RÉSUMÉ
Résumons en quelques mots ce qui a été dit dans le cours de ce travail.
Considérée du point de vue philosophique, l'hérédité nous apparaît comme un fragment d'une loi beaucoup plus générale, d'une loi de V univers^ et sa cause doit être cherchée dans le mécanisme universel. Rien de ce qui a été ne peut cesser d'être : de là, dans l'individu, l'habitude et la mémoire; dans l'espèce, l'hérédité. Elle n'est qu'un cas de cette loi dernière que les physiciens appelent la conservation de l'énergie et les métaphysiciens la causalité universelle.
Du point de vue des faits et de la psychologie, l'hérédité apparaît comme une loi de la vie dont la cause est l'identité partielle des éléments de l'organisme chez les parents et chez l'enfant.
Nous ne l'avons étudiée que sous cette forme, en considérant successivement les faits, leurs lois et leurs conséquences.
En ce qui concerne les caractères spécifiques, l'hérédité s'impose avec l'évidence d'un axiome, puisqu'elle est sans exception. Dans l'ordre physique, comme dans l'ordre
'i^- CONCLUSION
moral , tout animal hérite des caractères de son espèce, fatalement, nécessairement. Un animal qui, par impossible, aurait, avec l'organisme de son espèce, les instincts d'une autre espèce, serait un monstre dans l'ordre psychoiogique : l'araignée ne peut ni sentir ni agir comme une abeille; le castor ne peut ni sentir ni agir comme un loup. Bien mieux: dans une même espèce animale ou humaine, les races elles-mêmes conservent leurs caractères psychiques, comme leurs caractères physiologiques. Enfin, chez l'homme, il n'est pas jusqu'à ces variétés d'une même race qu'on nomme des peuples, qui ne présentent des caractères moraux permanents, si on les considère dans la totalité des individus.
Sous la forme spécifique , l'hérédité mentale est donc indiscutable, et le doute ne pouvait porter tout au plus que sur les caractères individuels. Nous avons montré par une masse énorme de faits, qu'il eût été facile d'augmenter, que les cas d'hérédité individuelle sont trop nombreux pour n'y voir qu'un hasard, comme on l'a prétendu quelquefois. Nous avons fait voir que toutes les formes de l'activité mentale sont transmissibles : instincts, facultés perceptives, mémoire, habitudes, imagination, aptitude aux beaux-arts, aux sciences et aux études abstraites, sentiments, passions, énergie du caractère ; et les formes morbides tout aussi bien que les autres : fohe, hallucination, idiotie, suicide.
Les faits constatés, restait à les interpréter, en déterminant leurs lois. Ici, dans l'enchevêtrement inextricable des causes intercurrentes, on n'arrive qu'à une détermination toute théorique de la loi. En pratique, on peut cependant constater quelques formules empiriques qui permettent de classer les faits d'une manière suffisante.
1° Les parents ont une tendance à léguer tous leurs