‹ L'hérédité et les grands problèmes de la biologie généraleChapitre 177 sur 300 · THÉORIE DE RÉCIT AMP · texte numérisé non relu

THÉORIE DE RÉCIT AMP

Dans des conditions, convenables, les corpuscules se rapprochent, se tassent, sécrètent autour d’eux une membrane et la cellule est constituée. Le omnis cellula e cellula de Virchow est faux. Très souvent, en effet, les cellules se reproduisent par elles-mêmes, mais ce mode de formation n’est pas le seul. Tous les exemples fournis par Robin de formation de cellules ou de noyaux dans un blastème, celui d'Onimus, qui a prouvé la formation de leucocytes dans la sérosité j, s’expliquent par la théorie des microzymas.

La cellule étant expliquée, tout ce qui concerne la formation des organismes et leur fonctionnement est expliqué aussi. Notons seulement que les microzymas acquièrent des propriétés particulières selon les points de l’organisme où ils se rencontrent. Ceux du foie, du cerveau et des reins ne sont pas primitivement spécifiques : ce sont des microzymas quelconques qui, peut-être, ont pu faire autrefois partie de la peau d’un mollusque ou de la feuille d’une plante. Mais, par une adaptation rapide au milieu, ils acquièrent une spécificité temporaire très accentuée, qui permet aux cellules qu’ils forment de jouer dans l’organisme les rôles les plus variés. Après la mort, ils gardent pour un certain temps quelque chose de cette spécificité, car les bactéries qui se formeront dans une infusion du foie ne seront pas les mêmes que celles d’une infusion de tissu nerveux. Or ces bactéries ne sont autre chose que les microzymas de ces organes, mis en liberté, puis développés en organismes nouveaux d’ordre inférieur.

Les cellules sexuelles sont aussi formées de microzymas.

Enfin les microzymas peuvent subir des modifications temporaires qui se traduisent par des maladies dans l’organisme dont ils font partie. Ce n’est pas l’organisme qui est malade ou du moins qui est altéré, c’est le microzvma et c’est seulement par le retour de celui-ci à sa constitution normale, que celui-là peut revenir à la santé 2 (*).

pas spontanément, c’est-à-dire de rien ou aux dépens de substances non vivantes, mais par évolution des microzymas.

1 [ Les exemples de Robin sont bien connus. Voici celui d'Onimus :

[Un sac entièrement clos, formé d’une membrane animale et inséré sous la peau

d’un animal, se remplit de sérosité dans laquelle apparaissent bientôt des leucocytes. On sait ce qu’il reste des idées de Robin sur ce chapitre. Le cas d’Onimus s’explique tout simplement par la diapédèse].

2 [Ici prennent place des considérations thérapeutiques étrangères à notre sujet].

(*) Voir ici la théorie Schi.atter (00 : V, lx, G20).

LES THÉORIES GÉNÉRALES

Critique.

Même en passant sur les affirmations erronées que le lecteur au courant des principales découvertes de la bactériologie, a remarquées de lui-même, on peut objecter que cette théorie ne donne point les explications qu'on serait en droit d’attendre d'elle. Elle ne nous fait comprendre ni la transmission des caractères des parents à l’enfant, ni la spécificité cellulaire. Cette adaptation rapide des microzymas au milieu, qui les fait éléments, ici d’une feuille, là de la peau d’un mollusque, ailleurs du foie, du cerveau ou du rein d’un mammifère, est du domaine du merveilleux. On ne voit nulle part les causes de cette différenciation rapide; et, partant de l’œuf fécondé, rien n’explique pourquoi les microzymas formeront des choses si différentes en des points si rapprochés. On écrirait des pages et des pages sans épuiser la série des objections et observations que suscite la théorie. Ce serait aussi fastidieux qu’inutile.

Mais comment Béchamp a-t-il pu être amené à soutenir une théorie si fort en contradiction avec les faits déjà démontrés au moment où il écrivait?

Son cas est bien simple.

Il a vu, comme tout le monde, les granulations browniennes ou autres qui pullulent partout où il y a des substances organiques; et des expériences mal faites lui ont laissé croire que les bactéries pouvaient se développer de ces granulations. De là il a passé aux cellules par la fausse route des blastèmes de Robin, et ces deux erreurs, jointes à un esprit de système fortement développé, l’ont conduit à la théorie qu’on vient de lire 1 (*).

1 [Inutile de dire que Béchamp n'a avec Estor une théorie de la formation

convaincu personne, sauf peut-être quel- des globules du sang qui repose sur sa

ques élèves. Il a publié en collaboration conception des microzymas].

(*) L’analyse et la critique qu’on vient de lire ont eu pour effet de pousser un partisan de la théorie de Béchamp à m’écrire une lettre, à laquelle je n’ai pas cru devoir répondre, à cause de la forme peu convenable donnée aux observations qu’elle contenait. Mais j'en veux réfuter ici les critiques, pour le cas où d’autres penseraient ce que m’a écrit mon contradicteur.- — Enlisant le livre de Béchamp, j'ai éprouvé un scrupule qui m'a beaucoup tourmenté. Toute son argumentation me paraissait fausse, partout je voyais les fissures de ses raisonnements, partout je reconnaissais l’aveuglement dû à la possession de l’esprit par une idée fixe. Mais en entendant dire qu’il se déclarait victime d’une conspiration organisée contre lui par Pasteur triomphant et par son école, pour étouffer ses idées, j’éprouvais l’impression qu’une pareille chose, si elle était vraie, serait affreuse pour un savant et j'ai lu tout son livre avec une extrême attention. Je n'ai pas été convaincu. A l’occasion ue cette 2e édition, j’ai tout relu encore, la plume à la main, et je ne trouve à peu près rien à changer à mes appréciations antérieures. — Mon contradicteur prétend que les expériences de Béchamp ne doivent pas être considérées comme mal faites. Je n’ai

THÉORIE DE BÉCHAMP .

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