DÉFINITION ET DIVISION
quand le père s'est imprégné d'alcool, il engendrera un fils qui sera différent du type habituel de la lignée; ce fils tendra à s'écarter du type habituel du genre humain ; il tendra à dégénérer y et cela parce que le spermatozoïde dont il est né, ou plutôt la cellule testiculaire dont il dériTe, a subi, pendant son séjour dans l'organisme paternel, des actions nocives dues au mauvais état de cet organisme. On le voit, malgré le terme consacré d'hérédité morbide, il ne s'agit pas dans ce cas d'hérédité réelle, mais d'influence surajoutée.
Afin de bien expliquer comment l'enfant peut, au cours de son développement, subir l'influence des états morbides dont peuvent ôtre atteints l'un ou l'autre de ses parents, il est nécessaire que nous rappelions les conditions de ce développement.
Gomme tout être vivant, l'être humain naît d'un œuf, ^et comme tout œuf, Toeuf humain résulte de la coalescence de deux éléments cellulaires, dits éléments sexuels, l'élément mêle ou spermatozoïde, tenu de l'organisme paternel, l'élément femelle ou ovule venu de Torganisme maternel. Ce dernier B6 forme dans l'ovaire maternel; tous les mois environ un ovule, arrivé à l'état de maturité, se détache de l'ovaire, est saisi par le pavillon de la trompe utérine, et descend par cette trompe jusque dans la cavité de l'utérus maternel. Dans ce trajet, il rencontre les spermatozoïdes qui, formés dans le testicule paternel, ont été projetés dans les voies génitales maternelles, et ont remonté jusque dans la cavité utérine et la trompe. L'un d'eux pénètre l'ovule.
Notons qu'ovule et spermatozoïde ne sont ni l'un ni l'autre des éléments cellulaires complets. La
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formation nucléaire que chacun d'eux contient n'a la valeur que d'un demi-noyau, et ne contient que la moitié du nombre des anses nucléaires ou ckiro' mosotnei que contiennent des cellules complètes de là môme espèce (12 chromosomes dans Tovule féminin au lieu de 24 dans les cellules complètes de la femme). Quand le spermatozoïde a pénétré l'oVttle^ le demi-tioyau d'origine paternel se fusionne avee lé deini-noyau d'origine maternelle ; cette coalescencé transforme l'ovule en c&uf ; de cellulô incomplète il' est devenu cellule complète susceptible désormais, dès que les tirconstances extérieures de tetapératui'e, d'humidité, de nutrition serobt favorables, de s'accroître, et de se segmenter en éléments cellulaires de plus en plus nombreux restadt groupés ensemble pour former Tembryon, preiniér rudiment du nouvel être.
L'hérédité normale, on lé sait, consiste en ce fait que l'œuf, puis l'embryon ainsi formés, ayant àe par leur origine une constitution protoplasmique aussi rapprochée que possible de celle qu'avaient originaireriient Toeuf et l'embryon dont sont issus les pareiitSj doivent se développer sur le même type que ces |)arents, si lès conditions ambiantes sont asse^i semblables pour permettre ce développement. Si ces conditions sont troublées, le développement est vicié; il aboutit à des troubles de développement qui, quand ils sont accentués, deviennent Incompatibles avec là survie, et alors l'embryon meurt; quand les conditions sont seulement peu favorableii) sans être mortelles, elles n'amènent que des troubles du développement assez légers pour être compatibles avec une survie prolongée ; l'individu se déve-
DÂrilVlTlON BT BIVISION il
loppe, mais est susceptible de présenter un oer^in nombre d'anomalies dans sa forme extérieure (ano-> malies morphologiques) ou dans le fonctionuëmenl de ses organes (anomalies fonctionnelles). Il naîtra aûormalj malade*
Dans les êtres inférieurs, dont rembryoû se d^ve-* loppe libre de toute attache avec l'organisme maternel, on a pu étudier Tinfluence dés causes eitérienres susceptibles de troubler le déreloppe' ment. Dans Tespèce humaine, le nouvel être, embryon, puis fœtus ^, pendant les neuf premiers mois de son existence, trouve des conditions de développement beaucoup plus stables. A Tabri des variations de température dans Tutérus maternel^ pi^otégé contre les traumatismes par le liquide amniotique dans lequel il flotte, tirant sod alimen-» tation du plasma sanguin maternel maintenu luimême À une composition chimique a peu près constante par des mécanismes autorégulateurs multiples, Tembryon humain a, pendant ces neuf mois, toutes chances de trouver les conditions les plus favorable^ à son développement, sauf toutefois dans les cas où une maladie de la mère vient altérer, soit la telhpérature du milieu (maladies fébriles), soit les condi-^ tions mécaniques du développement (maladies des parois utérines), soit surtout la cdhiposition chi<^ mique du plasma maternel (maladies par intoxica^ lions exogènes ou endogènes, par insuffisance des exutoires, par viciations des mécanismes autoréguiateurs). Pendant les neuf premiers mois de sa vie, Venfant continue donc à ifessentir les influences
1. Il porte le nom d'embryon dans les trois premiers mois, de fœtts dAns les six derniers.
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materaelles et son état de santé ultérieur peut s'en ressentir. L'hérédité morbide maternelle joue donc beaucoup plus longtemps et est par suite plus efficace que l'hérédité morbide paternelle. Cette dernière ne peut agir que par l'intermédiaire du spermatozoïde et par les influences que peavent subir, dans le testicule paternel, l'élément cellulaire dont ce spermatozoïde est issu (hérédité spermatique). L'hérédité morbide maternelle agit au contraire tant sur l'ovule avant la fécondation (hérédité ovulaire) que sur Tœuf, l'embryon et le fœtus jusqu'au moment de la naissance. Il n'est pas souvent facile, dans l'hérédité maternelle, de faire la part de ce qui revient à l'hérédité ovulaire. Mais, par l'étude de l'hérédité paternelle, où l'hérédité morbide par l'élément sexuel est seule possible, on peut se rendre compte que là part qui lui revient est considérable. Les intoxications chroniques du père (on le voit journellement pour l'alcoolisme), ne sont pas beaucoup moins nuisibles au produit de la conception que les intoxications de la mère.
Il n'en est plus de même dans l'hérédité des infections; là, le sujet est complexe, parce qu'il n'y a pas d'infection (du moins chez les animaux supérieurs), qui ne soit accompagoée d'intoxication par les produits solublesdu microbe. Mais, si on analyse le mode d'hérédité des maladies infectieuses, on voit que (du moins d'une façon générale) le père ne transmet pas à l'enfant directement le microbe en nature. Au contraire la mère contagionne très facilement, malgré la barrière qu'apporte le placenta, l'enfant qu'elle porte dans son sein. L'hérédité microbienne est une hérédité maternelle ; quand