‹ L'hérédité et les grands problèmes de la biologie généraleChapitre 61 sur 300 · OVO GENESE ET OEUF MUR · texte numérisé non relu

OVO GENESE ET OEUF MUR

repos pour commencer à se diviser, forme par la section transversale de son filament nucléaire un nombre de chromosomes exactement réduit de moitié. La réduction des chromosomes se fait donc à ce moment, d’emblée et par un moyen bien autrement simple que chez les animaux. Les choses se passent là comme dans la cellule-mère des grains de pollen et cela nous autorise à assimiler le sac embryonnaire jeune et encore unicellulaire à cette cellule-mère et par conséquent à l’ovocyte ou au spermatocyte de 1er ordre. Ici, comme chez les animaux, cet ovocyte ne donnera naissance qu’à une seule cellule ovulaire fécondable, mais les autres cellules sent plus nombreuses que trois et elles ne sont pas toutes abortives1. La différence cependant est toute contingente et il est permis de conclure que, d’une manière générale, les phénomènes de la préparation des éléments sexuels sont, au fond, les mêmes chez les animaux et chez les végétaux et se caractérisent d’une manière générale par la réduction du nombre des chromosomes et le rejet d’une certaine quantité de substance chromatique.

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Fig. 14. — FormatigiL defu'odH-ks-sexuo] s femelles citez les ] liantes. (Schématisé d’après Guignard.)

1 Le noyau du sac embryonnaire (fig. 14) se divise d’abord en deux qui se portent, l’un, noyau supérieur, vers le sommet, l’autre, noyau inférieur , vers le fond du sac. Là chacun se divise deux fois. Au sommet, la première division engendre le noyau-mère des deux synergides et le noyau-mère de Voosphère et d'un autre noyau dit noyau polaire supérieur. La seconde division donne naissance d’une part aux deux noyaux des synergides, de l’autre au noyau de l’oosphère et au noyau polaire en question. Au fond du sac, le noyau inférieur donne, par ses deux divisions successives, le noyau polaire inférieur et trois noyaux qui sont ceux des 3 antipodes. Ces différents noyaux se transforment en cellules en

s’appropriant une partie du cytoplasma.

Les antipodes et synergides finissent par disparaître et la cellule fécondable après sa fécondation forme l’embryon; quant aux deux noyaux polaires, ils se rapprochent Lun et l'autre, se fusionnent et forment le noyau secondaire du sac, qui, après fusion avec le second anthérozoïde, se met à se diviser activement pour constituer les noyaux de l’albumen. (V. aussi la note de la p. 81, à la tin.)

Ajoutons (pie Klebahn (91) a aussi trouvé, dans la conjugaison de quelques algues conjuguées, Closterium, Cosmariwri, certains faits que O. Hertwig (92) interprète comme un rejet de globules polaires.

LES FAITS

c) Réduction chromatique.

Nous avons expliqué que le phénomène principal de la maturation était la réduction numérique, quantitative et qualitative de la chromatine : il nous faut maintenant examiner cette réduction.

Réduction numérique . — La nécessité d’une réduction numérique est évidente, car, à chaque fécondation, les chromosomes du spermatozoïde s’ajoutant à ceux de l'œuf, si l’un et l’autre en avaient le nombre normal, ce nombre doublerait à chaque génération. La réduction numérique a pour effet d’empêcher ce doublement (*).

On a cru d’abord que le nombre des chromosomes était normal dans les cellules, spermatogonies ou ovogonies, qui précèdent immédiatement les 2 divisions maturatives, et l'on admettait que l’une d’elles, la première, se faisait encore normalement et sans rien changer au nombre des chromosomes, tandis que la seconde succédait si rapidement à la première que la division longitudinale n’avait pas le temps de s’effectuer, en sorte qu’une moitié des chromosomes passait dans le 2e globule et une moitié seulement restait dans la cellule sexuelle mûre. Ainsi dans le cas très simple de Y Ascaris megalocephala , où il n’v a dans les cellules du corps que 4 chromosomes, les gonies et les cigtes de 1er ordre (spermatogonies, ovogonies, spermatocytes et ovocytes de 1er ordre) en auraient le nombre normal 4. Dans les cvtes de 1er ordre la division Ion-

gitudinale formerait 4 paires d’anses jumelles dont les cytes de 2e ordre recevraient chacun une moitié qui deviendrait leurs 4 chromosomes. Mais dans ces cytes de 2° ordre, il n’y aurait pas de division longitudinale et les spermatides et l’œuf mûr en recevraient chacun la moitié, soit 2, et ainsi se trouverait effectuée la division réductrice.

Mais une étude approfondie a montré que les choses ne sont pas aussi simples. Boveri (87, 881? 90) a constaté que les dernières gonies et le cyte de 1er ordre n’ont déjà plus que ce nombre 2 de chromo-

(*) Strasbürger (94 : 1, 8?) a émis l’iclée que le nombre normal des chromosomes était celui des cellules sexuelles réduites, car c’était le nombre ancestral avant l’apparition de la reproduction sexuée. Ce nombre a été d'abord doublé à la première conjugaison et a dû se réduire ensuite pour ne pas augmenter indéfiniment. On peut remarquer que ‘ l’ancêtre de l’homme, avant l’apparition de la génération sexuelle, remonte singulièrement loin dans le passé et que bien des caractères se sont modifiés de cet ancêtre à l’homme. Le nombre des chromosomes, ou même la tendance à le reproduire, aurait persisté immuable dans cette évolution? Et! que dire des formes parentes et dont l'ancêtre à reproduction était évidem- 1 ment le même et qui ont cependant un nombre de chromosomes différent commun -Strongylucentrolus qui en a 18 et Toxopneustes qui en a 36??

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