un ensemble méristique les caractères d’un autre membre du même ensemble, par exemple lorsqu’une vertèbre dorsale prend les caractères d’une lombaire, lorsqu’une antenne prend les caractères d'une patte, ou lorsque des sépales ou des pétales deviennent, ceux-ci sépaloïdes, ceux-là pétaloïdes.

g. Variation «le taille, de couleur et «Se forme.'

Le même auteur réunit sous le nom de variation substantielle , par opposition à méristique, celle qui affecte, non le nombre ou l’arrangement, mais la constitution des parties. Ces variations portent principalement sur la taille , la couleur et la forme des parties. Les variations de taille et de couleur sont trop communes et trop connues pour qu’il soit utile d’en donner des exemples. On en trouvera de nombreux dans l’ouvrage de cet auteur. Pour la couleur, les insectes et les fleurs en fournissent un grand nombre. Pour la forme, il n’est pas d’organe qui ne montre combien ses variations sont multiples. Les cornes du bétail, les membres, les traits du visage de l’homme, en particulier le nez et l’oreille, toutes les parties des plantes, surtout les organes de la fleur, sont sujets à des variations infinies de ce genre (*).

(*) Les recherches des embryogénistes ont montré que, contrairement à l’opinion ancienne, la variation se manifestait avec une grande intensité pendant le développement. Cetlje variation embryonnaire est étudiée par Mehnert (95 : I, 496) qui la trouve aussi grande que celle des adultes, par Fischer (96 : II, 480) qui la trouve d’autant plus accentuée que l’embryon est plus jeune, par Vernon (95 : I, 512) qui l’observe chez les larves d’oursin, par Patten (96 : II, 182) qui la trouve très grande chez celles de Limulus.y

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