LA SCISSION
pied et forme une simple bifurcation d’un rameau de la colonie arborescente b Tremblay (1744) a vu l’hydre d’eau douce se diviser spontanément en deux moitiés transversales dont chacune s’est complétée ensuite. Les astéries et certaines ophiures se séparent parfois en deux parties inégales comprenant Tune trois bras et la partie correspondante du disque, l’autre le reste du disque et deux bras. Chacune se complète ensuite
Enfin quelques plathelminthes et annélides oligochètes opèrent par scission spontanée cette multiplication qui leur est si facile après les divisions accidentelles de leur corps (*). Enfin la scissiparité se rencontre très exceptionnellement chez certains animaux pendant les premières phases du développement embryonnaire (**). Dans quelque cas l’œuf luimême se divise avant de se segmenter et donne naissance à deux individus. Chez le Liimbricus trapezoicles , l’embryon se divise au stade gastrula en deux moitiés dont chacune se développe en un individu nouveau2.
Dans d’autres cas, l’une des parties est notablement plus grande que l’autre; elle garde les organes essentiels et n’a guère qu’à cicatriser la surface de section pour se rétablir en son état primitif. Elle est la continuation de l’individu primitif. L’autre est notablement plus petite et c’est elle qui constitue l'individu nouveau. Elle doit pour se compléter
1 La division des actinies est un phénomène rare. J'ai pu l’observer une fois chez YAnthea cereus. Les deux moitiés du corps se sont écartées comme pour ramper en sens inverse et ont produit une véritable déchirure de la partie intermédiaire qui, après s’être fortement étranglée et étirée, a fini par se rompre.
Le phénomène a duré environ deux heures.
Chez les polypiers la division est, au contraire, un phénomène fréquent et normal. Elle contribue à la ramescence, tandis (jue chez les alcyonnaires la ramification
(*) On distingue sous le nom par une excitation violente et non mais <pii sécutivc.
1135) en a trouvé
O Marchai. (08 :
pie chez un insecte (groupe où pareil cyrtus endoparasite, chez Yllyponomeule.
mènes lu nom de yerminogonie.
est due au seul bourgeonnements Parmi les ophiures, la division a été observée chez YOpliiactis virais par Simroth (77). Les lAi.mhrirulus et Ctenodrilus sont jusqu’ici les seuls oligochètes connus pour se reproduire par scission spontanée.
2 On peut se demander si pareille chose n'arrive pas chez les vertébrés. Il ne serait pas impossible que chez l’homme, les jumeaux identiques provinssent de la division du germe. Une séparation incomplète expliquerait les monstres doubles.
d’ autotomie reproductrice une scission brusque, provoquée précédée d’un accroissement préparatoire quelconque, en général à des places prédestinées, aptes à opérer la régénération con- IIescheler (07 : III, 155) l’a étudiée de .nouveau chez les vers; Monticei.i.i (06 : II, un nouvel exemple chez l’holothurie Cucumaria.
IV, 164; 00 : V. 142) en a découvert et étudié un fort intéressant exemphénomène n’avait jamais été observé), chez YEn- Brandes (98 : IV, 165) a proposé pour ces phéno-
LES FAITS
former de nouveaux organes importants, mais ce travail d’achèvement et de différenciation s’opère, au moins en partie, avant la séparation. Chez les Nais, on voit en un point du corps du ver un groupe d’anneaux se transformer en tête avec ses veux et ses tentacules, une bouche s’ouvre et se munit de ses appendices, puis la scission s’opère entre les deux individus. Chez le Microstoma lineare la même chose se produit en un point d’un corps non segmenté. De l’œuf de certaines méduses naît un polype appelé scyphistome qui se divise par des étranglements transversaux en segments superposés. Ces segments se munissent d’une couronne de tentacules et se détachent successivement sous la forme de petites méduses h
Par les cas de ce genre la scission donne la main au bourgeonnement et rend presque insensible la transition entre ces deux modes de multiplication.
Son explication comporte les mêmes difficultés que nous avons déjà rencontrées dans la régénération et la différenciation ; et il y aurait, en outre, à trouver les causes qui déterminent un être, resté simple jusque-là, à se diviser à un moment donné et à une place donnée, quand d’autres, aussi volumineux et de même espèce, souvent ne le font pas (*).
* Dans tous ces cas, la séparation étant tardive, de nouveaux segments ont le temps de se préparer avant que les précédents se détachent. Il en résulte une chaîne d’individus dont les degrés de développement sont de plus en plus avancés à partir d’une extrémité. Lamyïianide, en cet état, semble formée d’une chaîne d’individus qui ont l’air de se mordre la queue. Ici les nouveaux individus se détachent de la partie caudale, tandis que dans le scyphistome c’est l'inverse. Le scyphistome segmenté porte le nom de strobile. Il ne faut pas confondre ce strobile avec celui des vers cestodes. Chez ceux-ci la séparation des anneaux à la partie caudale n’a pas la signification d’une multiplication par division, puisque les parties qui se détachent sont des anneaux arrivés à la sénilité et destinés à mourir pour mettre en liberté les œufs qu’ils contiennent. Chez le Mi-
(*) Brode (98 : IV, 168) a montré, par l’étude du Dero, l’influence des conditions biologiques sur la scissiparité.
crostoma lineare , qui est une planaire, il se forme au milieu du corps insegmenté un étranglement, au-dessous de celui-ci se dessine une tête et l’on a bientôt deux individus bout à bout. Puis le phénomène se répète sur chacun d’eux et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il en ait huit; alors la séparation se fait au niveau de l’étranglement le plus ancien et la chaîne se divise en deux autres formées chacune de quatre individus; puis de nouveaux étranglements se forment et ainsi de suite. Particulièrement remarquable est ici le fait que les nouvelles bouches et les nouveaux ganglions nerveux se forment aux dépens du parenchyme mésodermique, tandis que dans l’ontogénèse ces parties provenaient de l’ectoderme (Fr. Wagner [93]). C’est encore un cas de non-parallélisme de l’ontogénèse et delà régénération.