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XVI. THÉORIES SUR LA VARIATION

Si l’on meta part la variation amphimixiquc , qui ne crée rien et ne fait que remanier les éléments de la variation déjà acquise, il ne reste que deux opinions modernes et vraiment scientifiques sur les causes de la variation h

La première est celle de Nageli (84). Cet auteur croit que toute variation est spontanée et de cause interne, c’est-à-dire dépendant des forces évolutives du protoplasma; et il s’efforce d’en trouver l’expression dans la constitution hypothétique de son idioplasma. Nous avons déjà montré dans les pages précédentes l’inanité de cette hypothèse. Weismann a d’ailleurs montré qu’elle était inconciliable avec le fait de l’adaptation.

La seconde opinion est celle qui attribue toutes les variations aux conditions ambiantes et à l’alimentation. Nous venons de voir que Knight et .1. Muller l’avaient émise il y a déjà longtemps. Elle est admise aujourd’hui par la plupart des auteurs, mais avec des variantes.

De ces dernières nous n’en citerons que trois : celle de Darwin (80) qui dit que les conditions de vie, et en particulier la domestication, attei-

1 Rappelons d’abord, comme théories n’ayant plus qu’une valeur historique, celle de l’école allemande des philosophes de la nature : Sciielung et ses élèves, Em- MENOSER, CARUS, SCHUBERT, J. -H. FlCIITE qui voyait dans la variation l’effet d’une tendance et d’une force naturelles qui seraient à la nature ce qu’est à l’âme humaine l'imagination., 1 usqu’àces dernières années, on retrouve des opinions empruntées à la même philosophie creuse.

Lucas (47, 50) attribue la variation à une loi d’innëitê qui ne vaut guère mieux que les entités précédentes ou que le prineipe de stabilité invoqué plus récemment par Feciiner (73). Riijot (93) a fait justice de cette prétendue loi qui, d’ailleurs,

fût-elle réelle, n'expliquerait rien puisqu’elle demanderait elle-même à être).'expliquée. Von Bar (65) croit qu’en créant des formes nouvelles la nature poursuit im but. Frohshammer (77) voit dans la 1 force créatrice une fantaisie inconsciente de la nature [!]. Ray Lankester (90) invoque un réveil de la matière vivante à la suite de la fécondation.

Bien mieux inspirés étaient A. Knight qui attribuait la variation à la nourriture, et au climat et J. Müller qui distinguait deux causes de variation :

une interne, dépendant de la nature même de l’organisme, et une externe, produite par la nourriture et les conditions ambiantes.

THÉORIES PARTICULIÈRES

gnent, d’abord et surtout, les organes reproducteurs et, par eux, engendre la variation ; celle de Tormer (84) qui attribue toute variation à la nourriture seule; et enfin celle de 0. Leary (88). L’explication de ce dernier, comme aussi celle de Darwin, s’applique surtout aux animaux domestiques. D’après lui, la domestication produit, par le changement des habitudes, une modification des courants nerveux qui circulent entre les substances corticales du cerveau et les couches optiques; certains courants s’établissent, d’autres disparaissent, et cela produit dans la structure des cellules nerveuses une modification qui entraîne une variation dans les organes du corps et peu à peu modifie le type spécifique.

En somme, il semble bien certain que les conditions de vie et la nourriture sont les vraies causes de la variation, mais on manque d’expériences nettes pour déterminer leur mode d’action et l’étendue de leur influence.

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