PRÉFACE
Inversement à ce qu'on a cru longtemps, les tares de dégénérescence sont loin d'être fatalement et indéfiniment transmissibles. La « régénérescence de la race » commence dès que cesse Taction des influences nuisibles; cette régénérescence n'a pas pour condition obligatoire Télimination des lignées dégénérées; l'hérédité ancestrale survit sous les modifications dégénératives dues à l'influence de l'hérédité morbide, et reprend le dessus dans les générations ultérieures dès que les agents pernicieux n'agissent plus pour les modifier. C'est à cette constatation heureuse qu'ont abouti mes études; elle n'est pas encore généralement admise ; mais les faits parlent clairement en sa faveur. Elle a pour corollaire la promeâse que les efforts pour la régénération de la race peuvent et doivent être efficaces. C'est un puissant encouragement et je serai heureux si par ce petit livre je puis pour une minime part contribuer à orienter heureusement ces efforts.
Outre ce point de vue général, social, j'ai cherché à donner dans ce livre les conseils efficaces que comportent les divers cas particuliers en ce qui concerne la prophylaxie individuelle des conséquences pernicieuses que peut avoir l'hérédité morbide. Il n'est pas de couple qui puisse prétendre être assez sain et de race assez pure pour promettre à coup sûr une descendance louable en tous points. Dans bien des cas quelques indications opportunes peuvent être fécondes en heureux effets. Je n'ai pas manqué de libeller clairement ces indications afin que chacun puisse trouver celle qui est appropriée à la circonstance.
En un mot j'ai cherché à être efficacement utile
PB^FACB
taDt au point de vue sogî&I qu'au poiut de Tue privé, tant en ce qui coQcerae la santé publique et la race, qn'ea ce qui ooDcerne l'individu.
J'ai cherché d'autre part à. exposer la question de
telle façon qu'elle puisse 4tre facilement intelligible
aux personnes ayant un6 bonne culture générale en
dehors de toutes études médicales. Certes, s'il
s'agissait d'écrire un traité complet d'hérédité mor^
bide, comme les inodalitée de l'hérédité morbide
varient cousidérablement selon les maladies dont il
s'agit, il serait nécessaire de passer en revue toutes
les maladies. Hais il s'agit pour nous beaucoup
plutôt d'exposer les notiona générales permettant de
se rendre compte de -ce qu'est l'hérédité tnorbîde,
en nous limitant pour les applications aux maladies
les plus fréquentes, coiiaues de tout le monde. Parmi
les maladies moins connues, nous serons seulement
obligé d'étudier celles qui sont particulièrement
curieuses dans leur mode héréditaire et qu'on a
Appelées les maladies familiales. Pour les autres
nous nous bornerons à l'étude des grandes maladies
sociales, la tuberculose, les maladies vénérienneSj
le cancer, les maladies mentales, l'alcoolisme. Nous
éviteront de nous servir de termes médicaux trop
éciaux, ou, si nous y sommes obligé, nous aurons
in de les définir explicitement. Nous pensons
luvoir expliquer ce qu'il faut savoir de l'hérédité
orbide assez simplement, assez clairement pour
re facilement compris même par des lecteurs
fty'ant aucunes connaissances médicales.
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