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LE CENTROSOME ET LA SPHERE ATTRACTIVE

celle du noyau; quand on n’en trouve qu’un, c’est qu’elle est moins précoce1. Par leurs réactions histo -chimiques, les centrosomes se montrent différents de toutes les autres substances de la cellule. Il n’y a pas de réactif qui colore partout et toujours le centrosome en même temps et de la même manière que quelque autre partie 2.

Voilà à peu près tout ce que l’on sait de ces organes dans la cellule au repos. Plusieurs questions se posent à leur sujet. Lesjeenlrosome^&oni-ils des or glanes permanents de la cellule? Appartiennent-ils au cytoplasma ou au noyau, et dans ce cas, comment et sous quelle forme passent-ils du noyau dans le cytoplasma et rentrent-ils du cytoplasma dans le noyau?

On s’est même demandé tout récemment si le centrosome et la sphère étaient bien des organes réels et s’ils n’étaient pas simplement des aspects dus à un état particulier des parties d’une substance de structure uniforme. Cette dernière opinion est due à Eismond (90, 94) qui ne voit dans la sphère et le centrosome qu’un point du cytoplasma où les aréoles sont si petites et si serrées qu’elles donnent l’illusion d’un corps opaque, et cet état des aréoles serait dû à ce qu’en ce point les échanges nutritifs seraient minima ou nuis.

1 Le centrosome étant, en somme, achromatique comme la linine, on pourrait croire qu’il est formé de la même substance quecelle-ci. Il n’en est rien. Watasé (93) a montré que dans l’œuf de YUnio le centrosome se colore en rouge par la fuchsine tandis que le réseau et les filaments achromatiques ne se colorent pas.

La vésicule attractive est appelée vésicule directrice par Guignard et arclwplasma par Boveri ; unie aux filaments qui en partent, elle constitue le cinoplasma de Strasburger (*). L’archoplasma des cellules animales diffère ordinairement de la

sphère attractive des cellules végétales en ce qu'il a l’air d’une simple couche protoplasmique et non d’une vésicule individualisée. Chez les plantes observées par Guignard c’est pendant Vanaphase que se divise le centrosome qui servira pour la division suivante.

2 C’est En. Van Beneden qui a découvert le centrosome. C'est lui aussi (83) qui, le premier, à une époque où le centrosome n’était connu que dans quelques cellules, émit l’idée qu’il était un organe permanent et constant de la cellule.

(*) Pour Boveri, l’archoplasma est un plasma spécial, différent de celui qui constitue le reste du cytoplasme. Pour IIeideniiaix (95 : I, 54) et pour Wilson (95), c’est un simple groupement, des cytomicrosomes, non différent de ceux clu reste du cytoplasme. Ivostanecki et Sieiji.ecki (96 : II, 35) sont d’un avis semblable. Vejdovsky et Mrazek (98 : IV, 44) l’appellent périplaste et le voient émaner du centrosome par sphères successives se formant à son contact et repoussant les précédents dans le cytoplasme où elles disparaissent. Prenant (98, 99 : V, 29) a eu l’heureuse idée de réunir sous un vocable unique, celui de protoplasma supérieur, toutes les sortes de protoplasme auxquelles on a assigné, sous un nom particulier, un rôle actif spécial soit dans la division cellulaire (archoplasme de Boveri, cinoplasme de Strasburger), soit dans la physiologie de la cellule (ergatoplasme de Bouin). Mais il n’est pas démontré que ce protoplasma supérieur ait vraiment une fonction supérieure dans la cellule.

LES FAITS

Plus généralement on considère, au contraire, mais sans preuves du reste, le centrosome et la sphère comme des centres d’activité h

1 Eismond (Voir. p. 28) considère le cytoplasma comme formé d'un réseau aréolaire dont les parois seraient constituées par des

Fig. 6. — Structure du cytoplasma, d’après Eismond. Le centre presque noir est le centrosome, la zone moyenne est la sphère attractive plus sombre, et la partie périphérique claire est le commencement du cytoplasma.

lamelles ramifiées et anastomosées, et dont les mailles seraient occupés par Yenchylema. D’après lui, la forme, la taille et la direction des mailles sont déterminées par les mouvements moléculaires dus aux transports osmotiques dont le cytoplasma est le siège. Elles sont grandes là où le mouvement osmotique est actif, petites là où il est faible, et partout allongées dans le sens où ont lieu les échanges. Ces mouvements moléc-ulaires sont surtout actifs à la périphérie et vont en diminuant vers le centre. Là existe une sorte de point mort où l’activité des échanges est nulle et où, par suite, les aréoles sont si petites qu’on peut à peine les voir aux plus forts grossissements. Ce point mort est le centrosome. On comprend que la petitesse des mailles lui donne l’aspect d’un globule opaque. Autour de lui vient une zone où les mailles sont à peine plus grandes. C’est

la sphère attractive. Enfin, à partir de là, les mailles deviennent plus grandes et leur orientation centrifuge donne la figure des stries rayonnantes. Mais nulle part il n’y a, comme on le croit, de transition brusque entre ces diverses zones. La sphère et le centrosome ne sont donc pas des organes réels. Ce sont des aspects traduisant l’état dynamique de divers points d’un système de structure uniforme. La figure 6 facilite l’intelligence de cette conception. La théorie explique non moins aisément le cas où il y a deux centrosomes.

Malgré ses séductions, cette théorie est trop neuve pour pouvoir être admise avant d’avoir subi l’épreuve de la critique (*).

Watasé (93), dont nous avons vu plus haut l’opinion au sujet des microsomes du cytoplasma , qu’il considère comme des varicosités des fibrilles protoplasmiques, assure que le centrosome n’est qu’un microsome, c’est-à-dire une varicosité fibrillaire plus grosse que les autres. Ces varicosités sont disposées radiairement et par ordre de taille décroissante à partir d’un point local occupé par une varicosité détaillé plus grosse qui est le centrosome. Celui-ci est cependant plus gros que s’il suivait simplement la loi d’accroissement des autres varicosités le long des fibrilles radiaires.

D'après Bürger (92), la sphère directrice et le centrosome ne sont pas des organes réels : ce sont des effets optiques dus à des conditions mécaniques. La sphère est produite par les microsomes, et le centrosome n’est que du protoplasma rendu plus dense par la pression de ceux-ci.

Mitrophanov (94) a émis tout récemment une opinion, basée sur des obser-

(*) Son auteur a ultérieurement continué de la soutenir (00 : V, 49).

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