‹ L'hérédité et les grands problèmes de la biologie généraleChapitre 26 sur 300 · CHIMIE UE LA CELLULE · texte numérisé non relu

CHIMIE UE LA CELLULE

aqueuse contenant en dissolution diverses matières albuminoïdes précipitables par l’alcool et les acides.

Toutes ces notions semblent bien décousues, et elles le sont, en effet, si on s’en tient à ces données expérimentales. Mais elles deviennent beaucoup plus claires et mieux liées entre elles si on les envisage à la lumière d’une théorie qui n’est peut-être pas à l’abri de toute objection, mais qu’il est bon d’accepter au moins provisoirement en raison des commodités qu’elle procure. Voici cette théorie telle qu’elle s’est dégagée peu à peu des nombreux travaux récents, en particulier de ceux de Kossel (81, 82), de Zacharias (83), cTAltmann (89), de Lilienfield (92, 93), etc.

Les substances constituant la partie fondamentale du cytoplasma ou des organes du noyau seraient toutes des combinaisons, en proportions variées, d’une seule substance phosphorée, X acide nucléique , avec des substances protéiques non phosphorées. L’acide nucléique est un corps chimique défini, que l’on a préparé et isolé. Il est riche en phosphore et correspond à la formule brute C4° H3'1 Az14 P4 O27, ce qui donne environ \\ % de cette substance (*). Il constitue, uni à des substances albumineuses très simples, les protamines, la tète des spermatozoïdes d’un grand nombre de poissons, formée, comme on sait, des parties essentielles du noyau et du cytoplasma (**). Cette union est de même nature que celle d’un acide et d’une base et donne naissance à un véritable sel, un nucléinate neutre de protamine. Uni aux matières protéiques, il forme des

conteste formellement cette basicité et substance, une preuve formelle d’acidité

pense que le fait de fixer des couleurs ou de basicité. Il y a là d’autres causes

basiques ou acides n’est, pas, pour une qui interviennent.

(*) Cette formule de l’acide nucléique est de Ivossel (97).

(**) Mathews (97 : III, 17), Ivossel (97 : III, 15, 17; 98 : IV, 55; 99 : V, 54) et d’autres expérimentateurs ont démontré que la tête des spermatozoïdes d’un grand nombre de poissons est formée d’acide nucléique uni à des matières albumineuses très simples, généralement des protamines. C’est ainsi que les tètes des spermatozoïdes du saumon et du hareng sont formées respectivement de nucléinate de salmine et de clupéine; celles de l’Esturgeon, de nucléinate desturine; celle d’un oursin, YArbacici, de nucléinate d’arbacine; celles du Maquereau, de nucléinate de scombrine. La queue des spermatozoïdes est formée de lécithine, cholestérine et graisses. Miescher sépare les tètes des queues par le procédé suivant. On contrifuge 2 à 3 fois les spermatozoïdes dans l’eau distillée. La majeure partie des queues se dissout et peut être reprécipitée en acidulant le liquide par l’acide acétique. Les tètes se présentent, alors sous forme d’une [tondre dense.

Les protamines les mieux connues sont la salmine et la clupéine, qui semblent être identiques entre elles, et la sturine. Ces substances, qu’on prépare facilement à l’état de pureté en agitant les spermatozoïdes dégraissés avec de l’acide sulfurique faible, répondent aux formules suivantes: la sturine, C3G II09 Az19 O7 ; la salmine et la clupéine, C30 \V>7 Az17 O3.

’ L’étude de leur hydrolyse conduit à des résultats très intéressants. On obtient à côté d’acides amidés, des bases azotées très simples, à 6 atomes de carbone, qu’on a nommées bases

LES FAITS

nucléines, dont il existe des espèces nombreuses et qui, prises au sens large, peuvent comprendre toutes les substances phosphorées protéiques de la cellule. Plus ces nucléines sont riches en acide nucléique, plus elles sont acides et riches en phosphore, et plus aussi leur rôle semble important. La chromatine est une nucléine ordinaire très riche en acide nucléique et par conséquent en phosphore, et franchement acide; la plastine l’est sensiblement moins; la linine et la pyrénine le sont moins encore puisqu’elles sont formées par l’union de la plastine à une nouvelle matière albumineuse non phosphorée ; enfin, dans les nucléo- albumines du cvtoplasma, la proportion d’acide nucléique devient très faible, la teneur en phosphore tombe à 1 ou même 1/2 %0 , et la substance devient encore moins acide. Quant aux autres substances phosphorées ou non que l’on rencontre dans le cytoplasme ou dans le noyau, lécithine , cholestérine, sels minéraux, elles sont en quelque sorte additionnelles et ne doivent pas être considérées comme faisant partie intégrante de la molécule albumineuse/*).

hexoniques. Ce sont l’histidine C3 H9 Az3 O2, l'arginine C6 II14 Az4 O2, et la lysine C6 H14 Az2 O2.

La salmine on clupéine fournit seulement de l’arginine. La scombrine donne de l’arginine et delà lysine. La sturine fournit les trois bases.

Les trois bases hexoniques se rencontrent aussi dans l’hydrolyse de. la plupart des matières albuminoïdes. La thymine se rencontre à l’hydrolyse du nucléoprotéide du thymus, des substances albumineuses de la levure, de la rate, du sperme, de l’acide nucléique.

L’arginine se rencontre en grande quantité dans l’hydrolyse des semences de conifère (Schulze [97]).

La constitution des bases hexoniques est à peu près connue. L’arginine est l’uréide de l’acide diamidovalérianique (ornithine), la lysine représente de l’acide diamidocaproïque et la thymine contient un noyau de pyrimidine.

Le sperme des mammifères ne semble pas renfermer de protamines (Miescher, Mathews [•28 : III, 17]). On n’y a pas non plus trouvé d’histone.

D’après Kossel toutes les substances albumineuses seraient formés d’un noyau de protamine autour duquel viendraient se placer des hydrates de carbone, des complexes sulfurés, des groupes aromatiques, des bases et des acides arnidés, etc... etc..., d’autres albumines simples ou des corps du genre de l’histone. Les protamines seraient le squelette des matières albuminoïdes. Il s’ensuit que les bases hexoniques devraient se rencontrer dans l’hydrolyse de toutes les matières albumineuses et, de fait, les cas signalés comme des exceptions diminuent tous les jours.

(*) Les nucléo-albumines sont des substances phosphorées solubles dans les lessives alcalines faibles. Par hydrolyse, ces corps se scindent en albumines et en nucléines. Ces nucléines sont des corps phosphorés qu’une nouvelle hydrolyse ménagée décompose en une nouvelle matière albuminoïde et en acides nucléiques. Ces corps, préparés pour la première fois par Altmann (89), contiennent 8 à 10 % de phosphore. Ces acides nucléiques, étudiés par Kossel et par ses élèves, (97) par Sambuc (98), Milroy, se montrent capables de reproduire des nucléines par des combinaisons les plus diverses avec les substances albuminoïdes. lisse divisent en deux grandes classes : la première, qui comprend les acides nucléiques proprement dits, acides nucléiques du noyau, acides kernnucléiques, renferment les acides qui par hydrolyse donnent de l’acide thymique à côté d’hydrates de carbone, de bases xanthiques (xanthine, hypqxantine, guanine, adénine) et de cytosine, base peu connue, cristallisée, répondant à la formule C21H30Azl604 + 5 H20.

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