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CHAPITRE XVIII

Milieu biologique et tares héréditaires.

Les tares héréditaires sont comparables aux modifications morphologiques ou physiologiques obtenues dans les lignées animales ou végétales par des modifications du milieu. La persistance de ces modifications dans les générations successives est très variable. Parfois elles disparaissent dès le retour dans le milieu primitif; parfois elles persistent quelques générations; leur persistance prolongée est rare ; on doit pourtant admettre que la persistance est quelquefois définitive; c'est le seul moyen d'expliquer la formation des nouvelles races.

La dégénérescence ne parait pas devoir être plus fixe que les autres modifications dues au milieu biologique. Elle ne saurait donc avoir pour la descendance des conséquences irrémédiables.

L'influence du milieu sur un être vivant est évidente, en tant qu'elle amène des modifications immédiates et fugaces : le changement de couleur du caméléon par exemple. A un degré plus avancé, la modification est persistante et peut devenir héréditaire. Certains animaux polaires ont un pelage d'hiver différant comme nature du poil et comme coloration du pelage d'été. Transportés dans des pays tempérés, ces animaux perdent plus ou moins rapi-

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dément et plus ou moins complètement la faculté d'avoir un pelage d'hiver, et leurs descendants n'en présentent plus trace.

Certaines espèces animales ou végétales sont particulièrement accessibles aux influences de milieu, et leurs sujets peuvent, selon les circonstances dans lesquelles ils se développent, présenter des différences telles qu'ils semblent appartenir à des espèces distinctes.

Ainsi la renouée amphibie {Polygonum amphibium) présente deux formes à feuilles et à port tout à fait différents selon que la plante pousse dans Teau ou sur la terre ferme. Dans le premier cas la plante a des feuilles ovales, glabres et largement pétiolées. La forme terrestre est au contraire dressée, poilue, à feuilles lancéolées et sessiles. Que la graine ensemencée provienne de Tune ou de l'autre de ces deux formes, le résultat sera le même ; cette graine donnera une plante glabre, à feuilles ovales et largement pétiolées si cette graine germe dans un terrain recouvert d'eau; elle donnera une plante dressée, poilue, à feuilles lancéolées et sessiles si elle germe sur sol sec.

Un certain nombre de cas identiques ont été décrits. Les espèces qui les présentent ont reçu le nom d*espèces à adaptation double^ Dana ces eas l'action du milieu, très efficace sur ^individu luimême, ne se poursuit en aucune façon sur sa descendance.

H n'en est pas toujours ainsi» Certaines plajntes poussant sur les montagnes prennent une foroie alpine assez caractérisée pour avoir été longtemps décrite comme une espèce distincte. Les graines de

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