DESCENDANTS
DEGRE DE TARENTÉ.
César.
Octave.
Petjt-neveu. Sa mèrp était nièce' de César.
Sénèque.
Lucain.
Neveu.
Pline l’Ancien.
Pline le Jeune.
Neveu (Gis d’une sœur).
Alexandre le Grand.
Pyrrhus.
Petit-neveu.
Doriu (André).
Doria (Philippe).
Nevqu (fils de frère).
Montmorency.
Coligny.
Neveu.
Nassau (Maurice de)
Turenne.
Neveu.
Mazarin.
Prince Eugène.
Petit-neveu.
Gustave-Adolplie.
Charles Xll.
Petit-neveu.
.Marlborough.
Berwick.
Petit-neveu.
Corneille.
Fontenelle.
Neveu (61s d'une sœur).
1 Juan.
.Murillo 1 Augustin 1 Antonio.
Murillo (Esteban).
Neveu et cousin (côté maternel).
Caracci (Augustin).
Caracci (Louis).
Cousins germains.
Caracci (Auiiibal).
Bernouilli(Jacques)
Plusieurs neveux et pelits-neveux déjà nommés dans la^ généalogie de cette famille.
Jussieu (Bernard).
Jussieu (Laurent).
Neveu (V. leur généalogie).
Bentham (Jérémie).
Bentham (Georges).
Neveq (Botaniste célèbre).
Quelques auteurs comptent comme des cas d’hérédité collatérale, ceux où il se trouve dans la même famille deux ou plusieurs frères célèbres. Ainsi Eschyle et Gynégire, les deux Boileau, les deux Corneille, les deux Van Eyck, les deux Van Ostade, les Schlegel, les deux Cuvier, les deux Humboldt, Charles Lamb et sa sœur. Napoléon
et ses frères, etc Nous n’avons coqiptc strictement
comme hérédité collatérale que celle qui va d’un ascen-
' Lucas, II, p. 3ü.
LES LOIS
dant à un descendant. Dans tous les cas ([di viennent d’être cités et autres analogues, il est très-probable à nos yeux, que ce talent commun à plusieurs frères vient d’une source commune, d’un parent dont le mérite est resté ignoré, car le mérite n’appartient pas nécessairement à l’histoire ] ou bien d’un travail secret de la nature, car de quelle manière et pat quelles métamorphoses la nature produit-elle le talent? Nous l’ignorons et nous serions sans doute bien surpris, si nous pouvions l’apprendre. Mais ne voulant donner dans ce tableau que des faits incontestables, nous lesavons scrupuleusement retranchés.
SECTION iv.
DE l’hérédité d’influence.
Nous avouerons franchement être sceptique sur celle- , ci au point de vue psychologique, surtout en ce qui concerne l’homme. Cette forme de l’hérédité consiste dans l’influence qu’un premier conjoint aurait sur les enfants qui naissent d’un mariage postérieur.
Le fait paraît complètement extraordinaire. L’atavisme, en effet, malgré ce qu’il offre d’étrange au premier abord, trouve son explication dans la communauté de sang et d’origine; si le père et la mère restent étrangers en apparence à la nature de leur enfant; s’ils sont de simples conducteurs de quelque qualité ou de quelque trait des aïeux, du moins entre les ascendants et les descendants, il y a une chaîne continue qui explique la transmission. Ici rien de semblable. L’enfant tient d’un être qui n’a rien de commun avec lui, que d’avoir été. uni à sa mère antérieurement.
BES LOIS DE l’hérédité.
Cependant il y a chez les animaux inférieurs et même supérieurs des faits qui prouvent que l’hérédité d'influence est fréquente.
Rappelons d’abord les observations célèbres de Bonnet sur les pucerons. Il saisit un petit, dès sa naissance, l’isola complètement et le vit, dans cet état de virginité incontestable, donner naissance en vingt et un jours à 95 petits.
Les pucerons ainsi enfantés peuvent en produire d’autres. Bonnet en séquestra un et il en obtint sans le secours d’aucun mâle cinq générations successives. Un puceron de la cinquième génération, placé dans les mêmes conditions, en produisit d’autres; et Bonnet vit cette fécondité se prolonger au delà de la dixième génération. Cette viviparité cesse à l’automne, époque où les pucerons mâles commencent à se montrer; alors les pucerons deviennent ovipares.
Nous avons là un exemple curieux de l’influence du mâle sur toute une suite de générations, fécondée, comme on le voit, d’un seul coup. De faits de même nature se rencontrent chez certaines chenilles et dans certaines espèces de mollusques.
Chez les animaux supérieurs, il est plus facile encore d’étudier l’hérédité d’influence. Burdach ' en donne les exemples suivants.
Lorsqu’une jument s’est accouplée avec un âne, et a mis au monde un mulet, si plus tard elle est fécondée par un étalon, le cheval qu’elle met bas cette fois a quelques traits de ressemblance avec l’âne.
Une jument anglaise qui en 1815 s’accoupla une seule • fois avec un couagga, âne moucheté d’Afrique, produisit
• Burdach. Traité de physiologie, II, 213.
LES LOIS
ainsi un mulet marqué de taches; elle ne revit plus ce mâle. Fécondée en 1817, 1818 et 1823 par trois étalons arabes, elle mit au monde trois poulains, bruns tachetés comme le couagga.
Une truie qui avait eu d’un sanglier des petits, chez lesquels dominait la couleur brune du père, s’accoupla longtemps après la mort de celui-ci avec des verrats domestiques : parmi les petits de la seconde et de la troisième portée, il s’en trouva plusieurs, ayant des taches de la même couleur que celles du sanglier.
Quand une chienne a été fécondée une première fois par un chien de race étrangère, toutes les fois qu’elle met bas ensuite, chacune de ces portées oflre un petit appartenant à cette race étrangère, quoique elle n’ait été couverte depuis que par des mâles de la sienne.
a De même dans l’espèce humaine, dit ce physiologiste, nous voyons quelquefois les enfants d’un second lit ressembler au premier époux, mort depuis longtemps, et avoir plus de rapport avec lui, même au moral, qu’avec leur véritable père. »
Il se contente d’ailleurs de cette affirmation, sans en citer aucun exemple. P. Lucas fait de même. Il se borne à remarquer judicieusement que le fait d’enfants adultérins ressemblant à leur père putatif n’est guère probant, vu que le père putatif peut très-bien aussi être le père véritable ; et que ce serait dans le seul cas de mort, ou d’absence prolongé du mari, que le fait serait concluant. Je trouve dans Michelet, et je donne sous toute réserve, une assertion qui, si on Paccepte, serait un cas d’hérédité d’influence au point de vue psychologique — le seul d’ailleurs que je connaisse, a Madame de Montespan, ditil, avait déjà eu un fils de M. de Montespan. Le
DKS LOIS DK l/lIKnÉniT»:.
premier enfant du roi , le duc du Maine , ne rappela que le mari. Il en eut l’esprit gascon, la bouffonnerie. On l’aurait cru de ce côté petit-fils du bouffon Zamet d Cette question de l’hérédité d’influence ayant été amenée par la discussion devant la société d’anthropologie, la solution sceptique a prévalu. Tout en reconnaissant qu’un grand nombre d’exemples prouvent que le cas est fréquent chez les animaux, on a exprimé des doutes sur ce point : qu’une veuve puisse avoir des enfants ressemblant à son premier mari •
Tenons-nous en donc à ce qui vient d’être dit, et sans nier un fait qui n’a rien d’impossible et qui ne serait peut-être pas inexplicable, nous pouvons le considérer commesirare, si difficile à constater psychologiquement, qu’il est inutile d’y insister dans une étude sur l’hérédité mentale.
Essayons maintenant d’embrasser d’un coup d’œil d’ensemble tout ce qui vient d’être dit sur l’hérédité, et de bien saisir ce qui en ressort.
Nous avons d’abord ramené les faits à quelques formules empiriques qui les comprennent tous : l’hérédité directe croisée, l’hérédité directe sans croisement, l’hérédité en retour, l’hérédité collatérale. Elles sont l.à devant nous comme autant de fragments d’une loi unique, que nous pressentons sans la connaître. Ce qu’il faudrait trouver maintenant, c’est cette loi. Remarquons bien qu’il ne s’agit pas ici de rechercher la loi théorique et idéale de l’hérédité : nous l’avons déjà donnée. Il ne s’agit que d’une
' Histoire de France, lome Mil.
^ Bulletins de la Soc, d'anthrop. I. I, p. 291.
LKS LOIS.
loi empiriqtie, d’une formule plus générale qui embrasse toutes les autres et les explique. Si nous parvenons à saisir les Hens qui unissent entre elles ces diverses formules, ce travail de simplification nous permettra de mieux comprendre la nature de l’hérédité.
Commençons par remarquer que les formules empiriques énumérées plus haut peuvent subir une première simplification et se ramener à deux cas principaux : l’hérédité immédiate et l’hérédité médiate. Quand nous voyons un enfant ressembler à son père ou à sa mère, le fait nous paraît tout simple, soit parce qu’il est fréquent, soit parce que nous trouvons très-naturel que le semblable produise le Semblable. Mais quand nous voyons l’arrière-petit-fils ressembler à son bisaïeul ou le petit-nevei^ à son grand-oncle, et entre eux aucun intermédiaire qui explique la ressemblance, ce cas d’hérédité nous paraît si bizarre, que beaucoup l’ont rejeté. Ce serait donc .un grand point, si nous parvenions à montrer que celte hérédité médiate rentre dans l’autre. Pour cela, il nous faut faire un petit détour.
Tous les naturalistes sont d’accord pour reconnaître qu’aucune étude n’a été plus féconde pour eux que celle de l’anatomie et de la physiologie comparées, que la connaissance des organismes rudimentaires leur a fait mieux comprendre les organes et les fonctions, que ces résultats ont été remarquables surtout en ce qui concerne la génération. L’étude .des formes inférieures de cette fonction a singulièrement élargi la manière de la concevoir et même complètement modifié les idées des savants sur ce sujet. Entre ces découvertes, celle des générations alternantes, plus qu’aucune autre, nous paraît propre à éclaircir la question qui nous occupe.
DES LOIS DE L’nÉRÉDm;. 245
En 1S18, les études de Chamisso sur certains mollusques appelés biphores. ou salpas l’amenèrent à découvrir que ces animaux sont tour à tour libres et agrégés. A la première génération, on trouve les biphores chaînes produits par gemmation, à la deuxième, les biphores soZttmres produits par des spores ; à la troisième, on retrouve les biphores chaînes ; en sorte que le fils ne ressemble jamais •à son père et ressemble toujours à son grandpère.
1'* génération Salpas agrégés grand'pére
2' — Salpas libre Qls.
3* — ■ Salpas abrégés père.
Les travaux de Saars, Steenstrup,Owen, VanBeneden, montrèrent que chez certains animaux, le cycle ne se borne pas à trois générations, qu’il est souvent plus étendu ; et que la ressemblance, au lieu d’aller de l’aïeul au petit-fils, ne va que du bisaïeul à l’arrière-petit-fils. Chez les espèces qui se propagent par génération alternante, voici d’ordinaire comment la chose se passe. Un œuf produit un être simple — celui-ci se propage par bourgeon ; — les êtres ainsi produits ne ressemblent ni à leurs parents ni à leur progéniture, — puis le type primitif reparaît et avec lui les attributs des deux sexes et la propagation par œuf. Ainsi, chez la méduse, entre deux types parfaits, on en compte trois, comme le montre ce tableau.
l" géDération 2" ^
Méduse.
Larve ciliée Polype.
Sirobila.
Méduse.
bisaïeul.
aïeul
père.
ni.s.
arrière-petit-fils.
Ce n’est plus ici comme dans les métamorphoses^ un mêtne individu qui passe de l’état de larve à l’état de
nymphe, puis d’insecte parfait : ce sont plusieurs individus totalement différents les uns des autres.
La conclusion à tirer de ces faits, c’est qu’on .entend ordinairement l’hérédité d’une manière trop étroite, en ne la comprenant que sous sa forme immédiate, d’une génération à la suivante. Nous voyons qu’elle peut embrasser un cycle bien autrement large. Sans doute, ces phénomènes ne se rencontrent que dans les espèces inférieures, il n’y a aucun exemple de génération alternante chez les. vertébrés ; mais ils nous montrent combien l’hérédité est solide, tenace, et pour ainsi dire imprescriptible. En même temps, ils nous font mieux comprendre l’atavisme. Il n’y a certainement pas identité entre les deux faits, et l’on ne veut aucunement prétendre que l’atavisme soil une forme de la génération alternante ; cependant l’esprit saisit facilement entre eux une analogie. L’hérédité en retour lui paraît moins surprenante chez l’homme, quand il la rapproche de ces cycles réglés, et il comprend mieux à la vue de ces faits indiscutables combien est grande la puissance de l’hérédité.
A une époque où les générations alternantes n’étaient pas encore connues, Burdach et Girou de Buzareingues avaient été conduits par leurs recherches, à admettre que les ressemblances sont plus grandes du grand-père au petit-fils et de la grand’mère à la petite-fille que du père au fils ou de la mère à la fille ; c’est ce qu’ils ont figuré dans ce tableau. (Burdach, Physiologie, II, 269.)
LIGSE P.VTERSEU.E. EIOSE H.VTERNELLE.
1" CénÉnilioti. Grand-pèie, graml’mcre. Graml-père, tirand'mèrc.
'i° Géticralion. père.
.1’ Géticralion. lils. tiiL.
mère. |