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LA PARTHÉNOGENÈSE

0. Hertwig (90) avaient observé ce fait, dans des conditions pathologiques expérimentales, chez des animaux qui normalement ne se reproduisent pas sans fécondation et Braver (93) l’a retrouvé, chose beaucoup plus significative, à titre de phénomène normal, chez un petitcrustacé qui se reproduit naturellement sans fécondation, YArtemia salina. Ce fait consiste en ce que le deuxième glo bule polaire se forme, se détache presque du cytoplasma, puis, au lieu d’achever de s’en séparer, rentre dans l’œuf, et son demi-noyau se refusionne avec le pronucléus femelle, dont il s’était séparé un instant, reconstituant ainsi la condition de l’œuf à un seul globule 1 (*).

Mais des observations plus étendues ont montré que ces faits n’avaient pas toute la généralité nécessaire. D’après Platner (88), Blochmann (89), Henking (89, 91, 93), Emery 93 et d’autres, dans certains œufs parthénogénétiques, le deuxième globule se forme, se sépare complètement et les œufs ne s’en développent pas moins sans fécondation 2. Inversement, Klpfeer et Bohm (87) ont constaté que, chez la lamproie, le deuxième globule polaire ne se forme qu’après la fécondation, et cependant ces œufs, s’ils ncsont pas fécondés, ne se développent pas(**). La non-émission du deuxième globule polaire n'est une condition ni nécessaire ni suffisante. D’ailleurs 0. Hertwig (82) fait remarquer avec raison que la condition déterminante de la faculté de se développer sans fécondation

1 RüCKERT(94)croit que, chez les, [rtemia, il se forme un groupe quaterne de forme Aif et que \ est éliminé, en sorte qu’il n’y a pas de réduction qualitative comme cela aurait lieu si un second globule éliminait a ou b dans le -§- restant.

2 Brauer (93) contredit les observations de Blochmann (89) et celles de Platner 92), reprochant au premier des descriptions et des figures trop incomplètes pour (pie l’on sache si le globule dont il parle est bien le deuxième, et au second de

n’avoir pas démontré que les œufs ayant émis le deuxième globule se soient développés.

11 semble s’établir, d’après les observations de Giard (89) et de Boveri (90), que les œufs à parthénogenèse prédestinée en quelque sorte n’ont qu'un globule polaire, tandis que ceux à parthénogénèse facultative ont les deux. Cette observation a quelque intérêt, mais elle laisse à la question toute son obscurité.

(*) 1 ! tic k eh r (95 : I, 135) a constaté chez Cyctops que cette fusion du 2° globule dans le noyau est bien indispensable, car, si ce globule rentre dans l’œuf et reste dans le cytoplasme, l’œuf reste fécondable. — Zcm Strassex (95: I, 129) a vu deux œufs cY Ascaris se développer après s’être fusionnés l’un avec l’autre, mais l’absence de fécondation n’a pas été suffisamment établie. — Erlanger et Lauterborn (97 : III, 148) ont constaté que, chez le rotifère Asplanc/nia , les œufs parthénogénétiques femelles n’ont qu’un globule polaire, tandis que les parthénogénétiques mâles en ont deux, etlesecond ne se refusionne pas avec le noyau de l’œuf.

(**) Des cas semblables ont été maintes fois observés depuis, en particulier chez les planaires par Francotte.

LES FAITS

doit être bien antérieure au moment où les globules se forment, car, dans les animaux qui produisent à la fois des œufs parthénogénétiques et des œufs ordinaires, comme les daphnies, les ovules se caractérisent comme appartenant à l’une ou à l'autre de ces catégories presque dès leur formation, bien avant qu’il soit question de globule polaire : les premiers restent petits et pauvres en protolécithe, les seconds grossissent beaucoup et se chargent de matières nutritives abondantes. En sorte qu’il faut retourner la proposition de Weismann et dire, non que les œufs se développent sans fécondation parce qu’ils n’ont pas émis de deuxième globule polaire, mais qu’ils n’émettent pas ce globule (dans les cas où il en est ainsi) parce qu’ils sont destinés à la parthénogénèse (*).

Les questions théoriques relatives à la parthénogénèse sont donc multiples. D'où vient-elle? Gomment s’est-elle établie à côté de l’amphimixie? Dérive-t-elle'de celle-ci ou lui est-elle antérieure? Enfin et surtout, qu’y a-t-il dans certains œufs qui leur permette de se développer sans fécondation tandis que d’autres ne le peuvent pas (**)?

(*) Ce que nous avons appelé ici parthénogénèse occasionnelle (p. 165) a été dans ces dernières années l’objet d’études très étendues et très intéressantes de la part surtout de Morgan, de Loeb, de Delage, etc., sous le nom de parthénogénèse artificielle ou mieux expérimentale. Voici un bref résumé des résultats obtenus. (Pour plus de détails consulter mon travail in Arch. Zool. exp. 1901, p. 285 et suiv., et ma communication au Congrès de Berlin, in Rev. gén. sc., 1901, vol. 12, n° 19, p. 864 à 874). Loeb {Am. Journ. of Physiol., 111,99 et IV, 00 et 01, et Science, XI et XII, ’00) a obtenu d’œufs vierges d’oursins, de chætoptère, etc., en les traitant par des solutions de KC1, NaCl, MgCl 2. hypertoniques par rapport à l’eau de mer, des larves nageantes parfaitement normales; il a obtenu le même résultat au moyen de solutions hypertoniques de substances non électrolytiques (sucre de canne, rurée) et, chez le chætoptère, au moyen de solutions légèrement hypotoniques de KC1. Delage {loc. cit.) a montré que, chez Asterias, la chaleur, appliquée d’une certaine façon, fournissait le même résultat; enlin Morgan -(.4 rch. Enlw.-mech., VIL 96; VIII, 99, et X, 00) a trouvé qu’il se formait dans ces conditions, chez les oursins, deux figures astéroïdes contenant un centrosome, qui se multiplaient dans l’œuf, et divisaient le noyau, produisant une multiplication nucléaire. Celle-ci est bientôt suivie de la division cellulaire. Il résulte de là que des excitants variables, appliqués à l’œuf vierge, donnent à son centrosome une activité cinétique qui lui manque en milieu normal et qui le rend capable d’agir comme le spermocentre dans l’œuf fécondé. D’ailleurs, ce n’est pas le centrosome qui est spécialement ici en jeu, mais l’ensemble du cinoplasme, car, chez Chætoplerus , les mêmes résultats sont obtenus bien que, chez cet animal, Morgan n’ait pas trouvé de centrosome défini aux foyers des figures astéroïdes.

(**) Mrazek (97 : III, 147) a constaté de même une différence dans la constitution et le mode de formation des œufs parthénogénétiques et des œufs fécondables chez le rotifère Asplanchna.

l’ontogénèse.

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