‹ L'hérédité et les grands problèmes de la biologie généraleChapitre 92 sur 300 · DURÉE DE LA TRANSMISSIBILITÉ · texte numérisé non relu

DURÉE DE LA TRANSMISSIBILITÉ

On a très peu de renseignements sur la question de la durée de la transmissibilité des caractères. Tant qu'un caractère est transmis il est évidemment transmissible, mais quand il cesse d'être transmis, cela 11e veut pas dire qu’il ait cessé d’être transmissible. O11 sait bien qu'un caractère saute aisément une, deux ou trois générations, mais au delà on manque en général de renseignements circonstanciés sur les ancêtres et, lorsqu'on voit apparaître un caractère individuel en apparence nouveau, il est, le plus souvent, impossible de décider s'il est vraiment tel ou s'il est dû à la réapparition d’un caractère de quelque ancêtre, resté latent pendant les générations intermédiaires. Les faits d’atavisme semblent prouver que ce dernier cas est possible, et même après un nombre tiès considérable de générations; mais la nature vraie des caractères di!s ataviques est elle-même fort discutable.

k. TRANSFORMATION DFS CARACTÈRES.

Les caractères ne sont pas toujours transmis sons la forme qu’ils revêtent chez le parent. Les maladies nerveuses fournissent d'innombrables exemples de ces transformations. On voit souvent un épileptique engendrer un maniaque, une folle avoir pour fille une hystérique ou inversement, le simple nervosisme du père dégénérer en chorée chez l'en-

fant, etc., etc.

Il y a même des cas de transformation dans la transmission des caractères anatomiques. Darwin (79) a vu un Irlandais qui avait, du côté droit et parmi les cheveux noirs, une petite mèche blanche. Sa grand’mère et sa mère avaient la même mèche, mais la première à droite comme lui et la mère à gauche.

La tératologie offre aussi des exemples de ces transformations. Nous avons déjà vu que souvent c’était plutôt une tendance à la malformation et non une difformité particulière qui se transmettait dans certaines fa-

LES FAITS

milles. Lucas (47) cite celui d’une femme polymaste ayant engendré une tille polymaste, mais la mamelle supplémentaire était pectorale chez la mère, et inguinale chez la fille, et si développée chez celle-ci, qu’elle servait à l’allaitement habituel.

Ces divers cas sont loin d’avoir la même signification. Dans les maladies nerveuses, on conçoit très bien que des malformations primitivement semblables du système nerveux peuvent, modifiées pendant l'ontogénèse et après la naissance par les conditions ambiantes, se manifester par des symptômes portant des noms cliniques différents. La chose n'est pas plus étonnante que de voir, dans l’hérédo-syphilis, le fils avoir des malformations du crâne, des affections des dents, des ganglions mésentériques engorgés, tandis que le père a eu, au lieu de cela, un chancre, une roséole, des plaques muqueuses et des gommes. Les transformations des caractères anatomiques, au contraire, sont beaucoup plus significatives et d'une interprétation plus délicate, embarrassantes, à mon sens, au plus haut degré, pour les théories qui attribuent l'hérédité à des facteurs spécifiques distincts pour chaque caractère. Ces théories auront à compter avec ce fait que : les caractères sont parf ois transmis sons une forme modifiée.

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