XIV. LA COMPLICATION PROGRESSIVE DES ORGANISMES
Il ne nous reste, pour terminer l’exposé de nos vues, qu’à montrer comment la complication progressive des espèces, dans l’évolution phylogénétique, a pu se produire, en l’absence d’une sélection créatrice de formes toujours plus parfaites ou d’une tendance interne au perfeclionnement.
La complication de l’adulte repose évidemment sur celle de l’œuf et le problème se ramène à celui-ci : comment s’est produite la complication progressive du plasma germinatif?
Dans notre théorie qui ne voit dans le contenu cellulaire que des substances chimiques et une structure dépendant des actions moléculaires des masses formées par ces substances, et dans la variation que des changements dans la nature de ces substances et dans leur arrangement, l’explication ne souffre aucune difficulté. Chaque fois qu’une substance nouvelle est introduite dans l’alimentation, non seulement elle modifie plus ou moins les substances déjà présentes dans la cellule, mais elle s’ajoute à elles et augmente leur nombre.
D’après Danilevsky (94), dont j’accepte entièrement les vues sous ce
(*) En relisant ces lignes pour la deuxième édition, j’estime que l’idée qu’elles expriment, vraie d’une manière générale, est passablement exagérée. L’action de l’excitative fonctionnelle est pratiquement nulle sur l’œil pendant la vie intra-utérine; et l’œil n’en est pas moins parfait dès la naissance, n’ayant qu’à faire son éducation fonctionnelle. On pourrait multiplier cet exemple.