‹ L'hérédité et les grands problèmes de la biologie généraleChapitre 149 sur 300 · ORIGINE DU SEXE · texte numérisé non relu

ORIGINE DU SEXE

Mais Bernhr (83) a montré par des statistiques plus étendues portant sur 213 224 mariages que cette opinion était erronée1. Il se rallie à l’opinion de Richarz (80) et croit qu’il va plus de garçons que de fdles chez les gens qui se livrent à un travail cérébral. Mauriceau, au siècle dernier (1721), avait cru remarquer que les primipares font plutôt des garçons. En. Robin (75) est d’avis que tout ce qui échauffe le sang : climat, viandes, alcool, pousse à la forma tion des mâles, opinion déjà soutenue longtemps auparavantpar Bellingeri (40). Pflüger (81) attribuait la formation des mâles à la fécondation par plusieurs spermatozoïdes, et au coït à la fin du rut.

D’ap res Richarz (80), le sexe n est pas transmissible, et le sexe du produit dépend de lafemelle seule; le sexe mâle est, en effet, un degrécl’évolution plus avancé que le sexe femelle, et tout œuf produit un mâle quand sa force reproductrice est à son maximum et qu’il arrive à son complet développement; il produit une femelle dans le cas contraire. Dans le premier cas, le mâle engendré ressemble naturellement à la mère ; dans le second, le produit femelle ressemble au père. Celui-ci ne fournit jamais son sexe, mais seulement sa ressemblance et l’incitation nécessaire à l’œuf pour se développer. Lorsque la femelle est peu souvent fécondée, ses œufs arrivent plus aisément à leur complet développement. C’est pour cela qu’après une guerre il naît plus de garçons.

Berner (83) croit qu’il liait un mâle quand la femelle a une énergie reproductrice élevée et une femelle quand la nourriture est plus abondante (*).

Pour Janke (87), il naît une fille quand le père est le plus fort et le plus passionné. Si la mère l’emporte par ces qualités, il liait un garçon.

Nous citons lâ quelques opinions, mais il faudrait un long chapitre pour les énumérer toutes. Cela d’ailleurs serait fort inutile, car toutes sont fondées sur des observations souvent justes mais toujours incomplètes, trop restreintes. La plupart sont restées sans écho. La seule qui ait gardé quelque autorité est celle de IIuber, de Thury (63), de Cornaz, qui attri-

1 Voici les nombres de ces trois auteurs.

Pour 100 filles, nombre de garçons,

Le père étant :

Hofaxkcr.

Sadlor.

Berner.

plus jeune

plus jeune de plus de 10 ans plus jeune de 1 à 10 ans., de même âge

Le père étant :

Hofaxkcr.

Sadler.

j Berner.

plus âgé de 1 à 6 ans

plus âgé de 6 à 10 ans*...

plus âgé de 10 à 16 ou 18

ans**

plus âgé de plus de 10 ans.

plus âgé de 16 à 18 ans***.

Moyenne générale

* Hofacker dit de 6 à 9, Salder de 6 à 11. ** Hofacker dit de 9 à 18, Salder de 11 à 16. *** Hofacker dit de 18, Salder de 16.

‘ Tutt (08 : IV, -117) prétend que le parent le plus fort donne au produit le sexe opposé au sien.

THÉORIES DE I.’hÉRÉDITÉ.

370 THÉORIES PARTICULIÈRES

buént aux états de maturité dès produits sexuels une. in fluence prépondérante sur de sexe du produit.

Thury (63)- avait observé qu’il naissait plus de femelles quand la femelle avait éfé couverte dès le commencement du rut et plus de mâles quand le coït avait. eu lieu à la fin de celte période. L’œuf très mûr donnerait un mâle, l’œuf peu mûr une femelle. Les expériences faites par les éleveurs corroborent assez bien cette règle. Mais les observations de Furtz (86) l’infirment1.

Düsing (84, 85) s’en est emparé, mais il l’a appuyée sur des considérations fort intéressantes et très bien déduites. Il déclare, avec raison, que la régularité absolue de la proportion moyenne des sexes ne peut s’expliquer que par une autorégulation, la pénurie de mâles provoquant une production de mâles et la pénurie de femelles une production de femelles. On comprend, en effet, que, si la régulation était primitive et organique, elle n’autoriserait pas des oscillations incessantes autour d’une moyenne qui seule est fixe. Les chiffres absolus eux-mêmes seraient fixes. Une riche statistique lui a montré, en effet, que l’œuf jeune tend à produire une femelle, l’œuf vieux à produire un mâle. Le spermatozoïde jeune tend à produire un mâle, le spermatozoïde vieux à produire une femelle.

Avec ce principe, l’autorégulation ne peut manquer de s’établir, car s’il y a peu de mâles, ils féconderont souvent et leurs spermatozoïdes seront toujours jeunes, tandis que si les femelles sont trop nombreuses, elles seront rarement fécondées et leurs œufs seront vieux, double raison pour qu’il naisse des mâles. Dans le cas inverse, l’inverse se produit. Il établit aussi que tout œuf bien nourri tend à produire une femelle et que, plus la consanguinité est étroite, plus il se produit de mâles. Ces deux derniers facteurs', s’ils sont vrais, ne sont pas fort avantageux pour sa théorie. Le premier tend à diminuer le nombre des mâles quand il est déjà trop petit et le second est à peu près indifférent aux proportions numériques des sexes.

Ces faits que Düsing avance sans les expliquer, Hollingswortii (84) a cherché à en trouver la cause et propose l’explication suivante. Si la fécondation a lieu sur un œuf peu avancé, elle met plus longtemps à se parachever et le spermatozoïde, restant longtemps dans l’œuf, est en

1 Fühtz (89) conclut, de 193 observa- qu’au quatrième jour après lés règles les tions où il a noté la date des dernières chances sont pour un garçon, et à partir règles et celle de la conception, que jus- de ce jour pour une fille.

LA TÉRATOGÉNÈSE.

quelque sorle féminisé par lui. Si elle a lieu sur un œuf très avancé, elle s’achève aussitôt et le spermatozoïde n’a pas le temps d'ètre féminisé au contact du plasma féminin. C’est, on le voit, fortement hypothétique et l’explication n’est valable que pour les états de maturité de l’œuf.

A la théorie de Düsing, Haacke (93) objecte que, si le garçon provient de la fécondation d’un vieil œuf par un jeune spermatozoïde, il a toute raison de ressembler à son père et, inversement, la fille provenant de la fécondation d’un jeune œuf par un vieux spermatozoïde' devait ressembler à sa mère. Or les ressemblances croisées sont aussi fréquentes, sinon plus, que les ressemblances directes.

En somme, en dehors de la nécessité de l’autorégulation démontrée par Düsing, et de quelques statistiques peu démonstratives, il ne reste rien de positif de toutes ces théories. La procréation des sexes à volonté ou même leur simple prévision est et reste impossible à l’homme, aussi bien.pour les animaux qu’il élève que pour ses propres enfants (*).

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