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THÉORIE DE O. HERTWIG

On peut cependant triompher de cette difficulté en admettant avec de Vries que les idioblastes sont contenus dans le noyau et y restent à l’état latent; qu’il en sort seulement un certain nombre qui passent dans le cytoplasme, s’y multiplient, y deviennent actifs et confèrent à la cellule ses propriétés particulières.

Quant aux causes pour lesquelles ce sont tels idioblastes qui deviennent actifs dans une cellule et tels autres dans une autre, il faut les chercher dans les influences du milieu ambiant, influences qui ne sont point les mêmes en tous les points, et dans les actions réciproques des cellules les unes sur les autres, actions qui dépendent, à chaque instant, de leur arrangement et qui changent chaque fois que cet arrangement se modifie. En sorte que l’on peut dire que la différenciation est fonction du lieu et qu’une cellule placée en un point donné chez l’embryon devient ceci et non cela, non en raison d’une différence initiale dans sa constitution, mais par suite de sa présence en ce point et non ailleurs. Toute autre cellule de l’embryon, mise à sa place, eut eu la même évolution qu’elle, pour la bonne raison qu elle ne diffère d’elle en rien par sa constitution.

Critique .

La critique de la théorie est aisée; elle est même presque inutile, en ce sens qu’elle a déjà été faite. Hertwig, en effet, n’invoque presque aucun principe nouveau et la plupart des points ont été discutés à propos des théories qui invoquent ces mêmes principes.

Comme conception théorique, les idioblastes sont identiquement les plasomes de Wiesner (92); par leurs propriétés, ils ne diffèrent en rien des pangènes de de Vries. Nous n’avons d’ailleurs aucune objection de principe à faire à leur existence. Rien n'est plus légitime envoyant la cellule, le noyau, les chromosomes, le centrosome, les microsomes nucléiniens eux-mêmes s’accroître et se multiplier par division, que d’admettre l’existence de particules ultra-microscopiques douées de mêmes propriétés.

Mais pour ce qui est de faire des idioblastes les facteurs des caractères et propriétés élémentaires, nous ne pouvons que renvoyer à la critique (pie nous avons faite de cette hypothèse à propos des faisceaux micelliens de Nægeli et surtout des pangènes de de Vries.

En un point cependant Hertwig est en progrès immense sur ses devanciers : c’est quand, pour expliquer la différenciation ontogénétique, à la tension des faisceaux de Nægeli, à la migration spontanée de de Vries, inad-

LES THÉORIES GÉNÉRALES

missibles l’une et l’autre, il substitue l’influence des conditions ambiantes et montre, avec Driesch (91 à 93), l’importance extrême de leur action.

On ne saurait trop méditer la proposition suivante, sinon tout à fait vraie du moins profondément suggestive, et qui résume ses vues sur l’origine de la différenciation : clans la gastrala , ce ri est pas V endoderme qui s invaginé , mais c est ce qui s’invagine qui devient endoderme1 .

Mais Hertwig pèche en deux points. Le premier, c’est qu’en attribuant au noyau un rôle directeur, il est entraîné à n’accorder aucune attention au reste de la cellule et à nier les divisions hétérogènes, si évidentes pour le cytoplasme. Par là, il se lie les mains et se met dans l’obligation de demander aux conditions ambiantes tous les facteurs de la différenciation, c’est-à-dire beaucoup plus qu’elles ne peuvent donner. Comment admettre que le fait d’être placé à un pôle ou à l’autre de la blastula, au fond du sillon nerveux ou sur ses bords, suffise, à lui seul , sans aucune différence dans les éléments cellulaires, à faire de ces éléments de l’endoderme ou de l’ectoderme, de l’épiderme ou du tissu nerveux? — Le second point c’est que, même si les conditions ambiantes pouvaient à elles seules faire tout cela, il n’en resterait pas moins improbable qu elles prissent pour intermédiaire des unités représentatives spéciales émigrant, sur leur influence, du noyau dans le cytoplasme.

Hertwig s’est laissé entraîner sur la pente des unités représentatives , et cela avec d’autant moins de raison qu’il n’en tire aucun avantage, car il ne prête à ses idioblastes aucune de ces propriétés merveilleuses que les autres attribuaient aux leurs, en sorte qu’il eût aussi bien pu demander directement à la cellule ce qu'il lui demande par l’intermédiaire des idioblastes.

1 Par ce côté de sa théorie, Hertwig parmi ceux auxquels nous avons donné mériterait, ainsi que Driescti, d’être rangé le nom d 'Organicistes.

THÉORIE DE WE1SSMANN. — DÉTERMINANTS

<1. Particules représentatives à la fois des cellules du corps et des caractères élémentaires.

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