‹ L'hérédité et les grands problèmes de la biologie généraleChapitre 178 sur 300 · IL PARTICULES SE DÉTRUISANT APRÈS LA MORT · texte numérisé non relu

IL PARTICULES SE DÉTRUISANT APRÈS LA MORT

Nous avons vu, en critiquant la théorie de BulFon, qu’attribuer aux mêmes particules à la fois 1 indestructibilité des atomes et la haute spécificité des agrégats les plus complexes était impossible et fort embar-

pas vu ces expériences, mais le fait qu’elles sont en contradiction avec celles d’un nombre considérable d’expérimentateurs qui, à l’unanimité, arrivent à des conclusions contraires, me semble suffire à les juger. D’un côté ou de l’autre on se trompe : il est plus probable que c’est du côté où les vérifications sont de beaucoup les moins nombreuses. Certaines expériences sont particulièrement probantes. Si le microzyma du lait est capable d’évolution spontanée en bactérie, comment se fait-il que, même une fois, du lait aseptique recueilli aseptiquement, se conserve sans que des bactéries apparaissent à son intérieur? D’autre part, la fameuse expérience de la fermentation du lait sous l’influence de la craie 11e réussit pas quand 011 prend les précautions aseptiques convenables ainsi que l’ont montré Roux et Chamberlan. — Mon contradicteur déclare que Béchamp n’admet pas, que les microzymas soient éternels, ni qu’ils doivent par suite arriver à remplir l’Univers. Assurément ils ne sont pas physiquement indestructibles et j’ai toujours compris que ceux qui tombaient accidentellement dans un feu de forge devaient y périr; mais Béchamp les déclare physiologiquement indestructibles (93, p. 163), imputrescibles (83, p. 596); il parle de leur pérennité (ib.) ; il les retrouve dans la craie de la période secondaire, dans le bicarbonate de soude du commerce et s’attend à ce qu’011 les rencontre dans les boues brûlantes des geysers. D’autre part, il dit expressément qu’ils sont doués de la faculté de se multiplier (93, p. 150) : or cette multiplication serait négligeable si elle n’avait pour effet que de remplacer les microzymas accidentellement détruits.

Ici se place une difficulté dans l’interprétation de la théorie, tenant à ce que l’auteur se dérobe chaque fois que son sujet l’amène à traiter enfin un point essentiel : le lecteur est péniblement impressionné d’être ainsi déçu chaque fois qu’il se croit au moment d’être satisfait, et de trouver, au lieu et place des explications attendues, de pompeuses périodes où l’on proclame le rôle du microzyma sur le ton d’un prédicateur cherchant à faire pénétrer la foi dans i’àme de ses auditeurs. 11 s’agit de la question de l’origine des microzymas dans l’organisme des êtres supérieurs aux bactéries. Prenons l’homme, par exemple. Béchamp admet que l’ovule humain est une vraie cellule, mais qu’il ne dérive pas de cellules antérieures et se forme dans un blastème, d’un amas de microzymas (93, p. 668) (assertions dont l’inexactitude est absolument démontrée). Cet œuf se développe en un être < lui, peu à peu, s’accroît, se munit d’organes différenciés, tous formés de microzymas. Si le microzyma est apte à se multiplier, c’est là, sans doute, qu’il usera de cette faculté; et, s’il en est ainsi, on voit que l’augmentation journalière du nombre total des microzymas de l’Univers n’est pas négligeable. Mais peut-être ces microzymas viennent-ils du dehors par l’intermédiaire delà mère? Nulle part il n’en dit rien. C’est l’un où l’autre cependant. S’ils viennent du dehors, c’est par les aliments. L’homme mange de la chair de bœuf, de la pulpe de pommes de terre; les microzymas constitutifs de ces aliments se dissocient dans son tube digestif, mais que deviennent-ils? ou bien ils sont détruits par la digestion, et alors il faut que tous les microzymas qui constituent un corps proviennent de la multiplication de ceux qui constituaient l’œuf dont il est issu (93, p. 150) (et l’on voit alors combien vite l’Univers sera rempli), ou bien ces microzymas entrent tels quels dans son sang et tels quels prennent part à la formation de ses tissus. Il est même probable qu’il en sera ainsi : les microzymas qui résistent à la fossilisation dans la craie, à la putréfaction, à la température des boues de geysers, pourront résister sans doute à la salive et aux sucs gastrique, pancréatique et intestinal. Dès lors, n’est-on pas autorisé à dire, ce que l’auteur de la lettre me reproche comme une interprétation fantaisiste, que tel microzyma qui faisait partie de la peau d’un mollusque ou de la feuille d’une plante peut devenir microzyma du foie ou du cerveau d’un mammifère? S’il n’en est pas ainsi, si cette mutation de lieu et de fonctions n’a pas lieu, tout finira par dégénérer en bactérie, puisque tout microzyma est apte à devenir bactérie sans que la mutation inverse soit possible, ou à augmenter le nombre des microzymas de l’atmosphère, qui finira par être remplie.

LES THÉORIES GÉNÉRALES

rassant pour l’explication. Les systèmes qui laissent les particules vitales se désagréger à la mort sont à la fois plus souples et plus vraisemblables. Ils ont aussi des partisans beaucoup plus nombreux.

Les uns admettent que toutes les particules composant un individu et même, sous réserve de variation s très légères, tous les individus d’une même race ou variété, sont, sinon identiques entre elles, du moins équivalentes et contribuent toutes ensemble à la détermination des caractères anatomiques de chaque partie; les autres sont d’avis que chaque particule ne régit que ce qui est dans l’étroite sphère d’action dont 'elle occupe le centre.

Examinons d’abord les théories des premiers.

A. PARTICULES TOUTES DE MEME NATURE, ÉTENDANT TOUTES ÉGALEMENT LEUR INFLUENCE A LA DÉTERMINATION DE TOUS LES CARACTÈRES

Dans ce système, les particules prennent toutes une part égale à la détermination des caractères anatomiques de tout l’organisme. La forme de l’ongle, par exemple, ne dépend pas spécialement des particules de l’épiderme sous-unguéal, elle résulte d’une influence [générale qu’exercent ensemble toutes les particules du corps.

Cette influence est attribuée, par les uns, à une attraction moléculaire

Cette notion clu changement d’attribution du microzyma n’a rien de contraire à la conception de Béchamp qui admet que ceux de l’œuf deviennent aptes à devenir ceux de divers tissus, par une sorte de maturation (93, p. 165); mais sa conception est vague comme le terme qu’il emploie. — Enfin l’auteur de la lettre trouve absurde que je reproche à la théorie des microzymas de ne point donner la solution du problème de l’hérédité.- Si la prétention est absurde, pourquoi Béchamp écrit-il (83, p. 925) : « Avec la théorie des microzymas, on conçoit le rôle essentiel de la fécondation en même temps que la facilité et tous les phénomènes de l’hérédité. La parthénogénèse même se trouve expliquée »? D’ailleurs, la prétention n’est pas justifiée, car Béchamp ne donne aucune autre indication sur la manière dont il conçoit l’explication, laquelle n’est pourtant pas si évidente qu’elle puisse se passer de développements. En somme, pour donner satisfaction aux plus exigeants je n’ai eu à changer dans cette 2e édition que quelques mots, touchant des points qui n’ont rien d’essentiel. — Il y a cependant quelque chose de vrai dans les observations de mon contradicteur, c’est que la théorie de Béchamp. malgré ses étroites analogies avec celle de Buffon, s’en sépare essentiellement sous un rapport important : les microzymas ne sont pas, comme les molécules organiques , des entités subjectives; ce sont des particules réelles, vues, dont les propriétés sont étudiées par leur auteur au moyen de procédés chimiques et histologiques, et qui, par là, mériteraient plutôt d’être rapprochées des granules d’Altmann. Il ne faut pas oublier non plus que Béchamp a édifié une théorie des zymases qui comptera dans l’histoire des ferments solubles. — Quant aux microzymas, ils sont sans doute formés surtout de granulations protoplasmiques avec, éventuellement, des spores de bactéries; mais il se pourrait aussi qu’ils continssent des microorganismes comparables aux microbes actuellement connus, mais beaucoup plus petits, et qui peut-être seraient les agents de certaines maladies infectieuses, rhumathisme, syphilis, etc.

THEORIE DE SPENCER

ou polarité; par les autres, à la forme géométrique des particules; par d'autres, enfin, à leurs mouvements vibratoires.

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