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THÉORIE HE N AEG ELI

elle entre en contact; en sorte que les micelles constituant l’agrégat protoplasmique $ont en tous points séparés les uns des autres par au moins deux molécules d’eau. Cette eau fait partie intégrante de la substance protoplasmique comme l’eau de cristallisation fait partie du cristal, et le plasma, pas plus que le cristal, ne saurait exister sans elle. Mais il y a entre le cristal et l’agrégat protoplasmique deux différences capitales.

Le cristal ne s’accroît que par sa surface : les nouvelles molécules cristallines se déposent à-côté ^ des anciennes sans jamais s’intercaler entre elles. Les parties déjà formées le sont définitivement et ne changent plus. En outre, la quantité d 'eau de cristallisation est fixe. L’agrégat protoplasmique s’accroît, au contraire, aussi bien par intercalation intérieure de nouveaux micelles que par dépôt superficiel. En outre, la quantité d’eau qui sépare les micelles est quelconque au delà d’une limite inférieure qui, elle-même, est peu précise. Nous avons vu que chaque micelle fixe autour de lui une couche d’eau de

1 ru. L-V. .

l’épaisseur d’une molécule. Quand un nouveau micelle se forme, il se dépose généralement à coté du précédent, mais souvent aussi les couches d’eau se fusionnent, les deux micelles entrent en contact immédiat et sont entourés d’une couche d’eau commune qui n’a

'AM.'V V\ i' r ' # ^

toujours qu’une molécule d’épaisseur. Ainsi se forment des groupes mycelliens à 2, 3, 4 éléments ou plus (fïg. 39). Mais, à mesure que le groupe grandit, son

Fig. 39. — Figure

schématique représentant des micelles simples et composés entourés de leur couche d’eau.

(tt. V

adhérence à la couche d’eau qui l'enveloppe augmente, et il arrive bientôt un moment où l’admission de nouveaux micelles est arrêtée. Ces micelles doubles, triples, quadruples, se comportent en tout comme les micelles simples, sauf que leurs forces moléculaires sont plus grandes L La densité maxima du protoplasma correspondrait donc à l’état où tous les micelles, simples ou composés, seraient entourés d’une couche d’eau de l’épaisseur d’une molécule et contigus les uns aux autres par l’intermédiaire de cette couche. Mais c’est là un état théorique qui ne se réalise pas, car il existe toujours dans la masse des interstices, plus ou moins larges par lesquels le liquide formateur a accès à l’intérieur pour les nécessités de l’accroissement intercalaire. I

D’autre part, l’agrégat peut admettre, par imbibition, des quantités

1 [On ne comprend pas du tout pourquoi Niigeli introduit cette complication gratuite dans son hypothèse, car il ne s’en

sert pour l’explication d’aucun phénomène. Nous rencontrerons d’autres exemples analogues].

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quelconques cl’eau et devenir ainsi de moins en moins dense, de plus en plus diffluent, jusqu’à perdre le caractère d’agrégat protoplasmique et passer progressivement à celui de simple solution micellienne. La solution micellienne diffère d’ailleurs de la solution vraie par un caractère absolu : tandis que le cristal, en se dissolvant, devient liquide et se dissocie en ses molécules chimiques, ici les micelles ne repassent pas à l’état liquide ; ils s’écartent seulement les uns des autres; les micelles composés ne se dissocient pas et, si de l’eau est de nouveau soustraite par évaporation, ces derniers se retrouveront les mêmes dans l’agrégat reconstitué h

Les agrégats protoplasmiques ainsi formés, lorsqu’ils ont acquis une certaine densité et qu’ils sont baignés d’un liquide convenable, manifestent deux propriétés : ils s’accroissent et se multiplient par division. Leur accroissement, superficiel çt intercalaire, provient de ce que de nouveaux micelles fournis par le liquide nutritif ambiant se déposent à côté des anciens ou entre eux ; leur division résulte de ce qu’étant peu cohérents, lorsqu’ils deviennent assez volumineux, il arrive toujours que quelque secousse, choc ou ébranlement venu du dehors les désagrège en fragments plus ou moins nombreux et volumineux qui, chacun, continuent à s’accroître de la même manière jusqu’à ce que pareil accident leur arrive.

Formation de l'idioplasma . — Dans le protoplasma primordial dont nous venons de voir le mode de formation, les micelles sont d’abord orientés au hasard, et nulle part leurs directions ne sont concordantes, car il n’y a aucune raison pour qu’elles le soient. Les forces moléculaires qui émanent d’eux se croisent donc en tous sens et ne peuvent s’ajouter pour produire des effets d’ensemble. Mais forcément, tôt ou tard, Je hasard fait qu’en quelques points les micelles se trouvent, en majorité, orientés dans un même sens. Dès lors, en ces points, leurs forces s’ajoutent et ont pour premier effet de donner une orientation concordante aux nouveaux micelles qui prennent naissance dans l’intérieur du groupe, en sorte que bientôt ce n’est plus seulement la majorité, mais la presque totalité des micelles qui, dans ce groupe, se trouvent orientés parallèlement. Le phénomène continue donc de plus en plus aisément à mesure que le groupe s’accroît et l’on voit que la concordance d’orientation possède en elle-même le moyen de devenir toujours de plus en plus précise et exclusive1 2. En outre, les micelles se serrent plus étroitement les uns contre

1 [Même observation que dans la note séquence nécessaire. Il n’en est rien. Ne

précédente]. voit-on pas souvent des cristaux se dispo-

2 [Nàgeli présente cela comme une con- ser en croix ou sous des angles variés

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les autres dans ces points où des forces concordantes les attirent que dans les espaces intermédiaires, aussi la densité devient-elle rapidement plus grande dans les premiers que dans les derniers. Ainsi se produit, dans le protoplasma primordial, une première différenciation en deux sortes de plasmas, l’un plus fluide, très pénétré d’eau, à micelles,sans orientation prédominante, c’est le plasma nutritif ; l’autre plus dense, moins aqueux, à m icelles orientés parallèlement, nous Y appellerons l ’idioplasma.

La formation de l’idioplasma a lieu, comme on le voit, spontanément, nécessairement, et sans l’intervention d’autres causes que les forces moléculaires inhérenles aux micelles. Elle constitue un phénomène capital, car c’est de lui que vont dériver la vie avec ses manifestations les plus compliquées et les organismes avec leurs caractères variés à l’infini.

L’idioplasma forme d’abord des îlots épars dans le plasma nutritif. Mais, par suite d’une nécessité mécanique, ces îlots, s’accroissant, se joignent et l’idioplasma se dispose en un réseau continu contenant dans ses mailles le plasma nutritif, continu lui aussi dans toute son étendue k

Le plasma nutritif, étant moins dense que l’idioplasma, admet beaucoup plus facilement que celui-ci de nouveaux micelles dans sa masse2; par suite, il s’accroît plus vite et exerce sur le réseau idioplasmatique une traction longitudinale qui donne à la substance du réseau la forme de cordons longs et minces. Les mailles ont d’abord des dimensions modérées. Mais, par l’accroissement continu des cordons idioplasmatiques en longueur et du plasma nutritif en volume, elles s'agrandissent et elles finiraient par devenir si grandes que la disposition réticulée s'effacerait. Cet effet est empêché par la formation de nouvelles mailles, grâce

par le jeu de leurs attractions réciproques. Les groupes que forment les cristaux microscopiques ne sont pas d'ordinaire formés de faisceaux parallèles. Si les micelles en forment de tels, cela leur est particulier. C’est une hypothèse de plus].

1 [J e cite ceci textuel lement, c’est à la page 120, parce que cette nécessité mécanique ne me paraît pas évidente. On ne voit pas du tout pourquoi le groupe micellien ne formerait pas une masse compacte de plus en plus volumineuse. Nægeli a le droit d’imaginerque l’idioplasma formera un réseau, mais il doit le présenter comme une hypothèse nouvelle et non

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comme une conséquence nécessaire de son hypothèse primitive]. !

2 [Encore une hypothèse présentée comme une déduction nécessaire. On pourrait aussi bien dire que la précipitation de nouveaux micelles se fait plus activement là où ils sont plus nombreux et où les forces attractives sont plus énergiques.

[Nægeli ne dit pas expressément que ces cordons de nouvelle formation naissent aux dépens du plasma nutritif, mais cela semble bien être sa pensée, car il parle ailleurs d’un mode de formation aux dépens de l’idioplasma].

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aux procédés suivants. D’une part, tant que l’orientation des micelles dans les cordons idioplasmatiques n’est pas devenue absolument uniforme, il se rencontre çà et là, à la périphérie des cordons, de petits groupes de micelles dont la direction forme un angle avec l’orientation générale. Les nouveaux micelles qui se déposent en ces points s’orientent comme ces derniers, et cela devient l’origine d’un petit rameau divergent qui se dégage du cordon principal et ira se souder à un cordon voisin pour former une nouvelle maille. D'autre part, il se forme, dans le plasma nutritif qui occupe les mailles, des tractus de substance idioplasmatique qui s’unissent par leurs extrémités aux cordons voisins et divisent les mailles en d’autres plus petites. Ces segments de nouvelle formation prennent, sous l’influence du reste de l’idioplasma, la structure déjà acquise par celui-ci et ne se distinguent plus dès lors des éléments anciens du réseau. Cette détermination de la structure par Finfluence des parties adjacentes ne doit pas surprendre, car on verra qu’une des principales propriétés de l’idioplasma est précisément de transmettre dans toute son étendue les excitations morphogènes parties de l’un quelconque de ses points1.

Il faut donc se représenter dans les êtres supérieurs, animaux ou plantes, Fidioplasma comme un immense réseau continu, répandu dans tout l’organisme, passant d’une cellule à l’autre par des pores ultra-microscopiques de leur paroi et étendant ses mailles dans toutes leurs parties, aussi bien dans leur noyau que sous leur membrane et dans leur protoplasma, qui occupe ses mailles en qualité de plasma nutritif 2.

Propriétés de Vidioplasma. — Nous avons vu comment l’idioplasma prend naissance et arrive à former dans l’organisme un réseau général.

Il faut maintenant décrire sa structure intime et expliquer ses fonctions.

L’idioplasma est la base matérielle de tous les caractères et de toutes les

du réseau là où une branche divergente transportée par une ou plusieurs cellules vient rencontrer un cordon ancien].

2 En raison de ses propriétés conductrices, dont il sera question tout à l’heure, Fidioplasma peut être comparé à une sorte de vaste système nerveux trophique, mais bien plus étendu que l’autre, et il n’est pas impossible que le système

1 Dans les organismes pluricellulaires, la division des cellules est une cause très active d’extension du réseau, car les deux cellules-filles se partagent le réseau idioplasmatique de la cellule-mère et entraînent chacune sa part dans des directions divergentes.

[L’auteur ne dit pas s’il s’établit des soudures secondaires entre les éléments

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fonctions c’est-à-dire que tous les caractères de forme, de structure, de couleur , de taille, etc. , toutes les propriétés chimiques et physiologiques dépendent de l’idioplasma, lui appartiennent en propre, et les autres tissus et substances de l’organisme ne sont que l’instrument qui sert à les manifester.

Ces caractères, en effet, ne sont pas et ne peuvent pas être exprimés dans l’idioplasma sous leur forme réelle. L’idioplasma n’est pas rouge dans un pétale de rose, acide ou sucré dans un fruit vert ou mûr, massif dans une pomme de terre, dentelé dans une feuille d'acacia. Les caractères et les fonctions sont résumés en lui sous la forme de forces

moléculaires qui, agissant sur les tissus et substances de l’organisme, leur impriment les caractères qu’ils doivent revêtir. Ces actions moléculaires émanent desmicelles; mais chaque micelle isolé est impuissant à les produire. Le micelle isolé n’est pas, en effet, un être vivant; c’est une particule organique dont l’action moléculaire est bien trop simple pour produire la moindre de ces manifestations compliquées qui constituent la vie. Mais, quand plusieurs micelles sont groupés de façon convenable, leurs forces moléculaires se combinent et, si les conditions extérieures et la nature du milieu le permettent, ces forces combinées se traduisent par une propriété vitale ou par un caractère d’être vivant. La vie est donc, en somme, non la propriété des micelles, mais le résultat d’un certain arrangement de ces particules, et voilà pourquoi elle peut être détruite sans que la composition chimique soit altérée, pourquoi il peut n’y avoir aucune différence visible entre un organisme vivant et ce même

organisme mort.

Un groupe de micelles de l’idioplasma liés entre eux par une synergie de leurs forces moléculaires peut donc déterminer un caractère ou une propriété. Mais comme il ne peut en déterminer qu’un, chaque propriété, chaque caractère exprimé dans l’organisme, doit être représenté dans l’idioplasma par un groupe distinct de micelles synergiques. Or le nombre des caractères et des fonctions d’un organisme un peu élevé est extrêmement grand et, si petits que soient les micelles, jamais l’idioplasma

nerveux des animaux soit une partie du réseau idiqplasmatique différenciée en vue d'une fonction pour laquelle cette ramification était avantageuse.

1 II ne faudrait pas dire de tous, car nous verrons plus loin qu'il y a quelques caractères superficiels dépendant des con-

ditions extérieures, qui ne viennent pas de ridioplasma,< Mais tous les caractères fixes, tous ceux qui peuvent se transmettre aux descendants, c’est-à-dire la totalité des plus importants et l’immense majorité des autres, tous ceux-là appartiennent à l’idioplasma.

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ne pourrait contenir tous les groupes nécessaires pour les représenter; d’autant plus qu’ayant, comme nous le verrons bientôt, une structure identique en tous ses points, il doit contenir sur chaque tranche transversale de ses cordons Ja totalité des groupes de micelles nécessaire à tout l’organisme.

Mais une simple remarque permet d’alléger considérablement cette difficulté. Les caractèresdes organismes sont, en effet, en nombre immense et variés presque à l’infini, mais ce sont des caractères complexes et on peut les considérer comme formés d’un nombre relativement restreint de caractères élémentaires combinés de manières diverses et, en quelque sorte, à doses variées. Ces caractères élémentaires concernent la forme, la taille, la couleur, la constitution chimique, ou même se composent d’éléments encore plus simples. Ainsi, le fait de contenir de la chlorophylle est un caractère déjà composé nécessitant le concours de plusieurs groupes micelliens pour se manifester b

Avec cette notion, il devient aisé de comprendre que, malgré leur finesse, les cordons idioplasmatiques puissent contenir assez de groupes micelliens différents pour représenter tous les caractères élémentaires. Les caractères supérieurs sont représentés par la vibration simultanée de tous les groupes micelliens correspondant aux caractères élémentaires, dont la réunion constitue le caractère composé. L’ensemble peut être comparé à un clavecin : chaque touche figure un groupe micellien élémentaire, et la note représente la fonction simple ou le caractère élémentaire correspondant; les caractères supérieurs sont représentés par les accords obtenus en frappant sur plusieurs touches à la fois, et l’ensemble

] [ Nægeli cite à la page 191, comme caractères représentés dans Fidioplasma, la grandeur de l’individu et de ses organes, le nombre de ses cellules et de ses organes, la formation de racines, de rameaux, de poils, la coloration, la multiplication relative à la reproduction, le doublement des fleurs, enfin différents phénomènes pathologiques ou anormaux.

Ce ne sont pas là, il le reconnaît, des caractères vraiment élémentaires. Mais il déclare qu’il serait puéril de se livrer à leur recherche. S’il ne le fait pas, ce n’est pas parce que ça serait puéril, mais parce qu’il ne pourrait y arriver d’une manière

satisfaisante. C’est une échappatoire. En réalité on ne voit pas du tout comment peuvent être exprimés dans Fidioplasma, sous la forme d’un petit nombre de facteurs matériels, les innombrables variétés de forme que peuvent présenter le profil des feuilles et leurs nervures. Je comprends très bien cela comme le résultat d’une direction prévue des segmentations successives de la cellule-mère de la feuille, mais j e ne vois pas comment ces segmentations, très différentes d’une cellule à l’autre, peuvent se résumer par un petit nombre de facteurs dans Fidioplasma.

Cela valait la peine d’une explication].

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du morceau de musique, formé de la succession des notes et des accords, représente l’organisme entier avec l’ensemble de ses propriétés et de ses caractères. Le nombre des organismes que peuvent composer les quelques centaines de groupes micelliens de l’idioplasma est aussi illimité que celui des morceaux de musique que l’on peut exécuter avec les quelques dizaines de touches du clavecin.

Structure de l’ idioplasma. — Dans la masse de protoplasma primordiale dont nous sommes partis et dans les organismes unicellaires, l’idioplasma n’a pas besoin de revêtir une structure très particulière. Il suffit qu'il contienne les groupes micelliens nécessaires à l’expression de ses caractères et à l’accomplissement de ses fonctions, liés entre eux par les relations convenables pour déterminer leur entrée en action successive ou simultanée. Mais, dans les organismes pluricellulaires et surtout dans ceux doués de la faculté de se reproduire autrement que par division simple, il doit se disposer de manière h satisfaire à des exigences multiples.

Un rameau planté dans la terre humide se développe et fournit des racines : parfois, chez le saule par exemple, une simple feuille suffit pour cela. Or ces racines ne sont pas quelconques. Ce sont celles de la plante avec tous leurs caractères. Il faut donc que les groupes micelliens correspondant aux caractères de ces racines aient été présents dans l'idioplasma de cette feuille ou de ce rameau.

Les spores, les ovules, le pollen, les bourgeons des plantes, les œufs et les spermatozoïdes des animaux, avant d’être séparés de l organisme, lui étaient rattachés en des points variés, et le fragment d’idioplasma qu'ils renferment faisait, à ce moment, partie du réseau général au même titre que n’importe quel autre fragment de ce réseau. 11 faut donc qu’en tous les points du réseau, l'idioplasma contienne toutes les sortes de micelles nécessaires à l’expression de tous les caractères de l’organisme. Cela ne se peut que si chaque sorte de micelle est représentée par un nombre immense d’individus identiques disposés en file longitudinale. La notion précédemment acquise du micelle doit donc faire place à celle de la file micellienne , file composée d’un seul rang de micelles identiques disposés bout à bout, s’étendant dans tout le réseau, se ramifiant comme lui, présente en tous ses points sans exception.

Mais nous avons vu que le micelle isolé ne peut déterminer un caractère ou une fonction même élémentaire. Il faut plusieurs micelles pour cela, et le caractère ou la fonction résulte de leur groupement. De même; la file micellienne isolée est impuissante. Mais au groupe micel-

lien correspond un faisceau de files longitudinales et ces files étant parallèles reproduisent rigoureusement l’arrangement du groupe micellien. Donc à la notion de groupe micellien, facteur d’un caractère élémentaire en un point, il faut substituer celle de faisceau de files longitudinales, facteur de ce même caractère dans l'ensemble de l'organisme.

Enfin nous avons vu que les caractères réels ou complexes sont déterminés par l’association synergique des groupes micelliens, facteurs des caractères élémentaires qui les composent. Les notions de ces groupes synergiques de micelles doit faire place à celle de groupes synergiques de faisceaux de files, s’étendant, comme ceux-ci, dans toute la longueur du réseau.

Comme ces divers groupements jouent un rôle considérable dans la théorie et que nous devrons à chaque instant les désigner, il est nécessaire de préciser leurs dénominations. Nous appellerons files micelliennes ou simplement files les séries longitudinales formées par la répétition d’un seul et mêmemicelle d’espèce donnée; faisceaux de files ou simplement faisceaux les groupes de fdes associées invariablement ensemble pour la détermination des caractères et fonctions élémentaires; groupes dynamiques ou simplement groupes, l’ensemble des faisceaux de files réunis dans une action synergique commune pour la détermination d’un caractère complexe ; nous emploierons le terme de facteur iclioplasmatique ou simplement facteur pour indiquer le faisceau ou le Groupe dynamique correspondant à un caractère ou à une fonction, lorsque nous ne voudrons pas distinguer s’il s’agit d’une fonction ou cl’un caractère simple ou composé, et que nous voudrons désigner la base idioplasmatique de ce caractère sans autrement la préciser; enfin nous réserverons le nom de cordon idioplasmatique ou simplement de cordon aux filaments formant les mailles du réseau. Tout cordon contient la totalité de files, faisceaux et groupes appartenant à l’organisme. C'est un ensemble complet, dont la longueur seule varie, ce qui n’a pas d’importance puisque la structure est invariable dans le sens longitudinal h

1 [Nægeli n’emploie pas ces distinctions, mais elles résultent clairement de son exposé et il était utile de mettre en lumière que chaque faisceau est composé de certaines files, toujours les mêmes et toujours synergiques, tandis qu’il fait partie lui-même de nombreuses associations dynamiques où il se rencontre dans

les combinaisons les plus diverses avec les autres faisceaux de l’idioplasma.

[Il désigne ce que nous avons appelé les facteurs idioplasmatique s des caractères par le mot anlage, qu’il emploie aussi bien pour les groupes fixes correspondant aux caractères élémentaires que pour les associations d’ordre supérieur,

THÉORIE DE NÆGELI.

Cette disposition des éléments de l’idioplasma en files longitudinales est rendue nécessaire, en outre, par les exigences de l’accroissement. Les cordons idioplasmatiques ne pourraient, en effet, conserver leur structure en s’allongeant si cette structure variait dans le sens de leur longueur J.

La conception des caractères élémentaires formant, par leur réunion, les caractères réels, permet de réduire énormément le nombre des files micelliennes chargées de les représenter et, grâce à cette réduction, on peut comprendre que les cordons micelliens, malgré leurs dimensions extrêmement réduites, puissent en contenir un nombre suffisant 2.

i confusion commode en ce qu'elle permet de glisser sur la difficulté qu’il y a à concevoir ces faisceaux élémentaires faisant partie à la fois de plusieurs associations dynamiques, sans que les forces moléculaires déterminant ces associations viennent à interférer.

[Il représente les files de micelles, non groupées en faisceaux massifs, mais disposées en nappes transversales, leur action commune résultant, même pour les faisceaux élémentaires, d’une vibration simultanée et non d’un groupement matériel en un point du cordon idioplasmatique. Tout cela est d’ailleurs extrêmement confus dans l’exposé de l’auteur et fréquemment entaché de contradictions].

1 Quand un organisme commençant par un œuf s’accroît, prend des proportions considérables, des formes variées, puis, d’un de ses points, détache un œuf qui se comporte de même et ainsi de suite pendant des milliers de générations au bout desquelles l’idioplasma se retrouve, dans l'œuf, avec la même structure qu’au début, il est évident que ces accroissements successifs énormes de sa masse, comportant l’addition et l’intercalation d’un nombre incalculable de micelles, dérangeraient forcément toute disposition variable dans les trois directions. L’arrangement ne peut rester fixe (pie si la disposition est uniforme dans le sens où a lieu l’accroissement.

Lorsque les files sont encore peu nombreuses, leur arrangement est d’abord

concentrique et, si la chose continuait ainsi, le cordon aurait la structure régulière d’un cristal. Mais bientôt, par suite des tractions inégales produites par l’accroissement du plasma nutritif, les nouvelles files ne se placent plus de manière à conserver cet arrangement. Elles se logent dans les points où elles rencontrent le moins de résistance et deviennent le centre de formation de nouveaux groupes concentriques qui s’intriquent de la façon la plus complexe.

2 Ce nombre néanmoins reste considérable, d’autant plus qu’il faut un groupe de micelles pour chaque caractère élémentaire et que tous les groupes doivent être présents à la fois dans toutes les tranches transversales de l’idioplasma; il s’agit donc de savoir si les cordons idioplasmatiques sont capables de le contenir.

Ces cordons sont ultramicroscopiques.

Cependant on peut admettre que la structure réticulée du protoplasma et, dans la division nucléaire, le fuseau achromatique, correspondent au réseau idioplasmatique ; cela autorise à accorder aux cordons de l’idioplasma un diamètre maximum de Og,l. C’est donc dans une surface de Og, 01 (c’est-à-dire dans un carré de ldixmillième de millimètre de côté) que doiventtenirtous lesmicelles nécessaires.

Jadis cela n’eùt pas gêné, car, les phy- \ siciens n’ayant pas déterminé le volume des molécules, l’imagination avait le champ libre pour leur attribuer la petitesse nécessaire à la théorie. Mais au-

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Action de V idioplasma sur les caractères et les fondions . — Les faisceaux idioplasmatiques ne possèdent pas, eux-mêmes, les caractères et fonctions qu’ils représentent, mais ils les déterminent par l’action de leurs forces moléculairessurles subs tances et tissusnon idioplasmatiques voisins. Le principal instrument par lequel l’idioplasma exerce son action est la cellule. Le réseau des cordons idioplasmatiques s’étend en nappe sous la face interne de la membrane cellulaire et détermine sa constitution chimique, ses caractères physiques, son épaisseur, sa consistance, les vitesses d’accroisement en ses divers points, d’où résultent ses pores, ses bandes d’épais-

jourd’hui, la cinématique des gaz a permis de se faire une idée de ce volume.

On sait -que, à 0° et sous la pression atmosphérique, lcmc de gaz contient 21 trillions de molécules, ce qui permet de fixer le poids absolu de sa molécule. Lorsque le gaz passe à l’état liquide ou solide, le nombre ne change pas et, en comparant le poids absolu de la molécule au poids spécifique du liquide ou du solide, on obtient le volume de la molécule. C’est ainsi que l’on sait que dans la longueur de lg s’alignent 3000 molécules d’eau.

Les substances albumineuses ont une composition extrêmement variable, mais on peut satisfaire aux exigences de l’explication de toutes ses variétés en admettant un petit nombre de substances albumineuses fondamentales, miscibles en proportions variées, et pouvant différer, en outre, par la teneur en substances accessoires : phosphore, chaux, magnésie, etc. Au lieu de la formule généralement admise C72 H36 Az18 S O22, dont on multiplie encore les exposants pour expliquer l’origine des produits de dédoublement, on peut admettre des substances albuminoïdes les unes à 12 C, les autres à 24 C avec plus ou moins de Az, de H et de O mélangées entre elles en proportions diverses. Ainsi la formule à 72 C pourra représenter un groupement déjà élevé de molécules albumineuses et être appliquée telle quelle, ou multipliée par un coefficient faible, pour représenter la constitution chimique du micelle.

Le poids absolu du micelle déduit de

cette formule est 1 trillionième (10-12) de 3miuigq53. ()r le poids spécifique de l’albumine desséchée est 1,344, d’où l’on déduit que lg3 contient environ 400. millions de micelles. Mais il faut tenir compte de l’eau dont il y a au minimum 2 molécules interposées entre chaque micelle, sans tenir compte des espaces nécessaires pour l’admission des substances nutritives et la sortie des déchets. En tenant compte de cette eau, on a :

Micelle à Nombres fies Micelles dans un carré de ().A,1 de côté

pour eau 74 % 25 000, pour eau 80 °/°

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