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LES GLOBULES POLAIRES

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sion des globules le résultat d’une lutte de divers groupes moléculaires entre eux. Soit, mais que sont ces groupes, et pourquoi luttent-ils?

Tant que l'on n’a pas connu le détail des phénomènes de la fécondation, on a pu trouver très plausible l’opinion que la division réductrice sert à rendre le noyau de l’œuf moins prédominant par rapport à la masse du spermatozoïde. Mais aujourd’hui que l’on sait qu’il y a autant de choses essentielles, en qualité et en quantité, dans cette tête de spermatozoïde que dans la vésicule germinative, il faut chercher ailleurs une explication.

Strasburger (8i) voit dans le rejet des globules une épuration de la substance nucléaire nécessaire pour lui permettre son évolution ultérieure. L’auteur combat l’idée que se font Mixoret Van Beneden sur la 'nature de cette épuration par d’excellents arguments, mais il n’en fournit pas une meilleure.

Boveri (90), ayant remarqué dans un œuf fécondé d 'Ascaris megaloce phcila deux chromosomes de trop, les considéra comme représentant ceux du premier globule incomplètement éliminés et, ayant constaté qu’ils ne troublaient en rien le développement, conclut que la substance de ces chromosomes ne différait en rien de celle des chromosomes conservés. C’est une conclusion illégitime, car ces chromosomes sont peut-être suffisamment éliminés lorsqu’ils sont rejetés et empêchés de se joindre au corps nucléinien complet du noyau.

Mau pas (89), ne trouvant chez les infusoires aucune différence entre le micronucléus qui s’en va et celui qui reste, les considère comme identiques quantativement et en conclut que la division réductrice n’a d’autre effet que de diminuer la quantité de chromatine des éléments sexuels. D’ailleurs, il ne cherche pas à expliquer la nécessité de cette réduction quantitative (*).

O. Hertnvig (90), qui est aussi d’avis que la substance éliminée n’a point quelque qualité spéciale, a trouvé néanmoins le moyen d’expliquer d’une manière fort ingénieuse la nécessité de son expulsion. D’après lui, l’ovocyte de premier ordre se divise deux fois pour donner quatre ovules. Mais, de ces quatre ovules, un seul garde tout le cytoplasma; dès lors les globules polai res sont des ovules sacrifiés, des frères cadets déshérités aux dépens d’un seul aîné qui a gardé tout l’héritage de cytoplasma. L’émission des globules servirait, non à épurer le noyau de l’ovule, mais à enrichir son cytoplasme. Les faits, en somme, peuvent se résumer ainsi : chez le mâle,

(*) A citer ici l’opinion cITvanzov (9? : III, 139) pour (pii le noyau doit se réduire pour se mettre hors d’état de traiter les spermatozoïdes comme de simples aliments, et accepter les fécondations.

LES FAITS

les divisions qui s’intercalent entre le spermatocyte de premier ordre et les produits murs n'ont, pour effet que de réduire, chez ceux-ci, le nombre des chromosomes à la moitié et la quantité de chromatine au quart de ce qu’ils étaient chez le premier; chez la femelle, les divisions homologues ont d’une part ce même effet, d’autre part celui de porter au quadruple la quantité de cytoplasma par rapport à ce qu'elle aurait été si la division de l'ovocyte de premier ordre avait donné naissance à quatre ovules de même valeur. Mais, tandis que chez le mâle la chromatine du spermatocyte de premier ordre se divise en quatre portions également utilisables, chez la femelle trois de ces portions sont purement rejetées pour laisser à la quatrième tout le cytoplasma qui aurait dû les accompagner.

Une des explications les plus anciennes et les plus célèbres en même temps est celle de Minot (77) à laquelle Balfour et Van Beneden ont aussi attaché leur nom. Elle peut se résumer ainsi : l'œuf fécondé est hermaphrodite. Comme il répartit également son plasma nucléaire entre les produits de sa division, les deux premiers blastomères sont aussi hermaphrodites ; ceux-ci se comportent de même et ainsi de suite, tant qu’il se passe des divisions dans le corps de l’animal. Toute cellule du corps est donc par essence hermaphrodite et l’œuf non fécondé ne fait pas exception. Il doit à sa maturité, pour devenir fécondable, développer en lui une polarité femelle et pour cela éliminer sa partie mâle. La fécondation lui rend son hermaphroditisme un instant perdu 1 .

Mais cette ing-énieuse théorie n’est pas soutenable.

Strasburger (84), Kolliker (85), Hallez (86), Weismann (87), ont fait remarquer, avec raison, que l’œuf n’élimine pas la substance mâle qu’il tient de son père, puisque le produit peut assumer des caractères des ancêtres mâles de la femelle. Si cette théorie était vraie, un enfant ne pourrait jamais ressembler au père de sa mère, ni à aucun des ancêtres femelles de son père ou mâles de sa mère, ce qui est évidemment faux 2 (*) .

1 Sabatier (84) adopte cette idée et l’étend même en retrouvant dans l’expulsion de certains produits cytoplasmiques l’équivalent physiologique des globules polaires chez les êtres où ceux-ci font défaut. (V. la note de la page 140, à la fin.)

2 II nous resterait à parler des deux

théories de Weismann (87 et 92a), celle du plasma ovogène et celle des plasmas ancestraux ou ides, et de la théorie à laquelle Haacke (93) a donné le nom <Y apomixïe Mais on les trouvera exposées avec les théories générales de ces auteurs.

(*) J’ai développé dans une communication au 5e Congrès international de zoologie de Berlin en 1901 (Voir aussi Rev. gén. de vol. XII, n° 19, p. 864 à 874, 1901), de graves ob-

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