‹ L'hérédité psychologique [electronic resource]Chapitre 103 sur 113 · Herbert Spencer, Premiers principes, trad. Gazelles · texte numérisé non relu

Herbert Spencer, Premiers principes, trad. Gazelles

2. Herbert Spencer, Principes de sociologie, t. III : Les chefs politiques.

rôle de la transmission héréditaire dans l'histoire des royautés, et dont on trouve encore des traces dans la théorie du droit divin.

Les idées modernes sur le principe de la souveraineté sont en tout l'opposé de cette doctrine. Gomme le dogme de la volonté nationale s'est substitué au dogme de la volonté du roi, l'idée d'une transmission nécessaire de la souveraineté, par ordre de primogéniture, n'apparaît plus que comme un non-sens. De là vient que tous les peuples civilisés, ou bien ont aboli tout pouvoir héréditaire, c'est le cas des répubhques, ou bien ne l'ont admis qu'à titre de rouage dans le mécanisme du gouvernement, c'est le cas des monarchies parlementaires. Et, dans ce cas, ce qv< on admet, ce n'est pas la permanence de l'hérédité, mais l'utilité du rouage.

Tout a été dit pour et contre l'hérédité, comme institution politique. Ses défenseurs et ses adversaires n'ont jamais pu s'entendre, pour la raison très simple qu'ils ne se sont pas placés sur le même terrain. Il est très facile d'attaquer l'hérédité comme fait naturel, il est très facile de défendre l'hérédité comme institution.

Ses adversaires disent : Les faits prouvent que ni le geme, m le talent, ni même la probité et la rectitude d esprit ne sont héréditaires ; pourquoi exposer le pouvoir a tomber aux indignes? D'ailleurs cette souveraineté par droit de naissance tend à rendre orgueilleux, paresseux, Ignorant, incapable. Os pourraient ajouter, comme nous 1 avons vu, que les faits montrent que, même chez les races les mieux douées, l'hérédité s'affaiblit, que dans le combat de la vie, luttant contre les obstacles, elle s'emiette en chemin.

Rappelons aussi ce qui a été dit sur l'extinction des familles nobles ou royales, sur leur mouvement ascendant.

qui atteint une apogée, pour aboutir infailliblement à une décadence.

Ses défenseurs répondent : Si l'esprit ne se transmet pas, les traditions se transmettent, et cela suffit comme résultat social. L'bérédité a pour but d'introduire dans l'État un élément de conservation et de stabilité. Sans elle, le talent use son temps et ses forces, simplement pour se faire une place ; avec elle, il se place d'emblée au rang qu'il mérite.

Sans discuter ces opinions, on peut dire qu'en fait l'hérédité, comme institution politique, tend à disparaître. L'idée d'un droit de souveraineté, transmis par la naissance, ne rencontre plus que de rares croyants, et la plupart ne le défendent que par des raisons d'utilité. Il en est de même pour ce corps conservateur, que presque tous les l'itats possèdent sous divers noms, chambre des lords, des seigneurs, des pairs, sénat... L'hérédité qui en a été le principe exclusif à l'origine est abolie maintenant chez beaucoup de peuples, associée à l'élection chez d'autres.

Sans insister, nous trouvons encore ici que l'hérédité, d'abord nulle, atteint rapidement son apogée, s'y maintient longtemps, pour entrer enfin dans une période de décroissance.

Mais si l'hérédité, comme institution, dans la famille et surtout dans la noblesse et dans l'État, tend à s'affaiblir, elle ne perd aucun de ses droits sur l'individu. Aussi une dernière question se pose qui, dans la pratique, résume toute rétude dans les conséquences sociales.

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