MILIEU BIOLOGIQUE ET TABES HÉRÉDITAIRES
ces plantes alpines, dans certaines espèces, donnent dès la première génération, quand elles sont se* mées dans la plaine, des' plantes du type commun. Le cas est alors identique à celui du Poiygonum amphibium. Mais dans certaines espèces le retour n'est pas immédiat, ce n'est qu'après plusieurs générations que la morphologie alpine a complètement disparu. Inversement les graines de la Tariété ordinaire, semées à haute altitude, ne donnent qu'après une ou deux générations des plantes à morphologie alpine. Dans ces c^s il y a donc bien transmission d'un caractère acquis à la descendance, mais la modification due au milieu ne persiste pas plus d'une ou deux générations. Les animaux polaires qui ont un pelage d'hiver différant comme poil et comme coloration du pelage d'été cessent plus ou moins rapidement d'avoir ce pelage d'hiver lorsqu'ils sont transportés dans des régions tempérées, et leurs descendants n'en présentent plus trace. Mais on cite des cas inverses. Les Tubifex, petits vers d'eau douce, transportés dans l'eau saumàtre s'y acclimatent, et y prennent une forme spéciale, caractérisée en particulier par Tab*sence de soies. Si on en élève dans l'eau saumàtre plusieurs générations, ils ne peuvent plus reprendre la forme antérieure, car transportés dans l'eau douce ils ne tardent pas à périr.
On sait que les belles petites salamandres tachetées de feu sur fond noir, qui habitent nos campa* gnes, présentent une extension variable de leurs taches couleur de feu. Si on les élève sur un sol de teinte jaune, les taches jaunes augmentent peu à peu d'étendue. Elles diminuent au contraire lente-
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ment si l'animal vil sur nn sol de teinte foncée. Cette transformation met des années i se faire et n'est jamais absolument complète. Il subsiste toujours soit quelques petites taches feu, soit quelques traînées. noires* Les descendants des salamandres ainsi transformées naissent avec la même livrée que les parents, mais cette livrée reste susceptible de se modifier de nouveau selon la coloration da sol. Il y a donc dans ce cas transmission héréditaire d'un caractère acquis, mais- la modification n'est persistante que si l'action du milieu continue d'agir dans le même sens.
La même salamandre est susceptible d'une modification qui porte non plus sur la morphologie, mais sur la physiologie, mais qui est considérable puisqu'elle transforme un animaJ ovipare en animal vivipare, et un animal à stade larvaire en animal naissant à l'état parfait. La salamandre se reproduit habituellement en allant à l'eau pondre une cinquantaine d'œufs qui éclosent presque aussitôt en donnant issue à des larves porteuses de branchies qui ne se transforment que neuf mois après en salamandres parfaites. Il existe dans les Alpes une variété de la môme espèce qui vit sur des pentes où l'eau ne peut stagner ; elle ne peut donc pondre dans l'eau; elle se reproduit en donnant naissance à deux petits seulement, qui naissent ayant déjà accompli dans le ventre de leur mère leur transformation en salamandre parfaite. Si on fait vivre la Salamandre des plaines dans une enceinte dépourvue d'eau stagnante, la plupart des œufs meurent, et ranimai pond seulement quelques salamandres ayant évolué jusqu'à l'état parfait. Inversement, si