‹ L'hérédité et les grands problèmes de la biologie généraleChapitre 59 sur 300 · OYOGEXESE ET OEUF MUR · texte numérisé non relu

OYOGEXESE ET OEUF MUR

à ce stade, parce qu’elles se chargent en outre de réserves alimentaires abondantes et passent à l’état d 'ovocytes de premier ordre. Ces ovocytes de 1" ordre sont ce que les histologistes appelaient les ovules et qu’ils caractérisaient par leur volume, leur forme sphérique et leur noyau (ou vésicule germinative) gros, central, bien rond, réfringent. En cet état, ce ne sont pas cependant les vrais ovules capables d’être fécondés. Ce sont leurs cellules grand’mères et, comme dans la spermatogénèse, il faut encore deux divisions, pour leur donner naissance. L oyocyte de 1er ordre se divise donc en deux ovocytes de deuxième ordre et chacun de ceuxci en deux cellules finales qui sont les homologues des spermatides.

Mais, pendant cette phase de réduction, l’ovogénèse présente avec la

1. L’ovocyte de 1er ordre contenant les chromosomes supposés au nombre de 8. — 2. Fuseau du l01' globule polaire. — 3. Le 1e1' globule Gi est émis et les chromosomes sont réduits à 4 de chaque côté. — 4. Le fuseau du 2e globule se forme et le lpr globule Gi s’est divisé en deux autres Gi , et Gi2. — 5. Le 2e globule Gu est émis avec deux chromosomes et le pronucléus femelle, réduit aussi à deux chromosomes, reste dans l’œuf.

spermatogénèse des différences, non essentielles, mais très remarquables cependant. Les divisions des ovocytes ne sont pas égales. Les deux cellules-fdles, l’une très grosse 0 (fig. 12) continue la lignée de l’œuf, l’autre très petite est un produit de rebut que l’on appelle le globule polaire G (fig. 12). L’une et l’autre sont cependant sœurs. A la première division, elles représentent les ovocytes de 2e ordre et sont, l une 0 (3, fig. 12), un gros ovocyte, l’autre Gi, (ibid. ) , le 1er globule polaire. A la division suivante, le gros ovocyte de 2e ordre 0 se divise de même très inégalement en deux cellules-sœurs, représentant les spermatides du mâle, l’une grosse, l’ovule mur 0 (5, fig. 12), avec un nombre de chromosomes réduit de moitié, et l’autre toute petite, le second globule polaire Gu (ibid). Le 1er globule polaire qui est, si l’on peut dire ainsi, l’oncle du second, se divise, comme son frère l’ovocyte du 2e ordre, en

deux autres Gi] et Gi2 [k et 5, fig. 10) et disparait ainsi laissant à sa place deux autres globules polaires, frères entre eux et cousins du second globule. En sorte que, finalement, on a un œuf bien développé et trois globules polaires, cellules naines, incapables d'évolution ultérieure. Le cas décrit ici est le plus complet, mais le moins fréquent. 11 s'observe chez les mollusques, par exemple. Mais d'ordinaire le 1 " globule polaire ne se divisé pas et persiste à coté du second.

L’œuf, à ce moment, est entièrement mûr et prêt à être fécondé; il n'y a pas ici cette phase distincte qui, dans la spermatogénèse, était nécessaire pour transformer la spermatide en spermatozoïde 1 (*).

1 Cette terminologie, calquée sur celle que La Valette Salnt-Georges avait établie antérieurement pour la spermatogénèse, est due à Boveri. Elle est heureuse et commode et mérite d’être adoptée.

L’émission des globules polaires se fait de la manière suivante (Voir fig. 12, à la page précédente). La vésicule germinative, ou noyau de l'ovocyte, se rapproche de la surface de l'œuf ; elle devient alors beaucoup moins visible et c’est pour cela que, jusqu’à ces dernières années, on croyait à sa disparition. Là, il se fait une division indirecte normale.

L’œuf forme une petite saillie tout à fait marginale dans laquelle prennent place la moitié du fuseau et l'un des noyaux. Après la séparation, le demi-fuseau interne rentre dans l’œuf et aussitôt se complète en un nouveau fuseau entier qui a la même position que le premier, c’est-à-dire s’oriente normalement à la surface et est logé, une moitié dans l’œuf, l’autre dans la petite saillie que forme le second globule. Après l'émission de ce dernier, le noyau réduit s’enfonce de nouveau vers le centre du cytoplasma. Le demi-noyau qui forme le globule (soit le premier, soit le second) est aussi gros que le demi-noyau ovulaire. C’est le cytoplasma qui établit à lui seul l’énorme différence de grosseur entre les deux

cellules. Dans bien des cas, il semble que le globule soit vraiment réduit à son noyau, mais souvent on voit autour de lui une mince couche de cytoplasme. Le phénomène a alors la signification bien nette d’une division cellulaire, ainsi que l’ont constaté Giard (77), Nussbaum (86), Boveri (87,), et les globules polaires prennent la signification d’œufs abortifs (Mark [81]). 11 est possible que jamais le cytoplasma ne soit tout à fait absent du globule polaire.

H. Blanc (93) a observé chez la truite que la fécondation peut prendre place avant les deux globules, ou après eux. ou entre le premier et le second. Même lorsque la pénétration du spermatozoïde dans l'œuf a lieu avant la sortie du deuxième globule, toujours cependant ce globule s’élimine avant la réunion des deux pronucléus (pii constitue la vraie fécondation. Celle-ci est donc en somme toujours postérieure aux divisions réductrices.

Rückert (92) signale chez les sélaciens une aberration singulière. Au moment de la division qui sépare le premier globule polaire, il se produit une division longitudinale supplémentaire qui double le nombre des chromosomes. 11 ne dit pas quelle est la conséquence de ce fait.

Boveri et Henking ont constaté que, chez Y Ascaris megaloeephala, la division

O La question de l’existence ou de l’absence d’un ovocenlre a été et est encore une des plus litigieuses. Son existence est affirmée, entre autres, par Weeliier (95 : 1, 114 et 97 : 111,

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