‹ L'hérédité psychologique [electronic resource]Chapitre 4 sur 113 · VI PRÉFACE DE LA CINQUIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE DE LA CINQUIÈME ÉDITION

puissance de développement, puisqu'il a produit toutes les variations de structure physique, les différences dans la prédisposition aux maladies, les tempéraments et caractères de toute sorte qu'ont jamais pu présenter toutes les races qui ont peuplé la terre et que toutes ces infinies variétés devraient être contenues en lui » (Turner).

En laissant de côté la théorie de Weismann qui n'est, en définitive, qu'une hypothèse dont l'avenir fixera la valeur et la durée, on voit qu'à la question posée, il n'y a pas de réponse absolue, si l'on s'en tient aux faits. En général, les difformités et les mutilations accidentelles ne se transmettent pas : on ne s'étonne pas que l'enfant d'un père borgne ou manchot ait deux yeux et deux bras. La transmission même des cicatrices n'est pas toujours établie sur des preuves bien solides. Mais, en dehors de ces modifications dues à des causes locales, partielles, brutales, il y a celles qui résultent d'actions lentes, qui affectent l'organisme vivant dans son intimité, par la nutrition et même par l'éducation. Les expériences des éleveurs ne sont pas faites pour infirmer la croyance en une transmission de certains caractères acquis.

Il est inutile d'énumérer ici des faits que l'on trouvera dans cet ouvrage et qui, à notre avis, ne permettent pas d'admettre que les parents sont de simples dépositaires de la race et « que la confiance actuelle dans l'hérédité d'exercice est mal placée » — quoique l'on en ait souvent fait abus.

Juin 1893.

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