‹ L'hérédité morbideChapitre 13 sur 40 · HÉRÉDITÉ DE CARENCE · texte numérisé non relu

HÉRÉDITÉ DE CARENCE

De tout temps on a remarqué que le béribéri frappait surtout les populations exotiques misérables dont la nourriture presque exclusive est le riz, et on attribuait la maladie, soit à une intoxica* tion chronique par des riz avariés, soit à une infection dont le microorganisme existerait dans ces riz altérés. Dans Tune ou l'autre hypothèse on comprenait facilement l'hérédité de la maladie, par transmission placentaire soit du toxique, soit du virus.

Il est en effet de règle que les enfants nés d'une mère atteinte de béribéri soient eux-mêmes béribériques. Cette règle ne souffre pas d'exception quand la mère allaite son enfant, ce qui est à peu près , constant dans les populations indigènes atteintes. Mais on remarqua avec surprise que les enfants de mère même gravement atteinte échappaient au mal quand ils étaient nourris par une femme saine, ou même quand ils étaient alimentés au lait de vache. Bien mieux, les nourrissons déjà atteints guérissaient rapidement quand ils recevaient une alimentation autre que le lait maternel.

Cette découverte était importante pour les régions gravement atteintes. A Manille le béribéri a longtemps décima, et bien plus que décimé, les jeunes enfants. Tandis que partout ailleurs la mortalité des enfants nourris au sein varie de 12 à 15 p. 100, elle était à Manille, du fait du béribéri, de 95 p. 100. On a donc ivu à Manille ce fait paradoxal : l'introduction de l'alimentation du biberon être favorisée par les médecins et être suivie d'un abaissement de la mortalité des nourrissons.

Cette singulière influence de l'allaitement s'expliquait mal avec les théories toxiques ou infee-

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tîeuees. Il (allait supposer que le poison oa le Tiru« du béribéri se transmettait par le lait plus que par le placenta, ce qui aurait constitué une exception unique. Il fallait admettre que le virus cessait d'être nocif dès que Tallaitement maternel était suspendu. Aujourd'hui la pathogénie du béribéri est élucidée et les particularités de son hérédité ont été du même coup expliquées.

Les observations et les expériences poursuivies an laboratoire du service de santé colonial de Saïgon, et particulièrement celles du pharmacien-major Bréandat, ont montré que le béribéri n'apparatt pas quand le riz distribué aux prisonniers est le riz rouge, décortiqué par des méthodes imparfaites, qui laissent en place la plus grande partie de la cuticule rouge du riz. Il ne survient que quand les hommes sont nourris presque exclusivement de riz blanc, poli mécaniquement par les méthodes indus^ trielles européennes, et ne reçoivent pas en outre d'aliments frais, mais seulement le poisson salé en usage dans ces régions. Si au riz blanc, on a soin d'ajouter des boulettes de son de riz, contenant les produits de la décortication, la maladie n'apparaît pas, et ces mêmes boulettes sont un remède efficace contre le béribéri confirmé.

Expérimentalement oii peut reproduire chez dw poules et des pigeons nourris exclusivemeat 4e ri^ décortiqué une névrite expérimentale analogue au béribéri (Eijkmann, Weil et Mouriquand) \ oq guérit les animaux malades si on ajoute à Içur nourriture, du riz Qon décortiqué, ou simplement des résidus de polissage du riz.

En recherchant, par des analyses fractionnéee

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