CHIMIE DE LA CELLULE
tine et nucléine soient presque synonymes, la chromatine appartient au premier groupe et la nucléine au second, et l’on peut dire que la chromatine des histologistes est une des variétés de la nucléine des chimistes.
Rien n’empêche d’ailleurs que ces substances passent de la première catégorie dans la seconde. C’est ce qui est arrivé pour la plastine de Reinke (81) à la suite des recherches de Zacfiarias (83).
Cela bien compris, examinons successivement les différentes parties de la cellule.
La composition de la membrane des cellules animales est à peu près inconnue. Cependant on connaît celle de la membrane vitelline de certains œufs à jaune volumineux, qui est en somme une membrane cellulaire. Krukenberg a pu déterminer celle de l’œuf du Scgllium et Liebermann celle de l’œuf de poule. C’est une substance albuminoïde incomplète, analogue à la kératine, contenant du soufre et point de phosphore. Il est donc permis de supposer que des substances albuminoïdes analogues constituent les autres membranes cellulaires.
Le cytoplasma comprend dans sa constitution :
1° Des nucléo -albumines, substances albumineuses1 légèrement phosphorées, solubles dans le suc gastrique, qui les décompose en peptones restant en solution et en acide nucléique qui précipite. Ces substances sont sans doute multiples et variées. Nous ne sommes pas actuellement en état de distinguer ni même de dénombrer celles qui font partie d'un cytoplasma donné;
2° des globulines, substances albumineuses non pliosphorées, insolubles dans l’eau pure, solubles dans les solutions salines à 5 à 10 % , d’où l'eau pure les reprécipite;
3° de la lécithine, graisse phospliorée soluble dans l’alcool, qui est l’éther glycérophosphorique d’un alcool-alcali, la choline;
4° de la cholestérine, C26 H43 OU, alcool monoatomique solide, cristallisable, soluble dans l’éther et dans l’alcool bouillant;
1 J’emploie cette dénomination de substances albumineuses dans le sens précis qui a été fixé par A. Danilevsky (94), c’est-à-dire dans celui de substance albuminoïde vraie, complète, possédant, dans des proportions variées, tous les groupes essentiels qui entrent dans la constitution de l’albumine de l'œuf, réservant, comme lui, le nom de sub-
stances albuminoïdes à celles dans lesquelles quelqu'un de ces groupes essentiels manque, telles sont : la glutine, la kératine,\3LSpongine, la fibroïne, Vélastine, la cornéine, etc.
Les autres auteurs appelaient ces substances les unes albuminoïdes, les autres uibumoïdes, mais sans distinction précise.
LES FAITS
5° des chlorures et des phosphates de potassium , de sodium , de magnésium et de calcium;
6° du fer en combinaison organique ;
7° du manganèse en combinaison organique, probablement pour la plus grande partie sous forme de ferments solubles que le cytoplasma fabrique et par l’intermédiaire desquels il accomplit un grand nombre de ses fonctions (G. Bertrand [97], Pichard [98]).
Les deux substances albumineuses que renferme le cytoplasma ne sont pas mélangées dans celui-ci. La première, phosphorée, et en quantité relativement minime, forme les parties figurées (fibrilles, granules, spongioplasma) ; la seconde, non phosphorée, et en quantité beaucoup plus grande, forme le hyaloplasma amorphe qui occupe les intervalles des précédentes.
Dans le noyau, la composition de la membrane d’ amphipyrénine n’est pas connue, pas plus que celle du suc nucléaire de paralinine avec les grains de lanthanine qu’y a décrits Heidenhain1.
La chromatine est formée d’un peu de lécithine et de cholestérine * unies à des nucléo-albumines qui en forment presque toute la niasse. Cette nucléine est une substance richement phosphorée, insoluble dans le suc gastrique. Elle est formée par l’union de l’acide nucléique, composé chimique défini, avec des substances albumineuses diverses.
Le nucléole , ou si l’on veut la pyrénine ou paranucléine des histologistes, semble être une combinaison d’albumine avec de la plastine . substance analogue à la nucléine , mais beaucoup moins riche en phosphore et s’en distinguant par ce qu’elle reste non dissoute dans des solutions acides et alcalines qui dissolvent celle-ci.
D’après les recherches toutes récentes de Frenkel (94), la linine de Schwartz ou parachromatine de Pfitzner, qui constitue les filaments achromatiques, serait formée comme le nucléole de plastine unie à une substance albumineuse, mais elle n’est pas cependant identique à la paranucléine du nucléole, puisque ses réactions histochimiques ne sont pas les mêmes 2. Enfin le suc nucléaire ou enchylema est une substance
1 D’après Korsciielt, le noyau, en dehors 2 Frenkel appelle cependant paranude la linine, contient deux substances oléine la substance des filaments acliro-
colorables, la basichromatine en filaments matiques et donne le nom de filaments ou grosses masses et Yoxyehoromatine paranucléairesk ces filaments eux-mêmes, (i lanthanine de Heidenhain) en fines gra- D’après lui, la paranucléine est basique nidations. et fixe les couleurs acides. Danilevsky