LES ORGANES ACCIDENTELS DU CYTO PLASMA
A côté de ces organes, il faut parler des substances nutritives, qui sont si abondantes dans quelques cellules qu’elles augmentent leur volume dans desproportionsparfois colossales1. Ce sont les substances lécithiques qui se rencontrent dans beaucoup d’œufs et dans les blastomères issus de leur segmentation. Ces substances méritent d’être mentionnées parce que, par leur volume, elles troublent parfois toute l’harmonie de forme de la cellule. Quand elles sont peu abondantes, elles sont réparties uniformément dans le cytoplasma et le noyau reste au centre de la cellule. Mais quand elles sont en grande quantité, elles s’accumulent à un pôle, dit végétatif, tandis que le cytoplasma est refoulé vers l’autre, dit animal. Cependant il y a toujours du cytoplasma dans toute l’étendue de la cellule, mais très inégalement réparti. Au pôle animal il est pur, et en s’éloignant de lui il devient de plus en plus mélangé de lécithe jusqu’au pôle végétatif où celui-ci règne presque seul. L’ensemble du cytoplasma peut alors être comparé à une masse compacte d’où part un réseau dont il forme les filaments, tandis que le lécithe occupe les mailles. Ces mailles sont d’abord
minée. Elles peuvent se diviser, se résoudre en vacuoles plus petites pour se reformer ensuite des mêmes éléments, et dans tous ces changements la paroi conserve intégralement son individualité.
Les poils sensitifs des plantes carnivores en montrent un bel exemple. Ils contiennent une grosse vacuole qui, sous l’influence d’une excitation , se résout en une multitude de petites qui se dispersent, puis peu à peu se rassemblent et reforment la vacuole primitive. Cette paroi manifeste encore son individualité par la manière dont elie arrête certains réactifs. Ainsi l’éosine colore toute la cellule, sauf le suc des vacuoles qui reste incolore.
Dans les graines les vacuoles disparaissent par dessiccation et se reforment par l’imbibition. Mais cette disparition n’est qu’apparente. Wacker a découvert que les grains d’aleurone sont le contenu desséché de ces vacuoles. Le suc se concentre peu à peu, puis les substances albumineuses se précipitent, les uns sous la forme de cristalloïdes, les autres en masse amorphe autour des premières. On peut
THÉORIES OE L’HÉRÉDITÉ
reproduire le phénomène artificiellement au moyen d’une solution d’une partie d’acide azotique pour quatre d’eau. Par là se trouvent, à la fois, confirmée l’origine panméristique des vacuoles et réfutée l’origine néogénétique des grains d’aleurone.
De Yries (85) montre en outre que l’on peut, par les procédés de plasmolyse (immersion dans de l’eau chargée de substances dissoutes à un certain degré de concentration), isoler dans la cellule intacte la vacuole avec son enveloppe de protoplasma, et il prouve que cette vacuole peut rester vivante, tandis que tout le reste meurt. Went (88, 90) a fait voir aussi, après lui, que les vacuoles naissent les unes des autres par division, comme fait le noyau dans la cellule ; mais Klebs (90) a prouvé qu’il n'en était pas toujours ainsi et Pfeffer (90) a réussi à produire à volonté des vacuoles artificielles chez les myxomycètes.
1 Ainsi un jaune d’œuf d’oiseau n’est qu’une énorme cellule. Celui de l’œuf de V Epi omis devait constituer une cellule grosse comme le poing.
LES FAITS
étroites et-les filaments épais, mais peu à peu ce rapport se renverse, et au pôle végétatif les filaments sont fins et très espacés et les mailles énormes. Dans ce cas, le noyau ne reste plus au centre cle la cellule. Il se place là où il y a le plus de cytoplasma. On peut résumer les lois multiples données par 0. Hertwig (84) pour déterminer sa position en une seule, en disant : le noyau, dans la cellule, occupe le centre de gravité du cytoplasma (*).