‹ L'hérédité et les grands problèmes de la biologie généraleChapitre 233 sur 300 · THEORIE DE DESCARTES · texte numérisé non relu

THEORIE DE DESCARTES

mière formation du corps et l’accroissement ultérieur de ses parties en poursuivant l’analyse des phénomènes jusque dans leur détail intime. Il a cherché non pas, comme tant d’autres, à faire comprendre comment pourrait se former un produit semblable aux parents, au moyen de liqueurs séminales auxquelles ils attribuaient une composition compliquée et hautement spécifique, mais à expliquer dans le détail la formation de tous les organes, sans attribuer aux liqueurs séminales mâle et femelle d’autres vertus que celles de liquides capables de s’échauffer par fermentation et d’entrer en mouvement à la suite de cet échauffement. Sa théorie extrêmement simpliste est, et c’est là comme conception théorique son mérite principal, purement mécanique. A Fin verse des microméristes , il ne met presque rien dans les prémisses de son hypothèse et cherche à en tirer tout par la seule vertu des actions et réactions mécaniques des parties les unes sur les autres, selon leur volume, leur fluidité, leur température, leur élasticité et la direction que leur imprime le cours du sang.

Aussi, bien entendu, ses explications sont-elles toutes fausses et, ce qui est plus grave, d’une insuffisance qui, même à son époque, pouvait être reconnue. Après avoir indiqué comment se forment le cœur, le sang et les premiers vaisseaux, il décrit en détail la formation des autres organes. Mais, pour tous, son explication est la même. C’est le sang qui pousse dans un sens, ce sont les parties fluides qui se dégagent d’un côté, les parties lourdes qui se déposent d’un autre et tout cela gratuitement, sans raison sérieuse ; et il arrive toujours, en combinant ces diverses actions, à faire former l'organe où il est et comme il est. Il n’y a qu’un malheur à cela, c’est que si l’organe était ailleurs et autrement constitué, l’explication serait la même, il ferait passer le sang d’un autre côté, dégager les parties fluides dans une autre direction, déposer les parties lourdes en un autre point, et il arriverait encore à son but. A chaque instant il devrait se demander pourquoi les organes dont il explique la formation revêtent la forme particulière qu’ils ont dans l’espèce, quand les causes invoquées sont si générales qu’elles ne diffèrent en rien dans tous les êtres qui se reproduisent par voie sexuée. Même en tenant compte de l’époque, on est obligé de reconnaître que la fantaisie et les assertions gratuites jouent un rôle un peu trop grand dans sa doctrine.

Quoi qu’il en soit, par la position qu’il a prise dans la question, Descartes n’en est pas moins le promoteur de la biomécanique, et la théorie du développement de Roux, si supérieure à elle dans le détail qu’on ose à peine les comparer, n’en repose pas moins sur un principe identique.

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LES THÉORIES GÉNÉRALES

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