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CHAPITRE XIII

Hérédité des affections des glandes endocrinesi des tempéraments et des diathèses.

Les sécrétions internes : chez un sujet en cours de croissance, elles ont une action des plus efficaces sur Torientation du développement ; maladies des glandes à sécrétions internes et troubles du développement fœtal.

Les tempéraments et les diathèses sont dus à des états d^équilibres spéciaux des sécrétions internes et des réactions nutritives des tissus ; transmission de ces états à la descendance. Hérédité arthritique ; lithiases, goutte.

J'arrive à la question de l'hérédité des affections des glandes endocrines. Il s'agit là d'un sujet encore bien peu familier au grand public, et môme encore assez mal connu de quelques médecins malgré la multitude des travaux récents et peut-être même à cause de cette multitude. C'est cependant une étude des plus intéressantes ; la connaissance des glandes endocrines et de leurs fonctions ouvre des aperçus étendus sur de vastes horizons, et permet une explication rationnelle de ce que la vieille médecine appelait les tempéraments et les diathèses. Ces tempéraments, ces diathèses, répondaient à des réalités, on le sentait, mais on n'avait jamais pu définir exactement leur nature; il s'agissait plutôt d'un en-

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semble d'impressions vagues que de faits médicaux bien classés. Actuellement, nous trouTons dans la physiologie et la pathologie des glandes endocrines un substratum à la distinction des divers tempéraments ; nous savons comment le chaos pourra être débrouillé; nous comprenons comment se fait l'hérédité des divers tempéraments.

Sous le nom de glandes endocrines^ ce qui veut dire ftandes à sécrétion interne^ on réunit un cei^ tain nombre de petits organes (corps thyroïde, glandules parathyroïdes, thymus, hypophyse, capsules surrénales) ayant une structure glandulaire, mais dépourvus de canal d*ezcréiion. Pendant longtemps on ne leur attribuait aucun rôle; on les considérait comme des tissus de remplissage. On sait aujourd'hui qu'ils président à l'élaboration de substances très importantes pour le bon fonctionnement de l'organisme. Ces sécrétions, au lieu d'être, comme pour les autres glandes, conduites par des canaux excréteurs dans les cavités du corps ou à sa surface extérieure, sont déversées directement dans le milieu intérieur, dans la lymphe et dans le sang; de là le nom. de sécrétions internes.

Quelques exemples donneront une idée de Timportance de ces glandes endocrines. Si, chex un adulte, le corps tkyroide est enlevé complètement, par une opération chirurgicale par exemple (abta-* tion de goitre), ou par une blessure, ou par une lésion destructrice quelconque (abcès,gangrène,etc.), le sujet tombe dans un état très particulier connu sous le nom de myxœdème. Tout son corps s'iniittre, se gonfle, la peau et le tissu sous-cutané deviennent comme caoutchoutés; les sécrétions sudorales et

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sébacées 86 tarisseot presque totalemeal ; toutes les fonctions organiques ae ralentissent ; le pouls devient petit et lent, la respiration est faible et rare, Tappélit est très diminué, la constipation est opiniâtre, la vivacité intellectuelle disparait et fait place à une torpeur désespérante et& une somnolence invincible; les règles sont supprimées chez la femme, l'appétit génital et les érections sont abolis chez l'homme.

Si les fonctions thyroïdiennes sont abolies chez un jeune enfant, ou avant la naissance, au cours de la vie fœtale {mywœdème congénital), il s'ajoute à ce tableau un ralentissement et un inachèvement de la croissance {atéléiosig des médecins anglais) * Le sujet conserve à un âge avancé la morphologie, l'état intellectuel et les aptitudes de l'enfance; il D'en est pas moins atteint par les irréparables ou^ trages du temps ; il devient une triste chose : un vieil enfant. Beaucoup des nains qu'on montre dans les foires, beaucoup de ceux qui composaient l'exhi-^ bition monstre qu'on a promenée dans toute l'Europe sous le nom de « Lilliput » sont atteints de myxœdème congénital plus ou moins atténué.

De même )es études .cliniques, ultérieurement étayées par l'expérimentation sur les animaux, ont montré que les capsules surrénales jouent un rôle important. La destruction totale des capsules surrénales entraine rapidement la mort ; leur destruction progressive, comme cela arrive dans certaines lésions anatomiques de ces glandes (tuberculose, cancer, etc.) a pour conséquence un affaiblissement considérable de la puissance musculaire, une imposa sibilité d'exécuter un mouvement sans une fatigue extrême, un amaigrissement progressif, une chute

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très marquée de ia pression artérielle, conséquence de rafiTaiblissement des contractions cardiaques.

La destruction de l'hypophyse se traduit par de l'obésité, des troubles de la sécrétion urinaire et de la nutrition en général.

luTcrsement les processus morbides aboutissant i rhyperfonctionnement et à l'hypertrophie des glandes à sécrétion interne ont pour conséquence des troubles inverses : quand il s'agit d'exagération des fonctions thyroïdiennes, comme dans le syndrome morbide appelé maladie de Basedow^ excitation intellectuelle, hyperémotiyité, fréquence du pouls, exagération des sécrétions sudoralô et urinaire, amaigrissement; quand il s'agit d'hyperfonctionnement des capsules surrénales, obésité, exagération de la force musculaire, développement du système pileux {hirsuiùme) ; quand il s'agit de l'hypophyse, exagération de la croissance des extrémités, troubles des échanges nutritifs.

Il faut du reste tenir compte de ce fait que la^ plupart des glandes endocrines ne sont pas homogènes. Beaucoup comprennent deux, quelquefois trois groupements cellulaires, dont chacun a son rôle distinct. Ainsi les capsules surrénales comprennent : 1** un tissu intérieur (substance médullaire), dont les cellules ont une réaction 'histochimique particulière (cellules chromafQnes) ; ce tissu, issu des ganglions sympathiques (ectoderme) agit spécialement sur la pression sanguine ; c'est lui qui sécrète Tintéressante substance appelée adrénaline, qu'on a d'abord isolée par J'analyse du tissu surrénal et qu'on sait préparer aujourd'hui synthétiquement; elle a des propriétés physiologiques remar-

quables à doses très faibles ; 2* un tissu extérieur (substance corticale), dont les cellules, d'origine mésodermique et issues, comme les cellules des glandes génitales, de Téminence génitale de Tembryon, contiennent en abondance de la lécithine et des corps analogues; quand ce tissu s'hypertrophie, la force du sujet et son système pileux s'exagèrent (gigantisme précoce avec puberté précoce) ; s'il s'agit d*une fille en bas âge, sa morphologie tend à devenir masculine; cerl aines variétés spéciales ^hermaphrodisme ne reconnaissent pas une autre causée

De même, et sans que je veuille y insister davantage, Vhypophyse comprend trois parties distinctes, antérieure, intermédiaire, postérieure, dont les altérations diverses se traduisent par des formes morbides distinctes : acromégalie, infantilisme hypophysaire,-syndrome adiposogénital.

Le corps thyroïde, outre la substance thyroïdienne proprement dite, contient des enclaves de tissu parathyroïdien (glandules parathyroïdes) et de tissu thymique (glandules thymiques).

Ajoutons enfin qu'aux sécrétions internes d^s glandes endocrines proprement dites il importe de joindre des sécrétions internes provenant d^autres glandes. Le foie et le pancréas^ outre la sécrétion de la bile et celle du suc pancréatique qui sont déversées dans l'intestin et sont par conséquent des sécrétions externes, fabriquent des substances qui passent dans le sang et sont par conséquent des

1. Voir notre travail; Dystrophies en relation avec les lésions des capsules surrénales; hirsutisme et progeria. Bulletin de Ja Société de Pédiatrie de PariSf décembre 1910, p. 501.

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aécrétioDS internes ; le glycogène pour le foie, le ferment glycoly tique poar le pancréas sont les plus eonnues de ces substances. Le testicule comprend, oatre une partie glande à sécréUon externe, qui fabrique le sperme, des groupes de cellules de type spécial, appelées cellules interstitielles^ dont la sécrétion interne, qui ne devient active qu'à la puberté, préside à révolution et i la conservation des caractères sexuels mâles (barbe, instinct sexuel). Dans Tovaire, après chaque ponte ovulaire (sorte de sécrétion externe analogue à Télaboration des spermatozoïdes dans le testicule), il se développe dans Tovisac resté béant un tissu spécial, appelé corps jaune j qui évolue dansTintervalle de deux menstrues quand la femme n'est pas fécondée, et qni prend au contraire un grand développement et persiste pendant neuf mois quand une grossesse survient. Ces corps jaunes ont une sécrétion interne qui joue un rôle dans le rythme périodique de l'évolution utérine, et dans les transformations que subit l'or-^ ganisme de la femme au cours de la grossesse et après l^accouchement ; ils commandent eti particu^ lier Thypertrophie des glandes mammaires au cours de la grossesse et sont en relation avec la sécrétion lactée.

Des observations cliniques nombreuses ont montré que les diverses glandes à sécrétion interne sont en relation les unes avec les autres {équilibre endocrinien). Quand Tune d^elles vient à être troublée dans son fonctionnement, une ou plusieurs autres modifient le leur de façon à partiellement rétablir les fonctions compromises. II reste néanmoins la plupart du temps possible de fairaia disclrimination

des défectuosités en rapport avec un trouble de telle ou telle sécrétioà interne ; le diagnostic précis 'doit être pos$ et il ne faut pas se contenter d'un diagnostic de « troubles poly«> glandulaires » quelque temps & la mode, mais préciser quelles sont les glandes atteintes, ce que Ton peut, dans la plupart des cas, faire aujourd'hui.

De ce fait, les études concernant l'hérédité des troubles et des lésions des glandes vasculaires sanguines ont pu être faites avec une précision plus scientifique.

En ce qui concerne le corps thyroïde, on avait noté depuis longtemps que ses maladies sont parfois familiales. La maladie de Basedow frappe parfois de nombreux membres d'une même famille ; on possède d^un tel fait d'assez nombreuses obserrations. Le myxœdème congénital -a parfois été observé se répétant chez plusieurs frères et sœurs. Plus souvent, comme Ta noté Hertogbe, on observe la transmission du père ou de la mère à plusieurs de leurs enfants des troubles relevant de l'hythyroîdie bénigne chronique. J'ai publié Tobservation d'une femme atteinte vers l'Âge de trente*cinq ans de myxœdème léger qui a donné le jour à une fillette franchement myxœdémateuse. Elle avait eu antérieurement à sa maladie un fils normal, fort, robuste. En ce qui concerne l'hypophyse, des faits d'acromégalie fami* liale ont été publiés par Schwonner, par Frœnkel et par moi.

Plus curieux encore sont les faits dans lesquels l'iBSiifiisaace thyroïdienne maternelle retentit sur le Cttltts par des treuUes d# miritioti et de eroissance

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générale ou par des troubles de la croissance et de la calcification du squelette.

Planchu et Laurent ont publié l'observation d^une femme qui, peu après avoir subi une thyroldectomie partielle, devint enceinte et accoucha d'un fœtus à os mal ossiflés et atteint de fractures multiples. M* Palmegiani a vu une mère goitreuse mettre au monde une fillette atteinte de la curieuse malforma^ lion congénitale des os nommée achondroplasie. Mussio-Fournier a vu un achondroplase naître dans une famille où plusieurs sujets étaient atteints d'hypothyroïdie ou même de myxœdème complet.

D'autre part, une femme, observée par Cavazzoni, qui avait ingéré pendant sa grossesse une grande quantité d'extraits thyroïdiens médicamenteux, a également mis au monde un achondroplase. Claude et Rouillard ont vu des lapines thyroîdectomisées engendrer des petits atteints de dystrophie osseuse manifeste.

Fiore ayant détruit le thymus chez une jeune lapine et une jeune rate, les fit couvrir quand elles arrivèrent plus tard à Tàge adulte, et obtint de toutes deux des petits qui moururent immédiatement après la mise bas, et dans le thymus, réduit au tiers du volume normal présentait à Texamen histolo* giques de graves altérations.

L'infiuence paternelle dysendocrinienne a moins souvent pour résultat l'hérédité dissimilaire. Pourtant Pope et Clarke ont signalé le cas d'un acromégale engendrant une fille myxœdémateuse.

Les faits concernant l'hérédité des états dysen- *docriniens ont une importance qui dépasse la pathologie spéciale de ces organes : ils retentissent sur la

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eôftceptîon que nous devons avoir de Thérédilé du tempérament eu général. Ce qu'on appelle le tempérament et aussi ce qu'on appelle les diathèses (ou tempéraments morbides selon la définition ancienne) parait en efTet fonction des sécrétion» internes. Depuis que les médecins se sont familiarisés avec les troubles résultant du défaut, de l'exagération ou des déviations de ces sécrétions, aux types morbides bien caractérisés relevant de la destruction de telle ou telle glande à sécrétion interne, ou au contraire de son exubérance, ils ont joint la considération des cas frustes, des troubles minima. Ainsi en ce qui concerne le corps thyroïde, Hertoghe nous a appris à connaître, sous' le nom A*hypotkyroidie bénigne chronique, des états attribuables à une in- Wffisance du fonctionnement thyroïdien et se carac* térisant par un peu d'apathie, de la mollesse, de la lenteur intellectuelle et de la lenteur des mouve* ments, un peu d'épaissement caoutchouté des téguments, de la tendance^ à la cyanose des extrémités. On a vu qu'un tel état est souvent congénital, et alors s*est révélé qu'il n'y a pas de différence entre l'Aypoikyroîdie bénigne chronique congénitale et le (empérament lymphatique des anciens. Inversement le tempérament nerveux, se caractérisant par l'émotivité, Texcltabilité, les mouvements incessants, la fréquence du pouls, la vivacité de la physionomie, Pétat de maigreur sans affaiblissement aies caractère» d'une hyperthyroïdie légère. Le tempérament sanguin caractérisé par la coloration vive de la fece, la tendance & l'embonpoint, la force musculaire, le développement du système piteux, la tendance à

l'activité sexuelle est une ébauche de ce qui se pro*

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duit dans les exubérances du tissu cortico-surrénal» En un mot, dans l'équilibre endocrinien propre à chaque individu se trouvent réalisées telles on telles particularités caractérisant tel ou tel tempérament, selon que prédomine dans cet équilibre Tinfiuence de telle ou telle glande endocrinienne.

On comprend donc que les tempéraments soient héréditaires à la façon des particularités anato-* miques et physiologiques de toute nature. A côté des observations d'hyperthyroïdie familiale, d'hypothyroïdie familiale et d'acromégalie familiale, de curieux faits d*eunuchisme familial^ et de mascu* lisme familial témoignent de même de l'hérédité de certaines façons d'être anormales des glandes à sécrétion interne testiculaire, ovarienne et surrénale* A l'hérédité des tempéraments se lie l'hérédité des diathèses ou tempéraments pathologiques. Si les diathèses scrofuleuses et syphilitiques des anciens ont disparu du langage médical depuis que nous savons que les maux qui leur étaient attribués relèvent de maladies infectieuses, la tuberculose et la syphilis; si de même la diathèse scorbutique ne figure plus dans les diathèses, le scorbut étant dû à une viciation de l'alimentation par carence d'élé* méats frais ; une diathèse reste bien existante et qu'à chaque pas on rencontre, la diathèse arthritique. Rien n'est plus héréditaire que l'arthritisme. Dans son livre sur les Maladies par ralentissement de la nutrition^ Bouchard l'a établi par de très nombreux documents dont la valeur demeure intacte, bien que le titre du livre réponde à une con* ception périmée. Dans les familles arthritiques oh voit coexister ou se succéder chez les parents e^

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les enfants des maladies telles que Tobésité, la goutte, la lithiase biliaire, la lithiase rénale, reczéma, la migraine.

Voici quelques-uns des chiffres donnés par Bouchard :

Maladies des parents dans 100 cas de lithiase bin llaire : Rhumatisme articulaire aigu 45 cas, diabète 40, obésité 35, goutte 30, rhumatisme articulaire chronique 20, asthme 20, gravelle 15, névralgies 10, migraine 5, eczéma 5, lithiase biliaire 5. 11 est remarquable que la lithiase biliaire est Tune des maladies qui s'observent le plus rarement^ chez les parents des sujets atteints de lithiase biliaire, tandis que le rhumatisme, le diabète, Tobésité, la goutte sont très fréquents.

Maladies des parents dans 100 cas de diabète : Rhumatisme 54 cas, obésité 36, diabète 25, gravelle 21^ goutte 18, asthme 11, eczéma 11, migraine 7, lithiase biliaire. Le diabète est moins fré^ quent chez les parents de diabétiques que chez les parents des sujets atteints de lithiase biliaire.

Maladies des parepts dans 100 cas de goutte : Goutte 44 cas, obésité 44, rhumatisme 25, asthme 19, diabète 12, gravelle 12, eczéma 12, lithiase biliaire 6.

Maladies des parents dans 94 cas A' obésité : obésité 43, rhumatisme 33, goutte 28, asthme 24, gravelle 14, diabète 14, maladies de cœur 12, migraine 12, phtisie 5, pierre vésicale 5, lithiase biliaire 4, eczéma 3, hystérie 1, scrofule 1, pas d'hérédité morbide 9.

Pour la goutte et l'obésité, l'hérédité similaire est donc fréquente, mais l'influence héréditaire des

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attires affections faisant partie de la diathèse arthritique n'est pas moins ëTÎdente. Bonehard novo a permis de traduire en chiffres renseignement des Anciens sur rhérédité des tempéraments.

Depuis les travaux statistiques de Bouchard nos connaissances sur la pathogénio de plttsieups des afléetions classées dans la diathèse arthritique ont grandement progressé. Nous savons l'origine de l'acide urique dont raecomnlation dany tes tissns fibreux provoque la goutte, et dont la pféeipîtation dans les bassinets rénaux provoque la gtaTolie, les coliques néphrétiques et la pierre. H est le résnllat de la combustion incomplète des purineêy substances résultant du dédoublement dans l'organisme des nucléoalbumines, soit qu'elles viennent de Talimentation, soit qu'elles résultent de la vie même de nos tissus ; nous savons que les glandes à sécrétion interne et le foie prennent une part importunte à ses manifestations. De même pour la lithiase biHwo, due à la précipitation dans la vésicule biliaire de 1% cholestérjne en excès. Depuis que nous savons, gràœ à Chauffard et Grigaud, doser cette sabstance dans le sang, nous avons pu vérifier l'influence des capsules surrénales et du corps jaune de l'ovaire sur son élaboration. Enfin les relations des troubles des glandes à sécrétion interne (thyroïde, glande» génitales, eapsules surrénales, hypophyse) avec l'obésité a été établie par de nombreuses observtations et expériences. En somme l'Iiérédité de rcupthritisme se ramène à une hérédité de tissu, yarihrittsme est sous la dépendance d'un état anatomique et physiologique des tissus et particulièrement des tissus endocriniens qui s'hértte de la même façon

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^iie les particularités aaatomiqaes et physiologiques* Mais cet état n'est qu^in des éléments qui permet la manifestation de la diathèse. Les influences actuellesi les influences de milieu entravent ou facilitent cette manifestation. Le genre de vie active ou atténue la disposition à la goutte ; la tendance héréditaire se manifeste parfois malgré les conditions les plus susceptibles de Teptraver. J'ai eu à soigner une carmélite ohez qui une première attaque de goutté ne s'^st manifestée qu'à l'âge de cinquante-cinq ans à ^occasion d'une congestion pulmonaire *, depuis vingt-cinq ans qu'elle avait prononcé ses vœux, eelte femme suivait les règles sévères de son ordre et n'avait pas mangé de viande ; mais elle appartenait à une famille où la goutte était habituelle et précoce ; on peut croire que son genre de vie sévère a retardé pendant dé longues années la manifesta iion de sa disposition morbide; peut-être même Taurait-elle évitée complètement si son équilibre Butrilif n'avait pas été troublé par une infection aiguë, la congestion pulmonaire.

Mais le sujet qui a échappé par un genre de vie approprié aux manifestations de la diathèse goût* tèuse re8te4-il susceptible de transmettre la goutte à ses descendants? Oui, semble-t-iL, si ceux-ci reviennent à des genres de vie favorisant le mal, caf ce qui s*hérite n'est pas la goutte elle-même, mais la disposition à devenir goutteux.La plupart des enfants de goutteux héritent de la maladie bien qu'engendrés avant la première atteinte du mal.* De même pour les coliques néphrétiques et la pierre, autres manifestations de la diathèse urique. Montaigne, qui ^tait atteint de coliques néphrétiques^

connaissait déjà bien Thérédité de la lithiase car il attribue à son père « cette qualité pierreuse »*•

D'après Tobservation courante, et l'unanimité des auteurs qui ont écrit sur la goutte, l'hérédité goutteuse va se renforçant à mesure que le générateur est plus profondément atteint. L'aîné des enfants est pour cette raison ordinairement moins atteint et moins précocement que les cadets surtout si l'un a été engendré avant l'apparition des crises et les autres après de nombreuses atteintes.. Garrod a insisté sur ce fait.

II semble donc que, dans le cas de l'hérédité goutteuse, à la disposition ancestrale s'ajoute celle

1. Ce passage de Montaigne est curieux au point de rue des réflexions qu'il émet sur l'hérédité. Le voici en entier :

« Il est à croire que je doibs à mon père ceste qualité pierreuse, car il mourut merveilleusement affligé d*ane grosse pierre qu'il avait dans la vessie. Il ne s'aperceut de son mal que le soixante septiesme an de son aage, et avant cela il n'en avait eu aulcune menace ou ressentiment aux reins, aux costes ou ailleurs ; et avait vescu jusques lors en une heureuse santé. J'estais nay vingt cinq ans et plus avant sa maladie et durant le cours de son meilleur estât. Où se couvait tant de temps la propension à cedefault? et lorsqu'il estait si loing du mal, cette légière pièce de sa substance, de quoy il me bastit, comment en portait elle pour sa part une si grande impression? Qui m'éclaircira de ce progrès, je le croiray d'autant d'autres miracles qu'il voudra, pourveu que, comme ils font, il ne me donne pas en payement une doctrine beaucoup plus difficile et fantastique que n'est la chose mesme. »

« Quel monstre est-ce, que ceste goutte de semence, de quoi nous sommes produits, porte en soy les impressions, non de la forme corporelle seulement, mais des pensements et inclinations de nos pères ? Geste goutte d'eau, ou loge elle ce nombre inflny de formes ? et comme porte elle ces ressemblances d'un progrès si téméraire et si desréglé que l'arrière flls répondra à son bisayeul, le neuveu à l'oncle. » (Essais^ livre II, chapitre xxxvii).

des influences actuelles agissant sur lés générateurs. Une hygiène convenable de ceux-ci (régime exempt de purines, exercice, aération) est donc, non seulelement utile à eux-mêmes, mais aussi favorable à leurs enfants en diminuant chez ceux-ci la prédisposition congénitale à la maladie.

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